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LIVRES SACRÉS APOCRYPHES

garder comme apocryphes celles à Tite et à Timothée qui auraient été composées de 90 à 100. La lettre aux Hébrem, qui peut dater de 65 à 70^ n'est certainement pas de Pftul dont elle ne porte pas le nom d'ailleurs : M. Renan Tattribuerait volontiers à Barnabe et la croirait adressée aux Juifs de Rome. Les épi très de Jacques et de Pierre datesl du milieu du ii« siècle; celle de Jude tout au plus de k fil du premier ; celles de Jean ont la même origine que m évangile et l'Apocalypse : ces derniers documents sentie pr^ duit d'une école mystique orientale affiliée au gnoslicisnie; qui date du iv siècle avant Jésus-Christ et à laquelle on rapporte les livres bibliques de Daniel, de Hénoch, d'Elans, etc. Au 111' et au iv* siècle, les docteurs de l'Église, en Afrique et en Orient, Grégoire de Nazianze en tète, étaient d'accord pour nier l'authenticité de VApocalypse.

A côté de ces documents, il faut en ranger beaucoup d'autres analogues dont plusieurs ne nous sont connus que par des fragments, mais dont d'autres nous sont parvenus «n entier. 11 y a d'abord les évangiles spécialement adoptés par chaque secte : celui des Hébreux ou Nazaréens^ pour les chrétiens judaïsanls (où nous apprenons que Barrabas avait été condamné pour sédition et homicide), fort analogue à celui de Mathieu ; les évangiles des ÉbionileSy de CéritUket de Barnabe, des Égyptiens, de Marcion, d' Appelle, et ceux delà Nativité de Marie, de V Enfance du Sauveur, de JosepK de Nicodème, de Thomas, de Jacques le Mineur, etc. Dans ces derniers sont rapportées beaucoup de légendes admises aujourd'hui par la mythologie catholique : l'histoire d'Anne et de Joachim, le mariage de Marie avec Joseph grâce à la verge fleurissante, la fuite en Egypte, l'Assomption, etc. (fi^ divers livres étaient écrits en grec, en hébreu, en copte, en arabe, à en juger par ce que nous en connaissons. Il y avait aussi les épîtres de Barnabe et de Clément, l'Apocalypse de

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ierre, el le Poiteur d'Hennas recueil de visions, de préîptes et de contes religieux, qui a joui longtemps d'un redit considérable.

Dans un cation de la fin du a'' siècle, ces deux derniei*s [>cuinents figurent parmi les livres regardés comme aulentiques, ainsi que l'épltre de Jude, deux épUres de Jean ; douze de Paul : il manque une épitre à Timothée, celle IX Hébreux et celles de Jacques et de Pierre. Ces der* ières se trouvent dans le célèbre manuscrit du mont Sinai, ^couvert en i844 et 1859 et publié par Tischendorf; ce lanuscrit, qui date du milieu du iv* siècle, contient aussi épitre de Barnabe et le premier livre du Pasteur. C'est le las ancien texte connu du Nouveau Testament; après lui, ient le manuscrit plus incomplet du Vatican, qui est presque on contemporain; puis on possède une centaine de copies lanuscrites, qui datent du iv^ au xv* siècle. Le texte sacré l'a jamais reçu une forme définitive, arrêtée. La première tdition imprimée l'a été par les soins d'Érasme, & Bâle, en 1516. A côté du texte grec, il y avait les deux versions latines, 'Italique^ très répandue en Afrique, dont nous n'avons que les fragments, et la Vulgate, faite à Rome en 383 et les umées suivantes par saint Jérôme. 11 y aussi des traductions, lont quelques-unes remontent au iv siècle, en copte-égjplien [trois dialectes), en éthiopien, en arabe, en arménien, en géorgien, en persan, en syriaque, en gothique, en esclavon, în anglo-saxon et en vieux-français. La meilleure édilion critique du texte grec est celle de Tischendorf, publiée en 1872 : on sait que dès 1707 un savant anglais avait déjà relevé dans le livre sacré plus de trente mille variantes.

Parmi les apocryphes que la vulgatc n'a pas admis est le ivre apocalyptique de llénoch, écrit originairement en grec, mais dont nous ne possédons le texte complet qu'en éthiopien.

iOB LES SEI'TA^TE. LA VCLCiTE, ETC.

