LES JÉSUITES EN ORIENT
1540 par la bulle du pape Paul III : Regimini militantis ecclesiœ. On sait qu'elle eut pour fondateurs un soldat basque, mystique comme tous ses compatriotes, natif de Loyola en Guipuzcoa, et nommé Ignace lagnez; un autre Basque, François, dont le nom de famille Xavier est une variante orthographique de la forme connue Etcheverry ; un Savoyard, Pierre Lefèvre; et trois Espagnols, Jacques Lainez, Alphonse Salmeron et Nicolas Bobadilla. Leur règle comportait quatre vœux : obéissance, chasteté, pauvreté et dévouement absolu au pape, dont les ordres doivent être exécutés sans murmure et sans retard. Ils se répandirent en Amérique et en Orient. On connaît les scandaleuses affaires commerciales qui amenèrent leur suppression par les parlements, les rois et le pape lui-même au dernier siècle : il est vrai que ce pape, Clément XIV, mourut, comme dit Déranger, « dans les coliques », et que Pie VII rétablit les jésuites en 1814*.
Dans rinde et en Chine, ils eurent des discussions très vives et très longues avec les autres missionnaires à propos des rites chinois et malabares. En Chine, ils permettaient aux convertis de rendre hommage à Confucius, ils toléraient les cérémonies en faveur des ancêtres, et ils traduisaient Dieu par tien « ciel » : Benoit XIV, en 1742, leur donna tort contre les franciscains et les cordeliers. Dans l'Inde, la contestation au sujet des c rites malabares » fut plus grave encore et dura beaucoup plus longtemps; elle se rattache à la vieille dispute entre les prêtres portugais ou le clergé de Goa et les missionnaires français, italiens, etc., qui venaient pour ainsi dire chasser sur leurs propres terres. Pour « faciUter » la conversion des Indiens, les jésuites du Maduré, et à leur tête le père Robert de' Nobili, parent du cardinal Bellarmin, né en 1577 et mort
1. Bulle Sollicitudo omnium ecclesiasticorum du 7 aoûl 1814; le bref de suppre«sion datait du 21 juillet 1773 et commençait par les mots Dominus ac redemptor.