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LE CULTE DES SAINTS

î fâtes religieases ordinaires : martyre de Husain ao de moharram^ gaérison de Mahomet aa mois de sa&r, du prophète en rabi, le ehab-i barâl c nuit de la délie f (fête des morts), la mort d*Ali (21 ramazan), sont rées avec un luie extrême de cérémonies : processions arSy de piques et de bannières, représentations des tomi sacrés, images jetées dans les ri?iéres à la fin des , distribution aux pauvres de riz parfumé et de volailles 8, etc.

ns le sud de Tlnde, à Pondichéry et à Karikal notam- , la principale fête musulmane est celle des Jamtis ou irtvre de Husain, dont on raconte ainsi la fin lamentable : il, épuisé, blessé, le fils d'Ali s'assit à la porte de sa ; buvant une goutte d'eau, un dard le frappe à la bouche, tix beaux enfants, son fils et son neveu, sont tués dans ras : il lève au ciel ses mains dégoûtantes de sang, et i la prière funèbre. Dans un accès de désespoir, sa sœur le la tente et conjure les chefs des soldats de Yezid de 18 souffrir que Ilusaîn soit maltraité : le vieux chef ne retenir son émotion; ses larmes coulent sur sa barbe "able et les soldats les plus déterminés reculent devant ros mourant ; mais un autre chef, Chamar, leur rele leur lâcheté, et le petit-fils du Prophète tombe sous )ups de trente lances ou épées ; son corps est foulé aux r, on lui tranche la tête qui fut portée à Damas où elle aterrée; de là, elle fut transportée à Ascalon, puis au ! par les khalifes fatimiles. La tente de Husaîn fut î puis livrée aux flammes, ses femmes furent en butte à les outrages ; ses enfants furent tous massacrés : de s, il n'en survécut qu'un seul, AH Zayn el Abidin, le Hième imâm légitime des Chtas ».

ns rinde méridionale, les musulmans affirment que tous qui prendront part à la fête funèbre recevront une

VMMM, — Religions actuelles. !23

3M LE MAHOIIÉTISIIE DAHS LIHDE.

récompense spéciale dans le ciel. Dès que la nouvelle lune sort de rhorizon, le premier moharram, chacun doit pleurer et soupirer ; puis on prépare le festin de deuil : de Ten pour les passants, des sorbets pour les pleureuMi; on se frappe la tète en gémissant devant la représentatioB de II tombe sacrée. Dans une salle tendue de noir, on lit, chaipie soir des dix jours que dure la fête, le récit de la mort au martyr; les assistants interrompent à chaque instant le le^ teur par des sanglots et par les cris de salam! salam! tfàk^paix ! » Les trois derniers jours, quelques dévots exaltés parcourent les rues, à pied ou à cheval, en criant HoiaK^Hu' saïn! Dans la nuit du 10 au ii, se déroule une vaste procession dont le terme est un grand étang de la banlieue : un char est censé y figurer le tombeau de Husaîn. On en faito^ dinairement plusieurs, qu'on promène solennellement el qui sont décorés de feuilles de talc où Ton a peint des ornements de couleur et qui brillent sous Téclat de raille lanternes allumées ; ces chars sont appelés par le vulgaire g(nm. En fait, la cérémonie a un caractère plus joyeux que triste : des deux côtés du cortège marchent des porteurs de torches et de bannières, des bouffons se mêlent à la foule donlil> provoquent Thilarité par leurs contorsions et leurs déguisements bizarres, les pauvres de toutes les croyances se gorgent avidement et bruyamment du riz parfumé qui leur est généreusement distribué. Il y a environ deux mille musulmans à Pondichéry, dix mille dans rétablissement de Karikal; on en compte quarante et un millions dans toute l'Inde, sur cent millions qui représentent le chiffre total des islamites. En somme le mahomélisme de l'Inde est caractérisé par de nombreux emprunts aux formes religieuses du brahmanisme et parla vénération pour la mémoire des saints locaux, dont plusieurs n'étaient peut-être pas musulmans, et dont les tombeaux sont l'objet de nombreux p^erinages.

