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VIE ET MOEURS DES RELIGIEUX

prie et on célèbre tous les jours tous les offices de TÉglise. Il y a des frères lais\ c'est-à-dire laïques, véritables domestiques, et des frères profès qui ont prononcé leurs vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, ce qui ne leur est permis qu'après un noviciat plus ou moins lonj^. Les supérieurs, prieurs ou abbés sont généralement nommés à Télection.

Les couvents d'hommes et les couvents de femmes sont toujours séparés, bien que — les méchants en ont fait la remarque — il y ait presque toujours un couvent de femmes à peu de distance d'un couvent d'hommes. Il y a eu très anciennement des couvents mixtes : nous laissons à penser la vie qu'on y menait.

La vie des moines et des religieuses ne fut pas, en effet, toujours édifiante. Les témoignages abondent: c gourmands, cupides, avares, menteurs, paresseux, hypocrites », sont les épithètes ordinaires qu'on leur donne au moyen âge. Au xvr siècle, une inspection faite dans les couvents de l'Autriche et des pays qui en dépendaient fit connaître qu'il y avait, dans cent vingt-deux monastères, qualrc cent trentesix moines, cent soixante religieuses, cent quatre-vingt-dixneuf concubines, cinquante-cinq femmes mariées et quatre cent quarante-trois enfants. Eudes Rigaud, archevêque de Rouen, visita au xiii* siècle le pi ieuré de Villarceau; il y trouva vingt-trois religieuses professes et trois converses : la prieure s'enivrait chaque nuit; les sœurs se battaient; neuf d'entre elles, nommément désignées, quiltaient de temps en temps le cloître pour aller vivre avec des hommes — des clercs le plus souvent — dont elles avaient des enfants. Clémangis disait, au xv' siècle, que faire prendre le

1. Dans les couvent» de femmes, la porliore s'appelle tourière; les sœurs converses correspondent aux IVères lais qu'on appelle aussi d'ailleurs quelquefois frères convers.

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