LES PREMIERS KHALIFES
établir le divorce. En 628, il marcha^ à la tête de quinze cents hommes, vers La Mecque. Avant d'y arriver, il put conclure avec les Qoréichites un armistice ou un traité de paix pour dix ans; alors il envoya des ambassadeurs au roi des Perses Siroès (fils de Chosroès le restaurateur du zoroastrisme), à l'empereur Iléraclius, aux gouverneurs de l'Egypte et de la Syrie, pour les inviter à embrasser la religion de Ylslâm (arabe < soumission, résign Uion ») ; cette invitation demeura naturellement sans résultats.
L'année suivante, le Prophète vint pacifiquement à La Mecque où il accomplit les cérémonies ordinaires des pèlerins et où il épousa sa onzième et dernière femme. Il revint ensuite à Médine, mais profitant de certains incidents qu'il considéra comme des atteintes au traité, il repartit le 45 janvier 630 à la tête d'une véritable armée et s'empara de La Mecque presque sans coup férir. La soumission graduelle de TArabie tout entière fut la conséquence de ce coup de main ; l'ambition de Mahomet ne connut plus de bornes et, dès 631 , Ali prêchait, de sa part, la guerre sainte pour la conquête du monde. Mais les jours du Prophète étaient comptés; il tomba malade et mourut, en revenant de la mosquée, le 8 juin 632, la tête appuyée sur les genoux d'Ayechah, sa troisième femme.
Abu-bekr, père d'Ayechah, désigné par le Prophète luîmême pour lui succéder, fut proprement le premier khalife (ar. « commandant, chef i) ; il envahit la Syrie et déflt les troupes impériales ; mais il mourut le 23 août 634 et fut remplacé par Omar, cousin éloigné d'Abd-allah, père de Mahomet. Oinar, qui étendit son domaine jusqu'à Damas, Antiocbe, Alep et Jérusalem, pendant que ses lieutenants s'emparaient de la Perse (636) et de l'Egypte (640), fut le premier khalife qui prit le titre de « prince des fidèles i ou € chef des croyants >, mais il n'affectait aucune allure mo-