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LE SYMBOLE DES APOTRES

à la fin : « Seigneur et vivifiant, procédant du père {expatre)j qu'on doit adorer et glorifier avec le père et avec le fils, qui a parlé parles prophètes ; — Et une sainte Église catholique et apostolique ; — Nous confessons un baptême pour la rémission des péchés; — Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir t ; elle ajoute aussi, aux endroits indiqués par des chiffres les passages suivants : « (1)du ciel et de la terre, (2) avant tous les siècles, (4) des cieux,(5) de rEsprit-Saint,de la vierge Marie(6),aété crucifié sous Ponce-Pilate, (7) a été enseveli, (8) conformément à l'Écriture, (9) etsiège à la droite du pèred'où,(10) et dont le règne n'aura pas de fin » ; — et corrige : t (3) d'une même substance avec le père ». Les différences entre les deux textes marquent bien l'évolution progressive du dogme.

Mais, pour en revenir au Symbole des apôtres sous sa forme actuelle, il est à la fois indépendant de ces deux grandes professions de foi et inspiré par elles. Quant à son origine apostolique, rien n'est moins authentique, quoiqu'il y ait encore des naïfs qui attribuent sa rédaction aux douze disciples de Jésus dontchacun aurait, un certain jour, dans une assemblée spéciale, proféré solennellement un des douze articles de foi; mais on sait assez bien son histoire. 11 n'est en usage que dans les églises latines et dans les communautés chrétiennes qui s'en sont détachées au xvi* siècle ; les églises orientales ne le connaissent pas. Le credo n'apparaît qu'au ir ou au III* siècle ; c'est une profession de foi qu'on apprenait aux catéchumènes dans la huitaine qui précédait leur baptême et qu'ils devaient réciter avant la cérémonie : c'est une formule secrète sei'vant aux initiations religieuses. Au IIP et au IV siècle, elle était en usage à Alexandrie, à Antioche,àJérusalem, en Italie et en Afrique; puis en Orient où elle fut généralement remplacée par les symboles de Nicée et de Constantinople. Ce dernier fut seul usité en Espagne jus-

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qu'an xi» siècle où il céda la place au syrabolp vulgaire Hdoplé àéih dans loiite l'Église latine. La formule priiuitiie devait i^tre très simple : t Je rrnis au Père, au Fils et»ii Saint-Esprit t ; on ajouta hienlôl : « et à l'Église i ; puis on développa i'hacun des termes. Saint Augustin notamment ajouta « la vie éternrlle >, corrigea « la suinlf; Église ratlinlique I et rédigea la biographie de Jésus : < ofinçu rfu Saint'Rspril et né de la vierge Marie, ayant soiilTert sous Ponce-Pilate, crucifié, mort etcnterni *; on disait alors de Dieu le père qu'il était le i créateur des choses visibles el invisibles ». Une des dernières revisions eut lieu pn Afrique au milieu du m* siècle ; c'est alors qu'on rédigea « créateur du ciel et de la terre », et qu'on ajouta o est descendu aui enfers » et « la communion des saints »,

I,a langue relig'ieuse du christianisme fut primilivemenl le grec, car c'est par les chrétiens hellénisants que la religion nouvelle fil son chemin dans le monde; à Rome même, les priimiers chrétiens pliaient en prec et il reste dans les liturgies courantes, notamment dans l'ofTice du vendredi saint, des traces de ces vieilles habitudes. C'est en Afrique, c'est-à-dire dans sa partie septentrionale et occidentale, que le latin se substitua le plus rapidement au grec. Rn Egypte, il y avait, à côté de la liturgie grecque, la liturgie copie. Les Syriens priaient en leur langue et suivaient les rites de l'Église primitive de Jérusalem ; les Nestoriens répandirent ce formulaire jusqu'aux Indes où l'office se dit en syriaque chez les chrétiens de Saint-Thomas. Les Arméniens eurent aussi des rituels dans leur langue. On sait que toutes le; églises protestantes regardent comme un point essentiel l'usage liturgique de la langue parlée par le peuple qui est toujours ainsi i même de comprendre le sens des paroles

