ÉLECTION DES ÉVÈQUES
quanle cardinaux-prôtres et quatorze cardinaux-diacres : ces litres sont simplement honorifiques, car un évoque peut être cardinal-diacre, tandis qu'un prêtre ordinaire peut être cardinai-évèque. L'évêque d'Oslie est, de droit, le doyen, c'est-à-dire le président du sacré collège; c'est lui qui sacre le pape. On sait en elFet que le souverain pontife doit être élu par les cardinaux réunis en conclave, hors de toute communication avec le monde extérieur.
On sait que primitivement les prêtres étaient élus par les (idèles, et les évêques aussi ; c'était par acclamation que l'élection était faite. 11 y eut, naturellement, dans la suite des temps, des intrigues, des cabales, des coteries, des actes de pression, des voix achetées. Puis, à l'époque de la féodalité, les seigneurs finirent par imposer leur choix; bientôt, ils laissèrent les chapitres faire l'élection, sauf confirmation par eux. Le pape intervint plus tard; Jean XXII supprima même le principe de l'élection, que le concile de Bâle rétablit. En France, la constitution civile du clergé de 1790 décréta la nomination des évêques par un corps électoral spécial; depuis 1516 en effet, ils étaient nommés par le roi et confirmés par le pape, état de choses qu'a remi? en vigueur le concordat du 15 juillet 1801.
La nomination aux fonctions épiscopales ne se fait plus par voie d'élection dans les églises latines, ni dans la plupart des églises protestantes; mais en Orient, les évêques sont encore, dans beaucoup de régions, élus par les curés et t^lisent à leur tour les archevêques et les patriarches. Le corps électoral comprend même des laïques. Ainsi, le patriarche de Constantinople est nommé par un congrès formé de 117 électeurs, dont W évêques qui votent par lettres,
la même époque Wlb palriarclies, archevêques cl évôc|ues catholJ(|Ucs et ^'JO cvèques in partibus. — il y avait on France, en 18S3, 5r>38,'> ccclésiasliqucs et 5538 séminaristes.
ne CLERGÉS HÉTÉRODOXES.
17 métropolitains et 60 laïques (savants, lettrés, négociants, grands seigneurs, délégués des corporations de métiers) qui prennent séance. Les 77 membres siégeants de TAssemblée, après avoir dépouillé les votes par correspondance de lenrs 40 collègues, arrêtent une liste déGnitive de trois candidats, sur laquelle,aprèsune procession et une invocation au Saint- Esprit, les 17 métropolitains élisent, par bulletins recueillis dans un ciboire, le patriarche qui doit être un métropolittin en exercice depuis trois ans au moins et sujet musulman. La hiérarchie est à peu près la même dans les églises orientales que dans celle d'Occident : elles possèdent, outre lears patriarches suprêmes, des archevêques, des évéques et des curés, secondés chacun par un nombre de plus en plus restreint de fonctionnaires spéciaux. L'identité des appellations et la rivalité des communions ne laisse pas que d'amener des confusions constantes. Outre les évêques et archevêques romains in partibus qui portent les titres de villes de la Grèce ou de r Asie-Mineure, les papes préconisent douze patriarches catholiques, qui ne résident généralement pas au siège de leur patriarcat, à Constantinople, à Alexandrie, à Antioche, à Jérusalem, à Venise, aux Indes occidentales, aux Indes orientales (c'est rarchevèquede Lisbonne qui porte ce titre), etc. 11 y a trois patriarches catholiques d'Antioche : un pour les Melchites, un pour les Syriens, un pour les Maronites. Les Arméniens dissidents ont leur patriarche d'Eckmiadzin (couvent célèbre près du mont Ararat) qui ne veut lui-même d'autre appellation que celle de calholicos; il y a d'ailleurs un patriarche catholique d'Arménie. Il y a, d'autre part, un patriarche copte d'Alexandrie et un patriarche jacobite d'Antioche. Le premier réside au Caire; le seconda Mossoul, après avoir longtemps habité Baghdad. Chacun des groupes de chrétiens grecs d'Anlioche, de Jérusalem et de Chypre a son patriarche particulier, élu et tout à fail indépendant.