Le concile de Trenlc, el après lui le saint-siège ont é^lement an-ôlé le lexle officiel de la Vul^-ate (fort allérée depub saint Jéi"ôme par les copistes successifs) el onl fonni; le canon catholique de l'Ancien Testament. Il diffère de la Bible tiébraïque en ce qu'il classe différenimenl certains textes el en ce qu'il en admet d'autres regardés comme apocryphes |)ir les Juifs. 11 confond Samuel ot les Rois en un seul recueil, les Bois, auxquels il donne quatre livres ; il a cent cinquiiil« et un psaumes (et non cent cinquante) ; il ajoute à Daniel dfui chapitres, xui et xiv, contenant l'histoire de Suzanne; fail de Néhémie le deuxième livre d'Esdras, auquel il en ajoute deux autres. Il admet BnntA/i (parmi les petits prophètes), TuWf, Judilh, la Sagesse de Salonwn, V Ecclésiastique el les Maechabées (livres I et II); tous ces livres, sauf celui de Tobie, dont nous possédons un texte hébreu, ne nous sont parveou» que par la version grecque des Septante : on sait que celle version, œuvre, selon la tradition, de soixante-dix docteuR, a été faite à Alexandrie sous les Ptolémécs. Elle n'csl pas toojours conforme au texte hébreu courant. Adoptée par les premiers chrétiens, helléniBants pour la plupart, c'est d'après elle qu'a été faite la première version latine (itala vet\isj, courante surtout en Afrique et antérieure à la traduction de sainlJérôme, que par parenthèse saint Augustin ne voulaii pas admetlm et qui, plus ou moins altérée, est devenue U vul|j;ale catholique.

Les plus anciennes versions de la Bible, dans d'autres langues que l'hébreu et le grec, sont, comme on l'a déjà vu plus haut, en éthiopien (d'après le grec, iv siècle); ei arabe (d'après l'hébreu, d'après le syriaque et d'après le grec, du x" au xir siècle) ; en arménien (sans doute d'aprJs le grec, au V ou vi' siècle); en copte (d'après le grec, vers le IV* siècle : on eo connaît trois, dans les trois dialectes de Memphis, de Thèbes et de la basse Egypte); eo gotkiqut

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(d'après le grec, par Ulphilas, évêque arien des Goths, au IV siècle); en syriaque (d'après l'hébreu, vers le iir siècle; d'après le grec, vers le vr). Il ne faut pas oublier le Pentaleuque samaritain plus conforme avec les Septante qu'avec le texte hébreu adopté; ni les traductions chaldéennes, c'est-à-dire araméennes, du Vieux Testament, connues sous le,nom de Targums et qui, relativement récentes d'ailleurs, sont antérieures au \iV siècle de notre ère. Je parlerai plus loin des versions en langue moderne qui ont été publiées à Vépoque de la Réforme*.

Mais pour en revenir au moment où le christianisme va être désormais la religion officielle (fin du m* siècle et commencement du iv), c'est alors que le monachisme prit un développement extrême. On connaît l'apostrophe de Rutilius Numalianus à propos des ermites de Gaprara :

Processu pelagi jam se Capraria tollit :

Squallet lucifUgis insula plena viris.

Ipsi se monachos graio cognomine dicunt,

Quod soli nuUo vivcre teste volunt.

Hunera Tortunse metuunt, dum damna verentur.

Quisquam sponte miser, ne miser esse queat? Quœnam perversi rabies tam stulta cerebri,

Dum mala formides, nec booa posse pati ? Sive suas repeluol ex fato ergastulapœnas,

^' Les versions protestantes sont généralement plus exactes que les versions ^tholiques ; celles-ci sont faites sur la Vulgate latine, tandis que les premières (ont traduites sur Toriginal grec ou hébreu. Le principal reproche adressé ^les proteatants aux catholiques est d'avoir mis le moi pénitence là où il y * dans le grec repentir (sept passages du Vieux Testament et quarante-huit du ï'oiiTeau: par ex. Mat. m, 2, 8, 11 ; iv, 17; xi, 20-21; Marc, i, 4, 15; vi, 12; toc, III, 3, 8; X, 13; xi, 32; xiii, 3, 5; xv, 7; xvi, 30). En outre, les traductioDs catholiques rendent également par prêtre les deux mots icpga^-jxtpoç ( ancien » et Upt^ç « sacrificateur, prêtre juif ». Enfin, elles ont parfois ajouté un ou deux mots, ou ont employé certaines tournures, dans le but évident de faire interpréter des passages assez vagues dans un sens déterminé et conforme à la doctrine romaine.

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