Jésus-Christ et ses disciples, et ceux qui l'entouraient de

LA LANGUE I>t JÉSUS-CHHIST. 477

leur aflection el de leur foi naïve, parlaient ce dialecte populaire qu'on connaît sous «le nom d'araméeu. Les écrivains évangéliques nous ont transmis le texte même de quelques-unes des paroles du jeune Nazaréen que tout le inonde appelait rabbi c maître » et que Marie-Madeleine, éperdue de joie et d'amour à le voir ressuscité, salue de la douce interjection : rabfront c mon maître ! » (Jean, xx, 16^). Nous n'avons malheureusement pas la Torme originale de la formule de la cène, mais nous savons que Jésus rendit l'ouïe et la parole à un sourd-muet en priant Dieuei en murmurant hephphatha c sois ouvert » (impératif du passif; Marc, vu, â4); nous apprenons qu'il ressuscita la fille de Jaîre en lui prenant la main et en lui disant talUUa qàmi < jeune flUe, lève-toi* » (Marc, v, 41); nous connaissons enfin le cri suprême d'angoisse et de doute qu'il jeta au moment de mourir sur le Golgotha : êl-i, êl-i (Mathieu, xxvii, 46), ou élôh-iy élôh-î (Marc, xv, 34), lâmmâh chebaqla-ni (Ibid.) : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné^ ? >

1. Tallemant des Kéaux nous apprend {Hisloriettes, éd. de 1861, t. X, p. 168} qu'il y avait, à Montmartre, un tableau représentant Jésus et la Madeleine : de la bouche de cette dernière sortait une banderole portant le mot rabhoni; aussi les bonnes femmes du pays disaient que le tableau représentait saint Rabonit ainsi nommé parce qu^ii r abonnit les maris, c'est-à-dire qu'il les rend bons.

2. Peut-être faudrait-il lire Tabitha, et y voir un nom propre. On ne saurait manquer en effet d'être frappé de la concordance de ce miracle avec celui de saint Pierre {Actes, IX, 36-4i). L'apôtre aurait ressuscité une pieuse chrétienne de Joppé, dont la dernière toilette était déjà faite, précisément en lui disant : c Tabitha, lève-toi !... » Tabitha (proprement Tebithà\ forme araméenne de l'hébreu Tsebiâh « gazelle ») était un nom vulgaire qu'on traduisait en grec par Dorcas,

3. Ces mots sont les premiers du psaume xxii, mais cliebaqta'^i appartient i la version chaldéenne; le texte hébreu porte *àl8ablâ-ni dont le sens est le même. Cette concordance du cri attribué à Jésus et du commencement d*un psaume serait de nature à faire douter de Tauthenticité du récit de Marc et de Mathieu ; pourtant, il peut y avoir là une simple coïncidence. 11 est très pus-

m LES l',HIIËTIEN:9 U'ORIF.M.

J'ai donné ci-dessus, accidentcltonteul, (luelqiios déUiU sur ha hnbiludi^s des chri^tiens d'Oiienl, qui se i-alloeli^at au chrislianismc grec; ils formeiiL aujourd'hui plusieon coinmunHUtés dislincles. Il y a d'abord ceux qu'on ft^i appeler les ortliodoxes (regardés comme schismatiqiics par k'H cHlholiques romain!') : Grecs de Turquie formant quatre communaulés, Grecs de Grèce, Russes; puis les hérésiarques nestoriens auxquels se rallacheat les vieux chrétiens, de l'Inde dils de Saint-Tlioinas; les cutychiens ou jacoltilM. y compris les coptes d'Egypte ; enlin les sectes piirore plul liélérodoies de l'Asie Mineure : maronites, chrétiens de Saini- .Ican, Arméniens, etc.

L'hisloire de l'Église grecque ou phitdt de sa séparatioi d'avcr l'Ëglise latine a été esquissée dans les pages précédentes. Il y a eu, dès le iv° siècle, une perpétuelle rivaUli entre Borne, la vieilli? capitale de l'empire, et Constantinopl«, la nouvelle. Rome avuil, sans conteste, la prédominaoce en Occident; en Orient, Constanlinople l'acquit très vile, pour drs causes purement tempoi'fîlos •■{ i■.\••\\•■\\^^^u^ mjdicabli!*, sur les métropoles plus anciennes d'Anlioche, d'Alexandrie et de Jérusalem. Le patriarche de Constantinople devint, pour ainsi dire, par la seule force des choses, le rival da pape de Rome. Deux lois de Théodose II, en 411, elles canons ix, xvii et xxviiidu concile de Chalcédoine (451) confirmèrent la suprématie en Orient des métropolitains de Byzance. Malgré les protestations du pape, le patriarche Acacius nomma et consacra, avec l'appui du pouvoir temporel, des évoques et des patriarches ; en 583, Jean le Jeû-

iible que l« cri de tétat lit été entendu par les pieuies GalilieoDes qu inl •saisie i ion gupplice. Ce qui ferait croire i la véracité des narrateurs, e'«!l qu'ils ajoutent que les spectateurs crurent que JJaus appelait Ëlia ; or, cet spectateurs itaient des soldat* rontaiiiiqui ne parlaient pas raraméeu, mtii qui connaiasaient le nom, vulgaire dans le pajs, d'Élie {êtiyâh).

