LES JUIFS CONTEMPORAINS
28 septembre 1791 : on sait la part prise par Grégoire à rémancipaiion des Israélites. Ce n'est qu'après 1830 que le culte israélite eut sa part du budget; ce n'est qu'en 1846 que fut abolie la forme spéciale de serment more judaico et que les Juifs purent jurer devant les tribunaux comme tous les autres citoyens français.
Cependant, le culte israélite ne fut pas toléré en Espagne avant la chute d'Isabelle II, en 1868. En Angleterre, il y a une trentaine d'années qu'ils ont pu forcer les portes du parlement : reconnus électeurs en 1832, éligibles aux municipalités en 1845, c'est en 1858 seulement qu'un des leurs, M. de Rothschild, fut admis comme représentant la Chambre des communes; en 1885, un autre Rothschild est entré à la Chambre des lords. Mais, dans l'Europe orientale, ils sont loin d'être aussi heureux; il suffit de rappeler les massacres, les pillages, les expulsions en masse qui ont eu lieu récemment en Russie, en Roumanie, en Hongrie, les procès comme relui de Tisza-Eszlar, le mouvement antisémite transrhcnan. En Italie, ils ne sont libres que depuis l'unité, car auparavant on connaît les scandaleuses affaires Mortara et Cohen ; nous y reviendrons.
On évalue aujourd liui à près de six millions et demi le nombre des Juifs répandus sur toute la surface du globe; il y en a cinq millions et demi environ en Europe dont un peu moins de deux millions et demi en Autriche et en Allemagne. En France, on en compte de soixante-trois à soixante-cinq mille : 40000 à Paris (12000 en 1842, 3000 en 1806, 500 en 1789), 3500 à Bordeaux, 2500 à Bayonne et Toulouse, etc.
Le culte israélite en France est administré par un consistoire central siégeant à Paris et pardouze consistoires territoriaux, à la tête de chacun desquels est un grand rabbin. Au point de vue de la forme du culte, les Israélites français suivent deux rites différents, le rite allemand et le rite portugais.
Comme nous l'avons Tait remarquer plus haut, la i religieuse juive, qui n'est peut-élre point tout à fait u aujourd'hui, a nécessaii'ement beaucoup varié avec h avec les milieux, avec les conditions diverses où se tn les enfants d'Israël.
Israël t le combattant de Dieu > est le aom gé d'une vieille tribu sémitique de l'Asie antérieure, que la race sémitique, qui parlait des idiomes d'un linguistique toute spéciale, occupait jadis toute l'A: dentale depuis la Mésopotamie jusqu'au Bosphore, i Ciiucase jusqu'au golfe Persique. Son centre d'origin avoir été l'Arabie septentrionale, d'où elle s'élo deux rameaux principaux vers le Nord et le Sud. Les du Sud son! les ancêtres des Arabes modernes, des l'iles, des Kthiopicn^; ceux du Nord sont devenus les iiiens, les Assyriens, les Hébreux, etc. Le groupe Irional succéda'vraisemblablement dans la Babylon populations de langues agglutinantes qu'on désigne noms A'Accadienso\i de 5»ntértens. Ces peuples, qui écrire, avaient sans doute une mythologie dont les A ont dû hériter, en partie du moins; ou suppose <\ d'eux que viennent le caractère sacré attribué au
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religions de l'Asie antérieure, concordent avec les découvertes que la science moderne a pu faire en déchiffrant les inscriptions cunéiformes et avec les résultats de l'étude comparative des religions sémitiques.
La cosmogonie est, par exemple, au fond la même partout. Elle repose sur la conception d'un double principe, mAle et femelle, dont l'union a produit l'univers matériel : la mer et Tabirne ont engendré le chaos — mummu — d'où se sont séparés la force et l'éclat, le ciel et la terre ; d'autres fois, les créateurs sont le souffle et le chaos par l'intermédiaire du désir, l'éther et l'air, le lemps et la nuée. De là est venue ridée du dieu androgyne, des divinités accouplées, du dieu mâle toujours accompagné de son parèdre femelle*. Il y avail, paralt-il, en Assyrie, douze grands dieux, ayant chacun une faculté spéciale, et chacun prince d'une ville particulière : Anu, tq'ï des esprits, sans doute VAnos de Damascius et VOannes de Bérose, dieu de la ville d'Erech (et sa déesse Anatu); Bel (et Belit), le créateur; Hea^ le vengeur; 5m, le grand, dieu d'Ur; Merodakh, le juste, dieu de Babylone; Vu/, le fort, chef de l'air, dieu de Muru; Ninip, le guerrier; IchlaTy etc. ; parmi les autres dieux, on peut citer Salikaty Tammùz (accadien Dumzi), etc. Ces dieux ont engendré des enfants : le fils d'Anu est BiUkan, le dieu du feu; la fille i'hhtar esiAsiarlé, la Vénus sémitique. Au-dessous sont les dieux inférieurs : Igege, les anges du ciel; Annunakiy les anges de la terre, au milieu desquels gravitent une multitude innombrable de génies ou d'esprits.
Les douze grands dieux, par leurs attributs, leurs fonctions ou leur étymologie, se classent en un dieu suprême : fii (accadien llu) ou Assur; trois dieux cosmiques : Anu,
1. Dans le Pœnulus de Plaute (acte V, se. r), \o Carthaginois Hannon invoque, dans sa langue, « les dieux et le? décssns » de son pays : alânim
uaas les ecntures les plus aDcieaaes, naee ae laa exprimée par une étoile à huit rayoDs, et ce ci la signiûcalioD de i ciel » ; répété trois fois, indique l'ensemble du système siellaire. L'^rigin de la reli^on assyrienne est donc très probable.
On a trouvé, dans les nombreux documents en i cuBéiformes, malheureusement incomplets, qui s jusqu'à nous, des fragments plus ou moins considi longues épopées mythologiques qui jettent un joui sur les origines religieuses de l'Asie occidental) apprenons la création de l'homme à l'état d'il sa tentation par le serpent Tiamal, drdgon de h chute des Adatnu « hommes noirs > opposés à la Sarku t hommes clairs i; la guerre entre les dl< sept mauvais esprits (léopard, dragon, esprit de instrument de massacre, etc.), peut-être pour la [ de « l'arbre sacré i ; la victoire de Bel ou Herod) dragon; le péché du dieu 'la dérobant les îosig souveraineté à son père Elu endormi, prototype gende de Gham (Kliâm) et Noé (Nôha); la corru hommes ei la construction d'une tour gigantesqu lone, cause de la colère des dieux, tour dont les él