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PROSTITUÉS ET PROPHETES

divinité accadienne {dum GlSyZÎ vie, «le dieudelavie^rAdonis meurt à l'automne et renaît au printemps). Le peuple célébrait en son honneur deux grandes fêtes, à rautomne^ao mois de Tafnmûz,'ei au printemps, pendant le mois de lyâr; c'étaient des fêtes funèbres, avec des lamentations, des processions symboliques où étaientfigurés la douleur de Ba'alftth, et la mort de son époux tombé sous la dent d*un ours ou li défense d'un sanglier; le septième jour, on se réjonissiit bruvamment de la résurrection du dieu. Pendant ces fêtes, les femmes devaient sacrifier leur chevelui^ ou se prostituer tout un jour aux étrangers : le prix de la prostitution était offert à Ba*alâth.

On sait d'ailleurs quel rôle important jouaient, dans les religions sémitiques, la prostitution; il y avait des prosti' tués, qédéchîm, et des prostituées, qédéchûth; ces deux formes du même mot ont le sens propre de c saints, voués, consacrés > et sont cipparentés à QadôcH « saint, sacré > un des surnoms d'Iahvèh. Ils avaient leurs tentes même à Jérusalem, jusque dans le Temple. Manassé et d'autres firent établir ces « maisons ^ et ces « bocages » dans l'enceinte sacrée; Josias fit démolir ces lieux de débauche (II Rois, xxiii, 7).Hs

parcouraient le pays, avec une escorte de musiciens, ait^' raient autour d'eux la foule, s'excitaient par des chants et d^ cris, se blessaient au bras dans leur ivresse sacrée, et, dégo^ tanls de sang, prophélisaient des merveilles et des horreur 11 n'y avait pas que les prostitués ou les eunuques (f prophétisaient; la Bible est pleine des prédictions, des hara^ gués, des lamentations des Prophètes, des Voyants, A^ Nebiyîmàe lahvèh ; ils gourmandîuentles rois, prêchaient i peuple, insultaient leurs rivaux et passaient inébranlable à travers les lois, les superstitions et les usages, depuî Balaam (Btié'dm), rhommeàrànesse,quibénit Israël au non de lahvêh sur les hauts lieux de Ba'al ; depuis Élie ÇÉliyah

■OMOTHÉISHK POSTÉRIEUR. RS

Gt mettre à mort quatre cent cinquante prophètes de 1; depuis Isaie(/c^'yâA) qui détaille avec une exadilnde )onde les turpitudes d'Israël ; jusqu'à Jérémie (lérémidk) léplore rimpiété de ses contemporains; toussesignalent leur haine contre les dieux rivaux des leurs. Dans ces nts, dans ces prophètes, dans ces prédicateurs inspirés, it voir sans doule, à l'origine, les sorciers et les guéris- 8 des tribus sauvages de TAsie, de TAfrique et deTAmée contemporaines. On retrouve de même chez les Sémites eur des esprits malfaisants du jour, des spectres reables de la nuit, des revenants, comme le grand-prètre uelquela magicienne de Hendor fit voir à Saûl. Le natume primitif se révèle aussi chez eux par leur vénératiom * les eaux, pour le Jourdain par exemple, où la lèpre pouëtre guérie par une septuple immersion ; par leur respour les forêts; par leur culte pour les rochers et les lagnes : c'est sur les montagnes que Ton se rend en de pompe pour adorer les dieux ; c'est sur les hauts lieux, ôthy qu'est la demeure de Ba'al ou de lahvèh {béUir^l c la ion d'Él »); c'est là qu'on sacrifie devant des blocs de re où réside la puissance divine et qu'on a consacrés par ibations d'huile, de vin, ou de sang.

lis on en arriva certainement — les gens lettrés, les mes des hautes classes du moins — au monothéisme pur; ihvèh finit par devenir le seul dieu officiel, le maître Qtesté. Aussi avait-il à son service un pei*sonnel très eut et très nombreux : une armée de servants ou es- 58, nethinîm; les aides (chantres, joueurs de flûte, cou- "sde bois, porteurs d'eau) ; les prêtres inférieurs, etc., u sommet de la hiérarchie, le grand-prêtre héréditaire, able monarque irresponsable et tout-puissant. autre part, à côté et sous le couvert de l'orthodoxie relise, il se forma des sectes philosophiques analogues i

296 SECTES PHILOSOPHIQUES — E8SÉNIEKS.

celles de la Grèce et de Tlnde. Il convient de dire ici quelques mois de Irois d'entre elles : les esséniens^ les saducéens et les pharisiens.

