CÉRÉMONIES JUDAÏQUES
niendu déjeunes israéliles l'appeler ainsi) : les jeunes filles mi habillées de blanc, etc. C'est de même à l'imitation des habitudes catholiques qu'est due l'invention de médailles, d'ordinaire en forme de triangle, dont on décore les enfants: ces médailles en argent, en cuivre ou en or, ne portent aucune image; on y a gravé seulement le mot chaddai a toutpuissant >, l'un des surnoms de lahvêii.
Inutile de rappeler que les juifs pratiquent la circoncision des nouveau-nés, précaution hygiénique même en Europe, et appelée en hébreu milah; elle se fait le huitième jour après h naissance, conformément aux prescriptions de la Genèse (xvn, 12), par les soins d'un fonctionnaire spécial, le Mo^ hil qui ne se sert point, comme on le croit vulgairement, d'un couteau de pierre. L'opération a lieu en public, a la synagogue, si elle tombe le jour du grand jeûne, ou tel autre jour où tous les fidèles doivent être réunis dans le temple. C?esl l'une des rares occasions où les femmes entrent dans le parvis, car elles sont d'ordinaire reléguées dans les trikunes supérieures*. Pour une circoncision, en effet, c'est la marraine qui doit tenir l'enfant dont le parrain écarte les jambes au moment de l'opération.
La femme entre aussi dans le chœur le jour de son mariage; les époux doivent être à jeun depuis la veille au soir, lisse tiennent debout, sous un poêle fixé à leur épaule, l'un icôté de l'autre, du côté droit de l'enceinte sacrée et c'est là qu'ils reçoivent la bénédiction religieuse. Ils boivent ensuite, dans le même verre, quelques gorgées d'un vin généreux et le verre est ensuite brisé sur le parvis.
1. Les femmes sont si bien considérées comme des êtres inférieurs que,
ans maints livres de prières journalières à l'usage des Juifs, on trouve des
formules difTérenles pour chaque sexe. La femme dit :\ Dieu : « Je te remercie
de m avoir fait à ta volonté » ; mais riiomme : « Je te remercie de ne pas
n'avoir fait femme ».
in LES JUIFS FRANÇAIS.
I^s cérémonies funèbres sont assez simples. On met soi les yeux et sur la bouche du mort de la terre sainte, qui a été apportée de Palestine. On le porte au cimetière, où il est enseveli au milieu de chants religieux. Il n'y a point de caveaux de famille dans les cimetières Israélites^; chaque! mort y a sa place particulière où il doit reposer jusqu'à ii fm des siècles. Les tombes se touchent immédiatement; ellei sont recouvertes d'une dalle où une courte inscriptioa ei i hébreu et dans la langue du pays, rappelle le nom etTâgeda défunt; quelquefois, on y ajoute une sentence morale, un :: verset de l'Ecriture; souvent rinscriplion est accompagnée*^ (l'une figure symbolique : une main, un livre ouvert, le chandelier à sept branches, etc. Les tombes des rabbins soni : fermées d'une double dalle disposée en dos d'àne. '
Les doctrines acluelles des Juifs français, et sans doute des Juifs italiens, sont-elles exactement conformes à la tn« dition mosaïque? 11 y a eu évidemment à cette tradition des modifications plus ou moins importantes, nécessitées par les circonstances. Tant que les Juifs étaient « hors la loi i, ils pouvaient et devaient demeurer rigoureusement fidèles aux croyances et aux habitudes de leurs pères, mais du jour où ils devenaient citoyens actifs, électeurs, admissibles aux emplois publics, des tempéraments, des concessions s'imposaient à eux, dans leur propre intérêt. Le repos sabbatique par exemple a beaucoup perdu de sa rigueur dans certains cas : les élèves israélites de nos lycées notamment ne sauraient, sous peine de demeurer trop en arrière, s'abstenir ♦l'écrire le samedi; les employés des administrations publiques ne sauraient exiger des congés exceptionnels; les membres des assemblées délibérantes ne sauraient faillira leur mandat.
1. A l^is cependant, les Israélites ont des caveaux de famille.