XIV INTRODUCTION
Mais on a éprouvé, à un moment donné, le besoin d'en finir et c'est alors qu'on a conçu la doctrine du nirvana où toutes les âmes individuelles sont absorbées sans retour,
Temporis ut puncto nihil exstet relliquiarom, Desertum prseter spatium et primordia cœca !
C'est au concile de Trente qu'a été affirmée nettement pour la première fois la doctrine de la création des âmes, suivant laquelle Dieu crée chaque âme quand le corps qu'elle doit habiter est suffisamment organisé, animant creando infundi et infundendo creari. C'est presque ce qu'avait dit il y a bien longtemps le vieil Ennius,
Inde venit puUis divinitus insinuans se Ipsa anima...
et ce qu'avait prévu Lucrèce (III, 670-671) :
... Si immortalis natura animai Constat, et in corpus nascentibus insinuatur.
Mais la doctrine avait mis longtemps à s'établir. Au commencement du v* siècle, Synésius, l'ami d'Hypathie, n'accepta Tévêché de Plolémaïs qu'à la condition de garder sa femme et ses enfants, et de conserver l'entière indépendance de ses opinions philosophiques : il n'admettait ni la création de l'âme après le corps *, ni la fin du monde, ni la résurrection.
1« La croyance de la formation de Tàmc au cours de la vie fa;lalc a tout naturellement amené l'intrusion du clergé catholique sur le terrain de l'obstétrique : le baptême étant nécessaire au salut de Tâme, les prêtres n'ont pu admettre un seul instant la céphalolripsie ; la mort
LANIMISME. XT
Ainsi, le premier chapitre fera voir comment naît l'idée de Dieu et comment se produit la croyance à l'âme inmiortelle. Fantômes ^ spectres, géants, mânes, ombres, anges, vampires, démons, râkchasas de l'Inde, Banshees et Pookas de l'Irlande, ghosts eigoblinsdes Anglais, fées et nains, ont la même origine. On a d'abord dédoublé l'homme en corps et ombre ou âme ; puis, comme les spirites modernes et comme certains philosophes, on Ta divisé en trois : corps, âme ou esprit, et âme matérielle ou périsprit; enfin, même chez les anciens, il y a des rêveurs qui ont vu quatre choses dans l'homme :
Bis duo sunt bomines, mânes, caro, spiritus, umbra;
Quattuor bsec loci bis duo suspiciunt : Terra tegit carnem, tumulam circumTolitat umbra,
Mânes orcus habet, spiritus astra petit.
Tous ces êtres mystérieux ont la figure de l'homme, et en sont le c simulacre d ; c'est là du reste la signification propre du mot idoky etSojXov, ressemblance, apparition, vision, image.
Les chapitres ii et m sont consacrés aux religions de l'Inde. Ils exposent le naturalisme primitif des Védas, la création des dieux par la métaphore et l'oubli de l'étymologie * , puis, dans l'Inde, le double mouvement paral-
de la mère leur paraît peu de chose au prix du salut éternel de Tcnfant. Aussi ont-ils inventé une sorte de seringue pour le baptême intrautérin ; aussi recommandent-ils et pratiquent-ils souvent eux-mêmes, de la façon la plus grossière et la plus barbare possible, Thorriblo opération connue sous le nom de césarienne.
1. L'une des explications les plus intéressantes d'un nom divin peut être fournie par la langue basque : c dieu » s'y dit Yaungoikoa c'est-àdire c le seigneur d'en haut >, étymologic qui ravit d'aise les dévots et les métaphysiciens. Mais le prince liOuis-Lucien Bonaparte a découvert