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Î90 LE8 JUIFS EN ANGLETERRE

Déjà, les Juifs avaient été exilés de l'Angleterre et des pays qui en dépendaient, notamment de la Guyenne, pai* Edouard I'% en 1290. Auparavant, on les avait arrêtés et pendus, on avait confisqué leurs biens; sous Jean-sans-Terre, 4 on les avait individuellement dépouillés de leur fortune. Sous ] Richard Cœur de Lion, la troisième croisade s'ouvrit i Londres par une véritable guerre contre les Juifs, dont on incendia les maisons et les synagogues ; à York, ils durent se réfugier dans la citadelle royale où ils soutinrent pendant six longs jours un siège en règle contre une populace acharnée; le septième jour, le 17 mars 1190, n'ayant plus de vivres, ils détruisirent leurs trésors, mirent le feu à la citadelle, et se tuèrent les uns les autres; les survivants, cinq cents environ se rendirent en acceptant le baplêrae, mais ils furent tous passés au fil de l'épée. L'origine des communautés israéliles d'Angleterre remontait à Guillaume le Conquérant, à la suite duquel les Juifs avaient passé k détroit.

En Espagne, ils étaient établis depuis longtemps quand les Sarrasins envahirent la péninsule. Peut-on supposer qu'ils avaient suivi les Romains ou doit-on croire qu'ils remontent à l'arrivée des colonies carthaginoises? Ils ont longtemps prétendu être innocents de la mort de Jésus-Christ, puisque, disaient-ils, leurs ancêtres étaient déjà en Ibérie à l'époque de sa condamnation, et ils produisaient la copie d'une lettre, écrite alors par leurs chefs à Ponce Pilale, réprouvant en excellents termes le supplice du fils de Joseph. Us descendaient en effet, affirmaient-ils, d'anciennes familles de la tribu de Juda qui, après la captivité de Babylone, préférèrent émigrer en Occident que revenir en Palestine. Quoi qu'il en soit, à l'époque de la domination gothique, les Juifs étaient, en Espagne, riches, influents et considérés; favorisés par les princes ariens, comme eux en butte à la haine des

LES JUIFS EN ESPAGNE. tHi

oliques orthodoxes, ils furent au contraire peu à peu uillés de leurs biens, de leurs privilèges, de leur liberté, s la conversion de Récarède el même, en 694, ils furent réduits en servage et forcés de livrer leurs enfants à de tiques baptiseurs.

invasion musulmane vint leur apporter la tolérance et rendit la prospérité. Les communautés de Gordoue, de ma, de Grenade, devinrent bientôt célèbres parla science, ichesses et Fhabileté de leurs membres. Les rois chrés de Gaslille, d'Aragon, de Navarre, eux-mêmes, leur }ignaient une grande considération; et ce fut chez que se réfugièrent les Juifs et les Chrétiens chassés de dalousie, au xii* siècle, par les fanatiques Almohades; elle époque datent les communautés de Tolède, de Barne, de Gérone et de Tudela. En 1290, on comptait en illeplus de huit cent mille Israélites, riches commerçants, ecins habiles, astronomes hardis, patients traducteurs, Iligents diplomates; il y en eut qui devinrent les amis et îonseillers des rois. Mais ils prirent le parti de don Pedro re Henri de Transtamarc et le triomphe de ce dernier la leur puissance à son apogée (1369). L'intolérance Hienne se réveilla : incendies, pillages, massacres, bapes forcés, obligations humiliantes, rien n'y manqua, eaucoup se firent chrétiens, du moins en apparence; aus sous les appellations de néo-chrétiens ou marranos laraméen mâranalhâ « le Seigneur est venu », employé saint Paul (I Cor., xvi, 22), comme complément du mol thème (à ceux qui attendent encore le Messie), ils n'insrent jamais confiance et furent étroitement surveillés. i contre eux que sévit parlicuhèrement flnquisilion; fré la faveur dont jouissait Abravanel à la cour des rois oliques, Tédit de Grenade (31 mars 1492) prononça Texiondélinilivedcs Israélites. Trois cent mille durent ainsi

3ffi LES JUIFS CONTBMPORAIRS.

prendre le chemin de l'exil ; la plupart de ceax qui passèrent en Navarre, au Maroc, en Italie, périrent misérablennent. La troupe la plus nombreuse (80000 personnes environ gagna le Portugal où la persécution les suivit et d'od ils furent chassés par un édit du roi dom Manuel du 4déeembro 4496; ceux qui se convertirent, les marraneSj ne tardèrent pas d'ailleurs à être à leur tour persécutés par l'Inquisition et, après la conquête du Portugal par Philippe II, Us durent s'échapper en France où, tolérés comme Portugais nio^ri' tiensy ils durent pratiquer ostensiblement le christianisme, leurs rabbins étant métamorphosés en prêtres, sous les yen ] implacables d'une populace sauvage \ et dans les Pays-Bis, où ils trouvèrent pleine et entière liberté. La communauté d'Amsterdam devint bientôt comme le centre et le foyer da judaïsme dispersé.

C'est de la Hollande que revinrent en Angleterre, an xvn* siècle, les pères des Israélites anglais contemporains. Ils revenaient en même temps peu à peu de la Pologne en Autriche et en Allemagne; en France, ils obtinrent enfin le droit de pratiquer leur religion et de renoncer à l'hypocrisie du catholicisme. La Révolution fit tomber les dernières barrières qui les séparaient de leurs compatriotes et en fil des citoyens actifs, des électeurs admissibles à tous les emplois publics ; le décret du 28 janvier 1790, relatif aux Juifs portugais, espagnols et avignonnais seulement (rendu jpar 374 voix contre 224) fut complété par celui, plus général, da

i. Le 18 mars 1619, une Portugaise, c'est-à-dire une Juive, GaUrina Fenaidez, fut surprise par un prôlre comme elle crachait dans son mouchoir Hiwtic qu'elle venait do recevoir, dans Tégliso de Saint-Jean-dc-LuE. EUcful arrêté* cl enfermée dans la sacristie: rofftcialilé et le pouvoir civil furent saisis^ rafTaire et commencèrent à Tinstruire, mais une foule de marins et de feniM* envahirent l'église, s'emparrrenl de la prisonnii«re et la menèrent sur la plifl» publique où ils la brûlèrent vivo. Le lendemain, tous les Portugais furent expulsés de Saint-Jcan-dc-Luz où, depuis, il n*y a jamais plus eu de Juifc-

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