Les esséniens^ dont le nom n'a pu être encore clairemeiit expliqué, remonlent environ au ii' siècle avant notre ère. On était admis parmi eux, après une année d'instruction et deux années d'épreuves, par une cérémonie spéciale dMnitiation. Les initiés prêtaient un serment solennel de piété, de justice, d'obéissance, d'honnêteté, et juraient de garder le secret sur le livre de la secte et sur « les noms des anges ». On distinguait deux sortes d'esséniens : les contemplatifs ou Aéonciens et les pratiques. Us étaient fatalistes et admettaient la prédestination absolue ; ils croyaient a Timmortalité de l'âme, à une autre vie où les actions de la vie terrestre étaient punies ou récompensées. Ils portaient un costume spécial et vivaient en communautés; ils n'admettaient pas la propriété individuelle. Ils étaient généralement agriculteurs ou médecins; leurs chefs élus procédaient au partage des produits de leur industrie.

Les hommes qui entraient dans leurs rangs sans èire mariés restaient pour la plupart célibataires. Ils considéraient la femme comme un être impur et n'en toléraient quelques-unes parmi eux qu'après un stage prolongé; ils adoptaient volonliers de jeunes enfants, qu'ils élevaient dans leurs idées. Les csséniens étaient célèbres par leur austérité et leurs scrupules; ils avaient la réputation de poussera l'extrême le sentiment de la justice; ils avaient en horreur la guerre et Tesclavage. Ils vivaient d'ailleurs à la façon des Juifs ordinaires et observaient très rigoureusement le sabbat; le Temple ne leur paraissait pas toutefois un endroit asssez pur pour qu'ils y fissent leurs prières. La propreté corporelle élait chez eux d'observance religieuse : ils faisaient de grandes ablutions d'eau froide; entre autres singulariléSi

SADUCiENS, PHARISIENS. 397

( détournaient à gauche pour cracher et s'abstenaient tisraire leurs besoins naturels pendant le jour pour ne ffenser le soleil. A Tépoque de Jésus-Christ on en compmviron quatre mille établis au nord-ouest de la mer î ou dispersés dans les villages qui entouraient Jérusa- U y a, dans leurs doctrines, des traces évidentes d'inces mazdéennes.

s saducéenSy disciples, dit-on, d*un nommé Sadoc, ou t leur nom du mot sémitique tsedek c justice », sont îrieni^ aux esséniens. Ils formaient le parti dominant à uilem, sous le gouvernement des Grecs et des Romains ils se montraient chauds partisans. Au point de vue ieux, ils se posaient en réformateurs, en protesiantSj et assaient tout ce qui leur paraissait des innovations. Ils oyaient ni à l'immortalité de Tâme, ni à la résurrection, r conséquent aux peines ou aux châtiments d'une autre li à la prédestination ; ils affirmaient le libre arbitre de ime et prétendaient s'en tenir au seul texte de la loi. s saducéens avaient pour adversaires principaux les isiens qui se proclamaient au contraire t tiaditionnai > et dont le nom (araméen perichîn, hébreu pern- ), signifierait « les séparés, les distingués ». lis sont us par le rigorisme de leurs pratiques extérieures et leur foi aux traditions transmises verbalement depuis 8; on les identifie aux khasidîm a fervents » du temps Hacchabées. Ce sont ces traditions qui ont servi plus de base à la Michnâh. Ils croyaient au destin, aux immortelles, aux esprits. Ils disaient que la Providence e a établi à jamais Tordre des choses visibles et invily mais ils admettaient que Thomme est néanmoins , qu'il peut choisir entre le bien et le mal, et qu'il est ensable de ses actes. Ils affirmaient que les âmes immordes bons étaient après la mort récompensées au ciel,

