VICTOIRE DU CHRISTIANISME
irement politique; le paganisme mourant et le christiaisme naissant obéissaient à la grande loi de la concurrence ilale et luttaient pour l'existence.
La lutte se termina par la victoire du christianisme, vic- )ire qui peut dater de la prise de Rome par Constantin, le 7 octobre 313. Le sang des martyrs avait été vraiment une emence féconde! Le nombre des chrétiens s'était tellement QuUiplié qu'ils formaient une nation dans la nation ; en se léclarant pour eux, Constantin n'eut d'autre but que de s'assurer le concours dévoué d'une multitude organisée et puisuinte; et le roi des Francs, notre Clovis, ne fera que Timiter leux siècles plus tard. La fable du Labarum^ qui aurait ipparu à l'empereur au-dessus du soleil couchant, après lu'il eut invoqué le dieu de Constance, les visions mêmes de Constantin et ses entretiens avec Jésus-Christ rapportés par Eusèbe de Césarée, ressemblent beaucoup à la légende de Clovis implorant le dieu de Clotilde à Tolbiac. Ces pieux récits n'enlèvent rien au caractère peu spontané de ces deux X)nversions dont l'Eglise, si elle n'en calculait que la valeur propre et individuelle, n'aurait guère à s^enorgueillir. Constantin, qui se fit baptiser l'année de sa mort, vingt-cinq ans iprès sa prétendue conversion, et encore par un prêtre arien ; Clovis, qui massacra chréli(3nnement ses parents et ses alliés ; 16 furent que deux soudards, perdus de vices, sans préjugés 't sans scrupules, pour qui le christianisme ne fut qu'un ûoyen de succès et qu'un appui pour leur despotisme. D'ail eurs, Constantin, tout en favorisant les chrétiens, ne préendaitpas le moins du monde persécuter leurs adversaires. 'autorisa la construction d'églises chrétiennes, mais il éleva
Constantinople même des temples à la Fortune, à la mère
1. Le mot Labarum est d*origine chaldéenne; la croix, qui était depuis longioips un signe religieux vénéré en Egypte, dans rinde, chez les Scythes, en uyrie, etc., était un symbole du Soleil.
PROGRES DU CERISTUNISMB.
des dieux, aux Dioscures; il en laissa élever d^aatres i Ron et ailleurs. Il n'exclut point les païens des fonctions poUîques, mais il y admit les chrétiens^ aux prêtres desgaeis i étendit la prérogative dont jouissaient et dont oontinoaieot à jouir les prêtres païens. Les monnaies qui portent soa^ nom sont à Teffigie de Jupiter, de Mars, de la Yidoirei di] Soleil, aussi bien qu'au type chrétien; il y en a mèmeot symboles des deux cultes sont éclectiqaemont associés.
En réalité, depuis son arrivée à Rome, le christianisme qui s'était développé par une propagande active et iiiMsante, n'aspirait qu'à la domination du monde. Tous lei moyens lui étaient bons pour recruter des adeptes. Il s'adressait d'aborà aux petits, aux pauvres, aux déshérités de kj société, à qui il promettait la réhabilitation proebaiM! avec l'avènement du royaume de Dieu. Peu i peu, ilpénélnilij — par l'intermédiaire des esclaves et des domestiques séduisaient les jeunes enfants, — dans les familles, où hommes vraisemblablement haussaient les épaules; mais ei! les femmes étaient touchées de pitié envers ce beau jeai0 dieu mort ignominieusement pour sauver l'humanité el étaient charmées de ces mots d'amour et de frateraité. Ajoutez la faveur dont jouissaient depuis déjà loDgteiD|S à Rome les religions orientales. Puis l'exaltation du néophyte, la contagion de l'exemple, la pitié pour les victimes, l'horreur pour les bourreaux, achevèrent l'œuvre commencée. Vainqueur avec Constantin, le christianisme se hàtadepro* fiter de sa victoire ; il réclama sa part d'autorité, d'honneoitr de privilèges. Sous les successeurs de Constantin, il délroi** des temples, défendit l'exercice du culte païen, chasss ^ rhéteurs et les philosophes, et massacra à son toor s* nombre considérable de gens trop peu pressés d'adorer b supplicié du Golgotha.
Quelles étaient les croyances et les pratiques deschréli*^*