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LES CHRÉTIENS A ROME

dut même faire quelque bruit, s'il faut en croire Suétone; rhistorien des Césars rapporte en effet que Claude la proscrivit en masse : Judœos^ imptilsore ChrestOy assidue tumul' tuantes Roma expulit {Claude, xv). Or Claude a régné de 41 à 54, et Dion Cassius confirme que, sous son règne, les Juifs se multipliaient : rovç te loviaiovç TiXeoya^ovraç, dit-il (LX, VI, 4). Tacite dit d'ailleurs, à propos de la persécution de Néron, que la superstition chrétienne avait été antérieurement réprimée, c repressaque in prsesens exitiabilis superstitio rursu^ erumpebat > {Annales, xv, 44). Quoi qu'il en soit, c'est vers Rome qu'il faut maintenant tourner nos regards. Avec le voyage et la mort de Paul, Rome devient le centre du monde chrétien. L'Église, qui avait été persécatée à plusieurs reprises à Jérusalem, qui avait subi la redoutable concurrence des thaumaturges, va désormais entrer en lutte avec les vieilles religions de l'empire.

Pierre vint-il réellement à Rome, à la suite de Paul, soit pour aider au salut de l'apôtre des Gentils, ce qui est bies improbable, soit à l'instigation des hiérosolymites, pour combattre ses hardiesses, ce qui est bien difficile à admetti*c? A cette dernière hypothèse se rattacherait la fable de Simon le Magicien convaincu d'imposture à Rome même par le prince des apôtres, fable ou roman inventé par les judalsants de l'école de Pierre où, sous le nom de < Simon >, c'est Paul lui-même qu'on aurait voulu attaquer. Suivant M. Ed.Zeller, non seulement Pierre ne vint pas en Italie, mais encore il n'j eut pas d'évêque à Rome avant le iv siècle. Néanmoins, la légende admise par l'Église catholique affirme que Pierre et Paul moururent à Rome; le premier aurait été crucifié (b tête en bas, dit-on, à sa demande, pour ne pas mourir toutà fait comme « le Seigneur »), le second aurait eu la tête tranchée en sa qualité de citoyen romain. On dit que la femme de saint Pierre périt avec lui. 11 est probable que ces exécu-

LES PERSÉCUTIOiNS. W^

elles eurent vraiment lieu, firent partie des masrdonnés par Néron à la suite du grand incendie de in s'en prit aux chrétiens, tourbe vile et remuante; lormité de l'accusation et la férocité des supplices des larmes aux moins sympathiques : Abolenda mn decedebal infamia quin jussum incendium credit Tacite (Ann.^ xv, 44), Nero subdidit reos et quœ- Is pœnis affecit quos^ per /lagitia invisos, vulgus fios appelkibat... Primum correpUqui falebantur^ indicio eorum multittido ingens^ haud perinde in incendii quam odio humani generis convicti sunt. \intibus addita ludibria^ xU^ feranim tergis conieciij canum interirentj aut cmcibus af/ixiy aut flam^ atque ubi deficissei dieSy in usum nocturni luminis ir... UndCj quanquam adversus sontes et nouissima { méritas j miseratio oriebatur^ tanquam non utilitate , $ed in sœvitiam unius absumerentur. Suétone dit mt que, sous le règne de Néron, il y eut beaucoup de s et que notamment on châtia les chrétiens : Afflicti lis christiani, genus hominum superstitionis novœ (ieœ. Il est vrai, comme le rappelle l'empereur Julien, ivait fort peu de gens distingués parmi les chrétiens împs-là; ce n'étaient guère que des esclaves et des

fut € la première persécution > ; jusqu'au triomphe ' du christianisme, les historiens ecclésiastiques en it neuf autres : la seconde sous Domitien (an 95) où an, plongé dans de l'huile bouillante, près de la porte en sortit sain et sauf, dit-on, et où périrent à ce qu'il 'apôtre André et Timothée; — la troisième sous (107) où mourut Ignace, évêque d'Antioche; — la me sous Marc-Aurèle (161) qui futfataleàPolycarpe, (Je Smyme, et à Justin, de Naplouse; — la cinquième^

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