LES QUATRE MENDIANTS
célébrité. C'est au xii* siècle que Robert d'Arbrissel établit la double communauté d'hommes et de femmes de Fontevraull; que saint Bernard^ sorti du monastère de Citeaux, fonda celui de Clairvaux ; que saint Norbert inventa les Prémontrés (nom topographique). A la même époque prirent naissance les ordres à la fois religieux et militaires de Saint Jean de Malle (1104), des Templiers (1118), qui opéraient en Orient; de Calatrava (1158), qui avait pour objectif les Maures d'Espagne; de Notre-Dame des Allemands ou des chevaliers teutoniques (1128), qui défendirent l'Allemagne contre les Prussiens barbares; et leg ordres hospitaliers du Saint- Esprit, de Saint-Lazare (pour les lépreux spécialement), de la Sainte-Trinité (en 1198, par Jean de Matha), pour la rédemption des chrétiens prisonniers chez les musulmans. Un peu plus tard, vers 1210, l'Espagnol sainf Dominique d'Osma inventa les Dominicains et les Dominicaines, les premiers devant prier et prêcher*, les secondes devant prier et « contempler » ; et l'Italien saint François d'Assise, vêtu seulement d'une tunique et d'une ceinture de corde, les Frères mineurs ou Franciscains et les sœurs Clarisses : on sait que François d'Assise est le ipremiev stigmatisé connu. A la même époque se rapportent les Augustins et les Carmes (dont le premier couvent aurait été construit sur le mont Carmel). Les dominicains, les augustins, les carmes et les franciscains vivaient d'aumônes; aussi forment-ils les quatre ordres mendiants; par assimilation avec la couleur de leur robe, on a appelé les quatre mendiants un dessert composé de quatre sortes de fruits : raisins secs, figues, amandes et
1. Ascèse à la façon des brahmanes, il était tellement absorbé en Dieu qu^rl ignorait la forme de sa cellule, qu'il but un jour de Thuile en croyant boire de 'eau, etc.
2. Parmi les plus célèbres dominicains ou frères prêcheurs , il faut citer •horoa* d'Aquin (1227-1274) et Vincent Ferrier (1357-UI5).
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noisettes. Ces quatre ordres imaginèrent de s'associer des laïques, soumis à un certain règlement de vie et à certaines obligations rigoureuses, qui constituent les c tiers-ordres i.
Le XIV* siècle vit naître les i^ligieux de Sainte-Brigitte, les Hiéronymites d'Espagne et les Olivétains d'Italie. Du xv* datent les Minimes de saint François de Paule, les sœurs de YAnnonciade dont la fondatrice fut Jeanne de Valois, GUe de Louis XI, femme répudiée de Louis XH, les Pénitents noin de la Miséricorde et d'autres encore. Le xvi' siècle est marqué par l'éclosion de nouveaux ordres : les Théalins (1524), les Capticins (4526) ou frères mjneurs réformés, les Récoltels € recueillis > ou frères de l'Observance, les BamabiU$ (1530), les Ursulines (1537, par Angèle de Brescia), les frères de Saint- Jean-de-Dieu (1540), les Oratoriens (1561, par Philippe de Néri) et les Jésuites. Plusieurs de ces ordres avaient pour but de soigner les malades et les înGrmes; d'autres se proposaient de se livrer à l'éducation de la jeunesse; d'autres voulaient surtout aller évangéliser les païens et les barbares. Les Jésuites se partageaient ces deux dernières occupations.
Déjà les franciscains et les dominicains avaient pénétré aux XIII* et XIV* siècles en Tartarie, en Perse, dans l'Inde et jusqu'à Pékin; c'est même à cette époque que fut invenlé l'épiscopat in partibus (infidelium)^. La découverte do l'Amérique et k succès de la tentative de Vasco de Gama surexcitèrent le zèle des propagandistes. C'est alors que naquit la Compagnie de Jésus, approuvée le 27 septembre
1. D'aulres prélendent qu'il fut invenlé du temps des croisades, que 1^'' sit'ges ainsi qualifiés appartenaient aux pays conquis sur les Turcs puis repris par eux, et où par conséquent les prélats envoyés d'Occident ne purent «^ maintenir. Il est à remarquer en efTet que presque tous les évéchét tu pûrii' bus portent le nom d'une localité de l'Asie-Mineure, de la Turquie ou de U Grèce.