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LE SCHISME DE GOA

ËQtre autres querelles de juridiction, il faut citer celle qui vient de prendre fin et que les historiens ont désij^née sous le nom un peu prétentieux de schisme de Goa, Le hreî Inter cœtera d'Alexandre VI, rendu en 1493, avait partagé t les Indes » entre l'Espagne et le Portuj^al; en conséquence, les Portugais à peine établis dans Tlnde y envoyèrent des prêtres, et surtout des jésuites, qui se livrèrent avec ardeur à laconversion des natifs et à la répression de Thérésie nestorienne. Le territoire de toute l'Inde fut, au point de vue religieux, partagé en quatre diocèses : l'archevêché de Goa^ au nord-ouest, et ses sulTragants les évêchés de Saint-Thomé ou Méliapour (propr. Mayilâppuram « village du paon ») au nord-est, de Cranganore (propr. Kodungâlûr t la ville au canal tordu >) à l'est, elde Cochin (propr. Kolchi € feu? ») au sud. Les rivalités entre les missionnaires européens et les prêtres réguliers locaux, les discussions entre les missionnaires eux-mêmes, laruinedela domination portugaise, l'arrivée dans l'Inde de colons des diverses nations de l'Europe amenèrent le pape à intervenir. Il organisa successivement, de 1659 à 1883, vingt vicariats apostoliques, dont l'administration était confiée à des évêques in parlibttSy et qui étaient ainsi soustraits à la juridiction des vieux sièges épiscopaux portugais : ces évêques et le clergé qu'ils gouvernent appartiennent aujourd'hui à diverses congrégations : jésuites français, missionnaires de la rue du Bar*, oblals de Marie^ salésiens d'Annecy y jésuites belges j jésuites allemands, caitnes et bénédictins italiens, missionnaires de Milan, missionnaires irlandais. Les prêtres de Goa résistèrent à l'invasion, mais, faibles, ignorants et accusés de dépravation et de corruption, ils durent finalement céder. Le pape vient de créer des prélats titulaires dans l'Inde : le vicaire apostolique de Pondichéry a reçu le titre d'archevêque de Pondichéry ; jusqu'à présent, ceux qui avaient occupé ce

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siège portaient des appellations parfois un peu singulières : ils étaient évoques de Drusipare, de Thermopyles, de Flaviopolis, etc.

Bien entendu, le clergé anglican et le clergé syriaqae cm leur organisation parallèle. Les premiers protestants qui arrivèrent dans l'iude y vinrent sous le même préteite qu'invoquaient les missionnaires romains, Tindignité du cleifé indigène formé par les Portugais et le préjudice qu'en recevait la religion. La première mission fut organisée parles Danois : le 29 novembre 1705 deux pasteurs de la confession d'Augsbourg, désignés au roi de Danemark Frédéric I? par rUniversité de Halle, Barthélémy Ziegenbalg (de Pulniti) et Henry Plutscliau (de Wesenberg), s'embarquaient i Copenhague; ils arrivèrent à Tranquebar le 9 juillet 1706. En 1714 ils y publièrent un Nouveau Testament en tamool; de 1726 à 1733 fut imprimée une Bible dans la mèipe langue; Ziegenbalg était mort en 1719.

Mais en même temps que le monachisme se développait dans le christianisme naissant, on continuait à y copier les vieilles institutions religieuses. Les évoques étaient élus par le peuple, comme jadis les flamines; ils portaient la mitre ou la tiare, coiffures des prêtres orientaux, et leur crosse n'est pas autre chose que le lituxis des augures. H y eut des diacresy des sous-diacres, das exorcistes, des acolytes, des leciexirs et des portiers, fonctions d'abord purement laï([ucs, qui répondaient assez au personnel des temples romains (néorores, aruspices, sarrificalours, hérauts); on a l'ait, d(4)uis, des quatre derniers, les ordres mifieurs du sacerdoce chrétien.

