LES LITURGIES
que des aliments secs, fruits ou légumes ; et ils faisaient encore ainsi au xii* siècle. Dès le yii% les Latins avaient renoncé à la xérophagie; ils admirent même bientôt l'usage de manger du poisson et, par extension, des oiseaux aquatîcpies*. Il y a là une suite évidente des superstitions juives, de même que dans l'habitude où l'on était de ne pas jeûner le dimanche en Occident, le samedi et le dimanche en Orient : le maigre du vendredi est un reste de ces pratiques. On inventa plus tard le jeûne des vigiles (veille des grandes fêtes), des guaire-tempsy c'est-à-dire du commencement de chaque saison. Le maigre du samedi, en l'honneur de la sainte Vierge, fut ordonné, vers le milieu du xi* siècle, à l'occasion de la trêve de Dieu; cette prescription fui renouvelée en 1337 par un concile d'évèques provençaux.
La liturgie ou la manière de célébrer l'office divin a beaucoup varié, dans l'Église; chaque localité avait ses coutumes propres. Il y avait évidemment des prières communes, par exemple le Pater enseigné par Jésus lui-même (nous y reviendrons), mais ce n'est guère qu'au v* siècle qu'on songea à écrire un rituel, un formulaire de prières. En ce qui concerne l'office principal, la Messe^ par exemple, nous voyons qu'elle comprenait essentiellement partout la lecture de morceaux des deux Testaments, une instruction orale sur celte lecture, l'offrande des dons sacres, la préface ou exhortation pieuse, la prière pour les vivants et pour les morts, la consécration parles paroles de Jésus-Christ, l'adoration et lafractionde l'hostie, le baiser de paix, Foraison dominicale, la communion, l'action de grâces, la bénédiction du peuple.
L'Église romaine distingue cinq anciennes liturgies : celles de Rome, de Milan, de Gaule, d'Espagne ou des Moza-
1. n y a môme un oiseau dont certaines parties du corps sont maigres et d'autres grasses.