LES JUIFS EN ALLEMAGNE
»arbe fanatique, qui était pour ainsi dire ravant-garde im-
roviséc de l'armée sainte, vint ravager toute rAllemagne,
r massacra, dit-on, plus de douze mille Juifs, pillant, volant,
mendiant et baptisant tout sur son passage. L'archevêque
de Cologne lui-même fnt impuissant à protéger les Juifs de
son diocèse. Cinquante ans plus tard, au début de la seconde
croisade, le pape Eugène II dispensa les croisés de payer
leurs dettes aux Juifs que l'on recommença à massacrer dans
TAIIemagne méridionale, sur les prédications de moines
fanatiques ; mais saint Bernard eut assez d'autorité pour
mettre un terme à ces violences.
La tranquillité ne dura pas longtemps; les empereurs d'Allemagne, et à leur exemple les principicules de l'empire, imposèrent aux Juifs les taxes les plus odieuses, sous le double prétexte que les Juifs, à Jérusalem, s'étaient rendus ^ux Romains sans conditions, et qu'ils méconnaissaient la divinité du Christ. Le peuple alla plus loin et, persuadé que les Juifs étaient les alliés et les amis des Sarrasins, des Turcs, des Mongols, se rua sur eux en Alsace, en Franconie, iHong du Rhin septentrional, à la fin du xiii* siècle et au ^ommeniîemenl duxiv* siècle. Beaucoup d'Israélites, voulant fuir la persécution, partirent pour la Palestine; ceux-là wîhappèrenl aux épouvantables massacres de IrHl). La peste noire qui ravagea l'Europe occidentale de 1348 à 1350 fut attribuée aux Juifs qui « empoisonnaient les puits et les fontaines ». A Strasbourg, à Maycnce, à Spire, à BAlc, à Worms, à Francfort, à Cologne, à Bruxelles, etc., on brûla, on noya, on chassa les Juifs. Ceux qui survécurent, misérablement tolérés, furent soumis à des conditions humiîanles et peu à peu expulsés de tout le pays; au commenement du xvi* siècle, il n'en restait plus qu'à Worms, à Vancfort et à Ratisbonne : la grande masse s'était réfugiée n Pologneeten Turquieoù ilstrouvaieiitasileel protection.