‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 14 sur 261 · XXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXIV INTRODUCTION

Calas, le chevalier de la Barre, et tant d'autres, sans oublier Urbain Grandier, brûlé vif à Loudun, le 18 août 1634. Dénoncé par son rival Mignon, par les moines dont il avait mal parlé, Grandier fut condamné sur le témoignage des démons dont étaient possédées les Ursulines et qui parlaient un latin absolument culinaire. Les savants et les sceptiques du temps ont vu dans cette possession une combinaison habile de comédies arrangées à l'avance et de maladies nerveuses. La « possession » dura, parait-il, à Loudun, jusqu'en 1637; mais elle se manifesta, toujours chez des religieuses, à Chinon vers 1640 ou 1643, à Louviers en 1643, à Auxonne en 1664. Laubardemont, qui fut aussi stupidement cruel que les autres juges a du fait de sorcellerie i^, ne parait pas d'ailleurs avoir été de très bonne foi, bien que, comme le rapporte Tallemanl des Réaux, il ait reproduit exactement toutes les paroles des diables, même celle-ci : <( Laubardemont est cocu i^, en ajoutant à la fin du procès-verbal : « ce que je certifie être véritable y>.

Dans le chapitre ix, j'ai passé en revue, aussi sommairement mais aussi exactement que possible, la plupart des excentricités religieuses contemporaines : religions philosophiques, aberrations chrétiennes, extravagances ou naïvetés religioso-philosophiques, et enfin dévotion courante des catholiques actuels. Je les ai classées un peu en raison de leurs affinités naturelles : j'ai mis au premier rang la théophilanthropie qui dérive directement du sentimentalisme de la Révolution; puis les églises françaises qui se rattachent au mouvement de 1830 et doni l'œuvre se continue par les tentatives de protestation contre l'ultramontanisme envahissant; ces dissi-

FOLIE RELIGIEUSE. xxv

Aents en arrivent à donner la main aux représentants actuels des idées de la réforme dont le piétisme et l'illuminisme anglais contemporain ont exagéré les tendances individualistes. Des tendances analogues ont produit les étranges sectes hérétiques de la Russie et le svedenborgianisme suédois; mais celui-ci, qui base toute sa doctrine sur les révélations par les esprits, forme pour ainsi dire la transition entre les religions proprement dites et le spiritisme. D'autre part, la réaction qui se produisait naturellement contre ces excès a mis en relief l'indépendance de la franc-maçonnerie, et a donné naissance à des religions scientifiques, comme le saint-simonisme et le positivisme, qui ont dû tous leurs succès au dégoût inspiré par les mômeries des cultes vulgaires dont le catholicisme contemporain est le type le plus achevé. Je n'ai naturellement pas pu tout dire sur les exagérations du fanatisme; sur les cas de folie comme celui de cette Sarah Elstone, dans l'Ontario, qui s'est brûlée -vive, il y a quelques années, en criant : <r Je crois à Jésus! » ou de ce fermier de Portiand qui écrasa la têle de son enfant à coups de marteau et voulut se tuer lui-môme parce qu'un esprit lui en avait donné Tordre; sur les conséquences fatales du mysticisme, comme le suicide de cette religieuse du couvent de Saint-François, près Morlaix, qui, se croyant toujours poursuivie par les flammes de l'enfer, se pendit, pour y échapper, aux barreaux d'une chambre de la communauté du Bon-Pasteur du Regard (Côtes-du-Nord) où on venait de la conduire (mai 1882); sur Tesprii mercantile et spéculateur des

membres de divers clergés.

J'ai dû aussi passer sous silence les livres de lecture,

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