LES PREMIERS KHALIFES
massacré avec soixante-douze de ses partisans. Yézid, désormais le maître et le souverain khalife, étendit son empire jusqu'aux portes de Constantinople, jusqu'au fond du Turkestan et jusqu'aux colonnes d'Hercule.
Avant le triomphe des Omeyyades et l'éviction définitive des Alides, avait éclaté, en 659, la révolte des kharidjin
f rebelles». Sousle commandement d'Abdallah-ben-wahd-alracilt, douze mille musulmans se séparèrent de la communauté, se déclarèrent indépendants, combattirent même le principe du khalifat; repoussés d'Asie, ils pénétrèrent en Afrique où ils recrutèrent de nombreux partisans chez les Berbères ; il en existe encore en Algérie.
Ge fut Muavla qui organisa administrativement le gouvernement du khalifat, dont la capitale officielle fut dès lors Damas; en Syrie. Il fit, de son vivant, reconnaître son fils comme son successeur présomptif et substitua ainsi l'hérédité à l'élection. Le khalife était le chef spiytuel et temporel, et portait le titre de Amir-al-mûminin « chef ou émir des croyants *. Il déléguait ses pouvoirs à des préfets provinciaux {ummâl)y dont l'étendue de l'empire avait rendu l'institution nécessaire. Quant aux revenus du trésor, dès Omar on avait créé un bureau spécial, chargé de les percevoir et de les distribuer, sous le nom persan de diwdn (d*où vient le français douane). Les revenus comprenaient le zakât, taxe des pauvres, payée par tous les musulmans; le cinquième de tout butin de guerre ; la djizyah (contribution personnelle) et le kharâdj (impôt foncier) exigés des « infidèles > : les chrétiens et les juifs payaient une taxe personnelle de un à quatre deniers d'or, suivant leur forUme. Les fonds ainsi recueillis étaient à l'origine répartis entre les fidèles : on allouait douze mille drachmes à Ayechah, l'épouse favorite du Prophète; dix mille à chacune des autres veuves de Mahomet et autant à chacun des membres de sa famille ; cinq mille aux premiers couver-