LES RITES JCRlDiQCES. Z»

Ce culte des saints locaux est bien connu de tous ceux ai ont habité FAlgérie. Les pèlerinages à leurs tombeaux, t en général partout ailleurs qu'à La Mecque, s'appellent iara c visites ) ; on appelle trWa < vœux ) les offrandes [tt'on y apporte, les ex-votos qu'on y dépose, les sacrifices rim bœuf, d'un mouton ou d'un jeune chameau qu'on y accomplit. Des sortes d'oratoires, nommés Aofc6a, servent sncore à la piété des fidèles. Les saints musulmans, les pa- <rons des groupes d'habitation ou des localités, sont désignés Kms le nom de wali c ami de Dieu > , titre qui n'est jamais lonné à un vivant. Il y a aussi les chéri f (char if ^ pi. cheurfa) t nobles », qui sont censés descendre du Prophète par sa sa fille Fathma-Zohra. Les lieux ordinaires de réunion des idèles sont de deux sortes : les grandes mosquées, djamây lù il y a un member € une chaire > pour lakhotba^ la grande lomélie du vendredi ; et les petites mosquées masdjid, ms chaire. Le personnel attaché à chaque mosquée cornrend un muftiy interprète de la loi, qui rend des décisions ppelés fetvas et qui est le chef local. Il n'y a pas de mufti %ns toutes les mosquées ; mais il y a partout un imâm »lur. aima) < chef, supérieur », un muderrès < profestur », un hazzab « lecteur », et un ou plusieurs mueddins 1 muezzins € crieurs >.

On sait que le Qoran étant le livre unique, il est regardé ►mme la seule base du droit; à côté du Qôran, il y a des tcueils de feivas, interprétations et décisions judiciaires des uftis, dont s'aident les juges arabes, les qâdis, Lajurisiidence musulmane, basée sur les hadith et sur les athâVy i rattache à quatre grandes écoles de droit, à quatre rites fizâhib arbia) pour employer Texpression adoptée : les rites %néfiy chafîitey maléki et hanbalile. Le premier est surent observé dans l'empire ottoman et dans Tlnde sepntrionale; il remonte au docteur Abu Hanifah, imûm de

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Baghdad au ii* siècle de Thégire. Le rite moUki, usité ei Afrique, date d'une cinquantaine d'années plus tard ; parement traditionnel et moins libéral que le premier, il a pour premier docteur un certain Mfllik ben Anas, de Médine. Ai siècle suivant^ parut à Baghdad le savant Châfli, élève de Mâlik, dont le système dit châflite a surtout été adopté eir Egypte, dans le Yémen et dans le suddeFInde. Lesdoctriies les moins répandues sont celles d'Ibn Hanbal, qui eniaipa un peu plus tard, à Baghdad, la méthode appelée d'après son nom hanbalite, la plus intolérante de toutes, adoptée surtout en Arabie. A côté de ces systèmes, classiques et pour ainsi dire orthodoxes, il y en a beaucoup d'autres dont Tautorité, purement locale, est très contestée.

En dehors de ce qu'on pourrait appeler le clergé séculier, il y a le clergé régulier, les pénitents, les mendiants, les moines contemplatifs. Tout le monde a entendu parler des faquirs (faqir sing., foqara plur., € pauvres >) de Plnde et de l'extrême Orient, et des derviches (proprement danich) de la Turquie et de la Perse. On distingue les derviches suivant la loij et les derviches sans loi qui n'ont guère de musulman que le nom. Les derviches hurleurs, les derviches tournants, les derviches dansants sont connus. Ces pénilents forment une sorte de franc-maçonnerie, de confrérie m}"Stérieuse; ils se livrent à des mortifications vraiment pénibles et s'imposent souvent de très dures austérités. Leurs principales obUgalions sont la méditation (muraqaba) et la prière {dikr ou z/At) ; l'une des formes les plus appréciées du ifltr consiste dans la répétition incessante des syllabes fa-tWa-fcs à chaque expiration, et de il-lal-la-ho à chaque inspiration (ce qui veut dire : « 11 n'y a pas d'autre Dieu que Dieu i). B y a aussi la récitation des quatre-vingt-dix-neuf noms de Dieu; c'est pour faciliter cet exercice qu'on a inventé le chapelet de quatre-vingt-dix-neuf grains, nia«6a'/ia/«. L'usage de

MARABOUTS KT KHUAN8. 357

ces rosaires viendrait des bouddhistes, et les chrétiens à leur tour Tauraient emprunté aux musulmans à Tépoque des croisades.

