PIEUSES INDÉCENCES. XXVII
mare^ etsi raruniy /leri tainen potest facilins quam cre^ datur *.
On a fait depuis longtemps la remarque que les écri* vains pieux du catholicisme moderne se complaisent volontiers dans les détails grossiers et même indécents. Les Examens de conscience ^ les Manuels à r usage des confesseurs^ les Guides de la jeunesse, et les Vies des saints abondent en détails de cette espèce et l'on y trouve parfois des exemples de vertu qui donnent une idée singulière de la façon dont leurs auteurs entendent la chasteté et la pudeur : toute jeune, Marie Âlacoque faisait vœu de virginité perpétuelle'; saint Louis de Gonzague, à huit ou dix ans, ne pouvait demeurer seul avec sa mère sans que la présence de € cette femme i^ le fit rougir ; un autre saint précoce refusait le sein de sa nourrice les vendredis et les jours de jeûne; Marianne de Jésus, à quatre ans, ne voulait pas se laisser embrasser par des hommes.
Ce que j'ai voulu, dans la dernière partie de ce neuvième chapitre, en séparant du christianisme sérieux les
1. C'est à saint Augustin qu'on attribue Thabitude cléricale des lectures pieuses dans les réfectoires : Ne soli fauces cibum sumant, sed et aures percipiant verbum Dei, C*est une applicatiou de la parole de Jésus : t L'homme ne vit pas seulement de pain » (Mathieu et Luc, IV, 4).
2. Je recommande à ceux qui voudront être pleinement édifiés sur la folie du mysticisme catholique la lecture de la vie de Marie Alacoque (née à Lauthecour le2!2juillet 16i7, morte à Paray-le-Monial le 17 octobre 1690). On verra à quels supplices et à quelles tâches répugnantes elle se soumettait pour être agréable à Jésus, qui avait échangé son cœur avec celui de la visitandine hystérique ; elle alla un jour jusqu'à se remplir la bouche des déjections d'une religieuse qui avait la dyssenterie (Cf. Louis Portevin, La religion des jésuites ; le sacré'CœuVt elc, Paris, 1879, in-8, p. 41).