‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 189 sur 261 · U COMMUNION · texte numérisé non relu

U COMMUNION

pouvait mettre de la glace à rafraîchir. Les pains étaient petits, on les fractionnait en trois parties chez les Latins, en quatre chez les Grecs; puis on subdivisait chaque partie en petits morceaux.

La distribution était faite par les diacres et chacun communiait à son tour, par ordre de hiérarchie, l'évêque d'abord, puis les prêtres, puis les diacres, puis les fidèles. On passait sans doute dans les rangs pour remettre à chacun une parcelle du pain : les hommes la recevaient debout, dans la main droite nue croisée sur la main gauche (aussi leur recommandait-on de se laver les mains auparavant, comme le fait encore aujourd'hui le prêtre à la messe); les femmes se couvraient la main avec un linge blanc, linteolum dominicale. Puis on présentait la coupe, où chacun trempait ses lèvres. Pour des raisons faciles à deviner, cet usage céda vite la place à celui d'aspirer quelques gouttes du vin mystique à l'aide d'un chalumeau.

Les fidèles mangeaient sur place le pain qu'ils avaient reçu du diacre ; mais ils pouvaient aussi emporter, chez eux, du pain et du vin consacrés, qu'ils prenaient eux-mêmes, à leurs heures de prières ou peut-être qu'ils donnaient à d'autres. Il est certain que de bonne heure l'usage s'établit d'envoyer la communion aux absents, aux malades, aux reclus, par les diacres ou par des fidèles de bonne volonté.

* Contrairement au fait historique, l'usage, fondé sur le respect, s'établit de communier à jeun. Toutefois, en Egypte, on ne communiait que le soir, après le repas; en Franco même, on conserva longtemps l'habitude de communier

eux à Titurel, héros breton, qui bâtit un tomplo sur le mont SaUai (tnonx Salvationi^) et y établit une milieu pour la garde du vase sacré. A cette légende se rattachent celles de la Table Ronde, de Merlin, de Lancelot, de Tristan et Yseult, de Lohengrin, de Parsifal, etc.

W(l U IKH.TIîINt CArUOUQUE.

après avoir mangé, une fois par an, le Jeudi saial, pour mieux rappeler la cène de Jésus-Clirist.

Le pain sacré, ['hostie, avait, au iv* siècle, la forme roode ; il élait de petite dimension, fail avec soin et moulé, marqué probablement de dessina pieux, peut-être de la flgure d'un poisson. C'est vers le ix° siècle que dans l'Église latine se généralisa l'emploi du pain azyme, non levé, pour imiter plus ngoureusemenl la communion de la cène, où Jésus, célébrant la Pâque juive, ne pouvait, disait-OD, avoir rompu el distribué à ses disciples que du pain azyme.

Le vin devait être de bonne qualité; on le préféra de bonne heure rouge, pour miens figurer le sang du Christ; de bonne heure aussi, on le mélangea d'eau (froide chez les Latins, chaude chez les Grecs), mais en prenant la précaution de mettre moins d'eau que de vin dans le mélange. It parât I qu'au il' siècle, certains hérétiques qu'on a désignés sous le nom à'Aquariens, ne mettaient dans le calice que de l'eau, parce qu'ils regardaient le vin comme l'œuvre du mauvais principe.

Au XII* siècle, on ne donnait déjà plus le vin aux fidèles; on se contentait de tremper l'hostie dans le calice. Au xiii*, on supprima cette pratique et l'on réduisit la communion à une seule espèce. Les conciles de Constance, de fiâle et de Trente ont sanctionné cette réforme.

A l'origine on communiait à toutes les réunions; puis, i mesure que le caractère de la cérémonie changeait, on la rendit phis solennelle et on en espaça davantage l'accomplissement.

Anciennement, tout le monde communiait; mais nous voyons qu'au x* siècle, on n'admettait les enfants à la communion que lorsqu'ils étaient capables de réciter le Pater et le Credo. Le concile de Trente prescrivit de ne plus les faire participer au sacrement que lorsqu'ils auraient l'âge de rai-

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