En Afrique, les religieux musulmans sont connus sous le nom de marabouts (propr. niarabût c l'instruit »); ils ne sont pas astreints à une résidence 6xe, bien qu'ils aient à leur usage des zauiasy sortes de monastères-hôtelleries. C'est surtout là que se forment les étudiants {tholbây plur. de thalâb). En 1880, il y avait en Algérie cent quinze familles de marabouts, dont vingt à Oran, quarante à Constantine et cinquante-cinq à Alger. On y comptait aussi trois cent cinquante-cinq zautas comprenant ensemble, sur trois millions de musulmans sujets français, 168974 affiliés, dont 1955 ma-' rabouU et 167019 khuans. On appelle de ce dernier nom les membres des congrégations pieuses contemporaines qui ont surgi en très grand nombre depuis quelques années dans le sein du mahométisme. Ces sectes ont été fort bien étudiées par le commandant Rinn qui leur a consacré un excellent ouvrage : les khuans de l'Afrique correspondent aux faquirs et aux derviches de l'Orient; les marabouts correspondent aux walis.

L'origine de toutes ces congrégations est dans le çûfisme. Elles ont pour but de procurer à leurs adeptes la béatitude éternelle par la connaissance de la bonne voie, Ihriqa f chemin » ou ward « accès, arrivée >; la voie a été révélée en premier lieu à Mahomet par l'ange Gabriel, et le Prophète i son tour l'a transmise aux fondateurs des ordres religieux. Depuis Mahomet, il y a eu une chaîne continue de saints; toujours vivants, mais pour la plupart inconnus, les saints, sauveurs précieux, çhûts-el-âlam « le refuge du monde », sont en petit nombre, quatre ou cinq cents tout au plus, el sont distribués suivant une hiérarchie rigoureuse. On distingue, parmi eux, sept catégories : 1" un chef suprême, le

tu INITIATIOKB RSLICtEt^SES.

ghûts-adam * grand soutien t ; â* son \mr, qôthl' • pAle »; S* quatre âîitâd c poignets t ; 4" sept khiâr « élus » ; 5* sepl, quarante ou soixante-dix âbdâl (sing. bâdil) i ctiangeaDlii »; 6*soixanle-dix tiedjab (sing. ttedjib) i distingués i; 7° lii>is cents ftc^îfc 1 chefs b.

Les lihvans d'Algérie forment plusiem"s ordres; il y en a où l'on admet des femmes qui prennent le titre de sosurs, , khualât'. Chaque ordre a un chef, un cheikh, désigné par son prr-déc(^sseur ot qui nomme des moqaddem * préposés b qui dirigent les initiations. Les membres de l'oràn se réunissent en hadar, assemblées générales, puis en -.m-dd, assemblées régionales; ces réunions sont accompagnées ilt' repas. Chaque ordre a sa prière spéciale, son dikr. Les nouveaux membres sont reçus, après une longue retraite il après un jeûne prolongé; ils prêtent un serment spéciîUl sont soumis à des épreuves souvent pénibles. Les initiés s'»ppellent entre eux açkab t compagnons, amis *.

Oo n'arrive à la connaissance de la bonne voie que pir plusieurs phases successives. La plupart des ordres en admettent sept. L'initié est d'abord talamîd t disciple, assistant, novici! » : il étudie la lui, est astreint à (certaines pratiques et à la récitation du dikr. 11 devient ensuite murié € aspirant », puis fiiqir f pauvre », puis çùfi t élu, pur», puis saliîk e marchant (dans la vie) i>, et cntln med/^tûi < ravi 6 ; le bienheureux qui arrive au dernier degré de li certitude est tukidi » possédé de l'esprit de Dieu ». Lemurii visite les stations saintes et se livre à l'extase; le/açîridw extases jiassionnées; le çufi, des extases du cœur; le salàk, des extases de l'âme immatérielle : il peut obtenir des révélations el il a des visions divines; le medjeiûb, dans ses extases mystérieuses, est dans un état d'exaltation ou de

1. Il j * Fil 'liMcouveols (II- femnjea eu Oriunl, en Arkl>if méoie; lo plu» calibre est celui qui tut ouvert en Egypte rin 684 de l'héfire (IS85 «prèi I.4-).

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