LE SCHISMK D'ORIENT. * 479

neur prit môme le titre de patriarche œcuménique, ce qui amena par réaction le pape Grégoire le Grand à s'appeler modestement le serviteur des serviteurs de Dieu. Mais les papes ne purent imposer leur autorité aux évoques orientaux. Ils intervinrent assez maladroitement dans Tintronisalion de Photius, substitué en 857 à Ignace, pasteur légitime, qui-avait publiquement condamné la conduite scandaleuse de Bardas, oncle de l'empereur Michel II, coupable d'inceste, d'adultère, et d'autres crimes. Photius, homme d'ailleurs instruit et vertueux, de laïque devint patriarche en six jours : le premier on le fit moine, le second lecteur, le troisième sous-diacre, le quatrième diacre, le cinquième prêtre et le sixième évêque. Le pape Nicolas P' provoqua la réunion d'un concile en 861, à Conslantinople, où Ignace fut excommunié et Photius reconnu et approuvé. Puis le pape se ravisa, convoqua à Rome un autre concile où Photius fut condamné et déposé; Photius, à son tour, excommunia solennellement l'évoque de Rome. En 867, l'empereur Basile le destitua d'ailleurs pour rétablir Ignace et convoqua le concile de 869 qui se prononça contre Photius. Ignace mourut en 878 et Photius remonta sur son siège : le pape Jean VIII, qui avait eu des démêlés avec Ignace à propos de la Bulgarie *, reconnut et confirma Photius qu'il excommunia pourtant peu d'années après. Photius, à son tour, accusa le pape d'être hérétique, en admettant que le Saint-Esprit procède du fils autant que du père. Mais le successeur de Basile déposa de nouveau Photius, et, dès lors, on put croire renoués les liens des deux Églises. Pourtant, en 998, Sergius excommunia les papes comme hérétiques. Le schisme éclata définitivement en 1054, sous le patriarcat de Michel Cérulaire; en 1043, il

1. EUe venait d'être convertie au christianisme; le pape et le patriarche prétendaient Tun et Tautre la rattacher au territoire directement soumis A leur autorité.

tm ItOCTRlKES lits LHKÊnESi IluKlENl.

iivait publié une encyclique toiilre Rome, blâiuant l'I^g^lise occidentale du cruirc à la double procession du Sainl-Ë»pril el du se senir puui' la communion de pain azyme : le p^ Léon IX envoya à ConslauLinople des légats qui prouoQcèrent l'aaallième couLre Miclin-l Cérulaire el déposeront lAte d'excommunication sur l'aulcl do Sainle-Sophie, ie tijuA- Ici 1054. Durant l'empire latin éphémère d'Orient tlAlt- 1261), il y eut ik Coiislanlinople un paLriarcUti FOiiuio, mais son autorité i'ul tout k Tait restreinte cl l'Église orientale continua à obéir au patriarciii; ^rec qui avait Irauâporli sa i-éfiidenci: à Nicée. Il y eul, depuis, plusieurs tenta liv«.-!i pimr la réunion des deux Églises : elli; fui môme proclamées concile de Florence le i juillet 14â0 ; muis c l'acte d'unïua • ne l'ut jamais publié ni exécuté en Orient. La prise de Cods> lunlinople empêcha d'ailleurs toule nouvelle démarche; 3 était de l'intérél des musulmans de ne pas voir leurs sujet» chrélieus soumis à une juridiction étrangère.

Les Russes, coiiverlis au \' siècle, relevaient de Conslaftlinople; le métropolitain de KieET ayant adhéré au concile de Florence et proclamé l'union, le Isar Iransfi-ra la primauté au sièpe de Moscou et en même lemps proclama, en 1<W7, l'indépendance du patriarche de la Russie, i ndépcndance que viol rendre complète la chute de l'empire bvianlin. Eu 1707, Pierre le Grand supprima le patriarcat dont il s'attribua les pouvoirs, mais avec l'assistance d'un synode dirigeant, rotOr posé d'un collège d'évèques. Une organisation analogue fui établie en Grèce, après 1830 : le roi est censé le chef suprême de la religion, et il a auprès de lui un synode de cinq ' membres qui se réunissent à Athènes.

Au point de vue des doctrines et des pratiques, il y a un accord â peu près complet entre ces Églises. Elles dilTérenl du catholicisme romain, en ce qu'elles déclarent : t* que le Saint-Esprit procède seulement du père el non du fils; 2" qu'il

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