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LA CONFESSION ET LES PÉNITENCES

son; cette majorité religieuse est ordinairement fixée à dix ou douze ans ; avant de faire leur première communion^ les enfants doivent justifier d'une instruction religieuse suffisante.

L'Église grecque a conservé l'usage de communier debout et sous lès deux espèces : on présente aux fidèles, dans une sorte de cuiller, le pain trempé dans le vin; on admet les enfants à la communion; on fait même communier les enfants à la mamelle : le prêtre, après le baptême, leur donne à sucer son doigt trempé dans le vin consacré.

H reste à parler du sacrement de pénitence. A l'origine, les pécheurs étaient obligés à des pénitences publiques qui duraient longtemps : vingt ans, pour un homicide volontaire; quinze pour l'adultère; quatre pour la fornication < simple ». Il y avait quatre sortes de pénitents : les pleurants ou humiliés qui se tenaient hors des portes de l'église; les écoutants ou auditeurs qui ne pouvaient entrer plus avant que le narthex ou vestibule intérieur; les prosternés ônpénitentSf qui, comme les catéchumènes, entraient dans la nef mais ne pouvaient dépasser Vambon; et les consistants, qui priaient debout avec les fidèles, mais ne pouvaient apporter aucune offrande à l'autel et ne participaient pas à la communion. Ainsi les fautes légères comportaient la simple segre* gatio, exclusion de l'offrande et du sacrement; les fautes graves pouvaient entraîner Texclusion des offices et des réunions; les crimes étaient légalement punis par l'exclusion complète, la radiation de la liste des fidèles.

La pénitence publique était souvent spontanée; le coupable d'ailleurs l'accomplissait sans confesser ses fautes. D'autres fois, on lui imposait une confession publique. Cet aveu solennel et à haute voix est même la seule confession primitive, Vexomologèsey basée sur deux passages du Nouveau Testament (Math., m, 6 et Marc,i, 5), où il est raconté

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que ceux qui embrassaient les doctrines de Jean-Baptiste confessaient leurs péchés avant d'être baptisés ; elle a été recommandée par saint Jean Ghrysostome, Basile, Grégoire de Nazianze, Tertullien, Augustin ; c'est environ au m* siècle que Tusage s'établit de la faire secrète : des docteurs disent même que la seule confession de pensées suffit.

Primitivement, Tévêque seul (et c'était le seul vrai prêtre) pou\Bii réconcilier le coupable. L^aveu auriculaire facilita U pénitence; il constituait une humiliation suffisante dans laplo* part des cas. On venait se confesser, quand on se sentait coupable, à l'époque des fêtes, avant de partir en voyage. Après Constantin, l'Église dut réglementer la confession et la ren-^ dit obligatoire une fois par an, le premier dimanche da carême, âu moyen âge, les évêques en vinrent même i exiger qu'on se confessât trois et quatre fois par année.

La confession et l'aveu des péchés, qui précédaient le baptême dans la secte de Jean-Baptiste (Mathieu, m, 6; Marc, I, 5), étaient complétés par des pratiques de pénitence privée, bonnes œuvres, aumônes, jeûnes plus ou moins sévères et plus ou moins prolongés. Au temps de Tertullien et d'Origène, on ne jeûnait qu'une fois par an, pendant les quarante jours qui précédaient la f(>te de Pâques. Quarante jours avaient été la durée des jeûnes de Moïse (Exode, xxxiv» 28), d'Élie (Rois, I. xix, 8) et de Jésus-Christ (Mathieu, IV, 2; Marc, i, 18; Luc, iv, 2-3). Celte quarantaine, quadragesima^ est devenue notre carême. L'abstinence prescrite était extrêmement rigoureuse : on ne pouvait rien prendre, pas môme de Teau, avant la neuvième heure, avant nonc (trois heures après midi); on ne faisait ces jours-là qu'un seul repas, composé de pain et de légumes. Ici, se présente la question, qui a soulevé bien des discussions, de la xérùphagie. Les Orientaux prétendaient qu'on ne pouvait rien manger de cuit les jours de jeûne et qu'on ne devait pi^endre

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