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CHRÉTIENS RUSSES ET GRECS

l'y a point de purgatoire; 3° que les âmes des bons et des néchants ne seront définitivement récompensées ou damnées ]u'après le jugement dernier; i^ que la communion doit iti*e donnée sous les deux espèces; 5** qu'il faut y employer lu pain levé; G"" qu'un prêtre peut être marié au moment le son ordination, mais qu'il ne peut pas se marier après ; 7* qu'on peut vénérer des images peintes ou dessinées, mais non des statues ou des figures sculptées; 8* que le pape n'a lucune suprématie en Orient. De plus, elles ne regardent, M)mme nécessaires au salul ni l'extrème-onction, ni laconlir* (nation; elles défendent les quatrièmes mariages; elles condamnent le jeûne et le maigre du samedi; elles observent ({ualre carêmes par an : celui de l'avent, quarante jours; :elui de Pâques, le même qu'en Occident; celui des apôtres, iepuis la Pentecôte jusqu'à la Saint-Pierre (29 juin), et ^lui de l'Assomption, du 1*' au 15 août : les carêmes de ravent et des apôtres sont moins austères que les deux mires. Les Grecs, dont les prières sont très longues, ont, dans le courant de l'année beaucoup plus de jours de jeûne que les catholiques : ces jours-là ils ne font qu'un seul repas et le mangent que des légumes cuits à l'eau. Les Russes l'admettent à l'ordination que des hommes mariés, mais m pope devenu veuf ne saurait se remarier; les Russes, le plus, permettent le divorce, interdit en Grèce et en Turjuie. Les prêtres de la Grèce sont également mariés. Le clergé régulier oriental, dit clergé noir, est organisé comme ^lui de l'Occident : les postulants, admis au noviciat, ont la ^le rasée ; le noviciat dure trois ans, après lesquels on est idmisà la profession. Les religieux ne mangent jamais de riande et jeûnent trois jours par semaine, les lundi, mercredi ît vendredi; ils récitent tous les offices depuis les matines, i minuit, jusqu'aux complies, après le coucher du soleil. On (ait que l'Église orientale vénère la sainte Vierge sous le

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i«e l'.ALKNimiKH JULIKN. — HÉRÉTIQUES RUSSES.

nom de Panagia c la toute sainte » ; parmi les grandes fêtes qui lui sont spéciales, on peut signaler celles des saints suivants : Dimitri en octobre, Spiridion et Ignace en décembre, Biaise en Tévrier, les quarante martyrs en mars, Georges ea avril, Jean le Théologien et (k>nstantin en mai, Élie eo juillet.

On sait que les Grecs et les Russes suivent encore le cakiidrier j^Uien^ et n'ont pas adopté la réforme da pape Gié* goire XIII qui a consisté à appeler c vendredi 15 octobre t le lendemain du jeudi 4 octobre 1582 ; en France, la correction fut faite deux mois plus lard : par lettres patentes de Henri IH, le lendemain du 9 décembre 1582 dut être cbiffré 90 décembre. Le calendrier julien est aujourd'hui en retard de douze jours sur Tannée grégorienne; notre 1*' janvier y correspond au 20 décembre.

Le christianisme d'Orient a, comme celui d'Occident, donné naissance h de nombreuses sectes. En Russie, par exemple, on en compte près d'une trentaine, qui ont ponr cause originelle soit une opposition à la réforme des vieilles liturgies et à la revision de rÉcriturc sainte ordonnée en 165i par le patriarche Nicon, soit le refus d'admettre la suprématie du tsar ordonnée par Pierre le Grand. Ces sectaires, appelés en général raskolnik t hérétiques », regardent le tsar Pierre comme un véritable antéchrist; les uns n'ont pas de pnHres, les antres réordonnent ceux qui viennent se joindre à eux, d'autres no parlent jamais, d'autres se nourrissent exclusivement de laitage, d'autres pratiquent le repos du sabbat, d'autres ont adopté une partie des croyances et des observances juives. Les staroverlzi « hommes de l'ancienne foi * répèlent deux fois, et non trois, Valleluia pendant le temps pascal; ils font le signe de la croix avec troi? doigts, mais ces trois doigts sont le pouce, l'annulaire et le petit doigt; ils rejettent la revision des livres sacrés, etc.