Les églises remplacèrent les temples et dans beaucoup d'endroits le même édifice passa tranquillement d'un culte à l'autre. Comme disait Grégoire le Grand à la fin du vr siècle, cela avait Tavantage de ne rien changer aux habitudes àe^

TEMPLES PAÏENS ET CHRÉTIENS. Até

gens; ce pape célèbre autorisa, en Angleterre, la célébration de la fête de la dédicace des églises et Fioslitution d*ijri grand nombre de fêtes de saints, pour pouvoir pennettrc au peuple de décorer de feuillage le fronton des temple* c-t de faire ses festins € religieux » accoutumés.

Les églises chrétiennes comprenaient quatre partie» di^ tinctes : lenarlhexoyx vestibule extérieur couvert, Valriuia ou aula^ cour intérieure découverte, le narlhex ou veftlîbub; intérieur et la nef (en grec vaog) toujourfs cou\erte; Vatih et les narthex portaient aussi le nom grec de T,ùvy//yj, poui ainsi dire pré-nef ^ vestibule. Au bout de la nef était nfut enceinte semi-circulaire, le P^aa ou liy/rÀv^^ réservé aux ministres du culte : au fond était la chaire de Xk\h\\ut qui faisait face au peuple et qui avait devant lui Taut^;!; devant l'autel se plaçaient les clercs et les chantres, autour et audessous de XamboUy chaire à deux escalier> bilatéraux, affectée spécialement aux lecteurs. Sur les côtés de Vf'ju'ftinU^ arrondie s'ouvraient les portes du Tré.sor Ujazophylacinm)^ de la chambre de service (diaconicum), et de Tappart'^ment résenré aux choses sacrées (secrelariumf sacristie;. I*ré>> d<; l'autel, on plaçait une pclile tabb; mobile destinée a recevoir pendant l'office le pain, le vin, les instruments et ustensiles sacrés, etc.

La décoration même des temples fut utilisée; on adopta beaucoup des pratiques païennes; on imita beaucoup de rites. Tertullien, Lactance, Grégoire de Nazianze qualifient de c païenne » la coutume (rallumer des flambeaux dans l'église en plein jour; païens aussi sont les costumes, h;s mitres, les tiares, la crosse épi>co[>ale qui est Tancien bâton des augures, Tautcl, les fleurs, le> mosaïques, les images et les statues*. On sait (|ue beaucoup de statues acturlleuicnl

1. Par un sentiment d'opposition aux habitudes païennes, les premiers cbré* tiens n'avaient ni images ni statues. Les premières croix datent du iv* siècle,

(SO SAr?iTS KT DIKllX.

tr^s vénéri^es do sont que d'nnciennes idoles païennes : Jupîlei est diîvenii saint Pierre et beaucoup d'Isis se soni nw^lamorphosées en Viei^cs (par L'xemple la Vierge noire de Chat^ 1res)'. On remplaça de même les fètcs anciennes par d'niilres: la Xoèl, l'Epiphanie, fêtes joyeuses, onl continué les satura nalcs (c'est à la Noël qu'on célébrait encori? an \t\' s\èr}v k fêle de Vâne ou la fêle des fom)*; la Circoncision a remplsflé la fête de Janus, aux nalcndes de janvier ; In PurificutiM la Vierge n'c^t pa^ aiitn' chose que le:^ nuciennes Laptf-

\u [iremitrci images <lu iv nu rlii v- cl 1ns prcnij^r^t iMw» du '

du Tl*.

1. Suivant ocrUii» arrhioloBiiei, la i;*l*lirc lUIiie At nainl* Anncd'Aiin) ne aertit qu'une Vt'^niia unailyamène.

t. On l'appelai! ansil la tHc Att Soit, ^e* /nnocruf», det Conarét m i Comardi : i Sen^, nu en n relrnuTé le niissul cl 1t^ formulatro. Oa élîtaH évAqiiH ou même un pape dei Foui, les prAlr«i diniaioat et ehuibiest ( cli*n«(ini obacèues liftns le cliiEur. Ici dJHcr» m«ii|i«aicnl dei boudini el M^ aaueUset sur l'aulcl, un melluit d«a» lei enci-niaira des mnri'.eaiix da i •avilea, etc. A vt^prai, on conduiiaîl un Ano fii> lutrin el en chaDlail la h

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