SAKAlITAllIi.

dans VEdeUf et qu'elles devront revenir un j<mr sur la tem animer de nouveaux corps; quant i celles des méehaati» elles seront éternellement punies, sur la terre, dans b Géhenne {Gi-hinnômj vallée près de Jérusalem où, an moiis au temps du roi Achaz, les Juifs brûlaient leurs enbali en rhonneur deMolokh). Il y a deux sortes d'esprits» êtres d'oa» nature intermédiaire entre celle de dieu et celle des homm» les bons commandés par sept archanges et les mauvais doal Satan est le chef unique.

Il y avait, en outre, la grande et vieille hérésie des Sssmk ritains qui habitaient le pays au nord de la Judée; c'étaiail les descendants, plus ou moins croisés avec les Juifs, é» étrangers idolâtres introduits dans le pays, à la place te Hébreux, par les rois d'Assyrie (Rois, II, xvii, 24)« Ils avaiaat adopté la religion israélite; mais les orthodoxes de Jérf salem les accusaient d*avoir mêlé au culte de Dieu nille superstitions païennes, d'avoir pactisé avec l'impiété et d'avoir des mœurs impures ; le mot samaritain était ne injure à Jérusalem, comme on peut s'en rendre compte ix^ plusieurs passages des évangiles, oùTexempledu bon Samaritain (Jean, x, 30-35) esl présenté comme d'autant plus looeUe qu'il s'agit d'un hétérodoxe. En fait, les Samaritains n'id* mettaient comme livre sacré que le Pentateuque; ils s'en tenaient à la lettre de la loi et repoussaient les traditioas interprétatives; et ils avaient élevé à Garizim, prés de Samt* rie, un temple qui faisait à celui de Jérusalem uneooacu^ renée redoutable. Ils paraissaient avoir développé toute ee^ théorie de manifestations, émanations ou vertus divines, avec une longue hiérarchie de personnalités mystiques etoa Grand Ange au sommet.

Les Juifs n'étaient déjà plus isolés dans le monde; leurs relations avec les Occidentaux leur avaient fait connaître ée nouvelles doctrines; beaucoup de leui*s colonies, établies

LES JUirS A ALEXANDRIE.

divers pays, surtout depuis Alexandre, avaient pu déver des idées particulières. La communauté extérieure la importante Tut celle d'Alexandrie. Protégée par les mées, elle arriva au pouvoir et opprima le peuple, qui rasé d'impôts. Plus tard, ils prirent le parti de César e Gléopfttre. Au temps d'Auguste, ils étaient Tobjet de probation générale en Egypte. Il y eut, en l'an 38 de ère, un soulèvement populaire contre eux à Alexanbeaucoup d'entre eux y perdirent la fortune et la vie. \nr reprochait d'avoir, par dérision, couronné roi un Furieuse, la populace envahit leurs quartiers et les issa vers la mer, les écrasa dans les cimetières et dans ^sses à fumier. On pilla leurs maisons et leurs bous. On en massacra, on en brûla, on en crucifia un grand ire. On épargna seulement les femmes qui consent à manger de la viande de porc. Une députation fut fée à Rome par leur Sénat, Caligula reçut la députation ant qu'il visitait une de ses villas en constmction à loles. Il s'amusa d'eux, les raillant, leur demanda pourils ne mangeaient pas de viande de porc, et fmitparles idiet sans leur donner tort ni raison. C'est Claude qui renditjustice.

Alexandrie, en effet, ils étaient gouvernés par un Sénat tarante membres et par un magistrat spécial qui perle titre d'alabarque et qui était élu parmi les membres i € famille > aristocratique et sacerdotale (la tribu de f). Le chef de leurs ambassadeurs de l'an 38 paraît avoir 3 frère de l'alabarque qui était alors Alexandre Lysile. Il s'appelait Philon et pouvait avoir une soixantaine lées. Sa doctrine philosophique est célèbre et nous ne ons nous dispenser de la résumer ici.

caractère général du judaïsme alexandrin paraît avoir ette tendance à l'ascétisme qu'ont exagérée plus tard

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