ARMÉNIENS, <:HRftTIENS DE SAINT-THOMAS. i8:«

Par un esprit de réaction et de conservatisme excessif, beaucoup de ces sectes sont tombées dans le mysticisme le plus absolu et d'aberration en aberration ont produit leiskoplzi, khlisti et autres sectes d'illuminés dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

Les Arméniens, convertis au christianisme à ce qu'ils prétendent par les apôtres saint Barthélémy et saint Jude, ont embrassé les doctrines d'Eutychès. Ils ne reconnaissent en Jésus-Christ qu'une seule nature, la divine, qui a absorbé la nature humaine et ils n'admettent pas que le Saint-Esprit procède du fils; ils ne reconnaissent le baptême comme valable que s'il a été conféré par un prAlre; ils donnent la communion aux enfants en bas âge et communient sous les deux espèces : l'hostie, faite de pain azyme, est trempée dans le calice et partagée à la main en morceaux entre les fidèles grands et petits; ils ne croient pas au purgatoire; ils font maigre le mercredi et le vendredi, excepté les vendredis entre Pâques et l'Ascension ; ils observent les quatre carêmes des Grecs; leurs prêtres sont mariés, mais ne peuvent se remarier s'ils deviennent veufs ; ils ne permettent d'ailleurs aux veufs d'épouser que des veuves, et réciproquement; ils ne donnent l'extrême-onction qu'aux prêtres. Quelques Arméniens furent convertis au ciitholicisme romain en 1522 par le dominicain dom Barthélémy de Bologne.

Les vieux chrétiens do l'Inde, dits chrétiens de Saint- Thomas, prétendent descendre des Indiens convertis par saint Thomas, l'apôtre célèbre par son incrédulité, qui aurait souffert le martyre sur un rocher de la côte Goromandel, au sud de Madras, près de la ville de Méliapour que les Portugais appelèrent pour ce motif San-Thomé. Une autre légende, moins inadmissible, rapporte cette conversion à un certain Mar Thomas Gannaneo, envoyé au iv* siècle par le patriarche d'Antioche pour évangéliscr l'Orient. Quoi

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qu'il en soit, la présenci: sur \a l'ôte occidentale de l'Iiidr (Je (:lii'(''licns syriens est conslali-e par lies documents n langue tamoule qui remontent au viir ou au n* siècle Je notre Ère. Ces cliréticns syriens étaient, f|iiaiil à leurs croyances, neslorions; en 1502, les Portugais en compUii'Ui deux cent mille, divisés en quinze cents «glîses, sous le gouvernement d'un évoque qui résidait A AngamaU-,

Les jésuites ne pouvaient laisser en paix ces « hépèliqua ■■ Dès 1508, l'évèque Mai Joseph fut cité à Itomt;; il eut II laibtesse de s'y rendre. Ses ouailles demandèrent immôlî»tement un autre évèque au patriarche de Babylone t|ui envoya un certain Mar Abraham ; de sorte que, lorsqu-' Josepli, ayant l'ait sa soumission, revint au Malabar, la communauté chrétienne se divisa. Nouveaux efforts des catlwliques. Au concile de Goa (1578), Abraham parait se soumettre ; mais arriva de Babylone un nouvel évêque nestorien, Mar Simon, qui ranima tous les mécontentements; ce dernier fut d'iiilli'urs pris pur les Portugais et mourut dans les prisons de l'inquisition de Lisbonne.

Abraham mourut aussi, en 1597; son archidiacre George lui succéda provisoirement. L'archevêque de Goa, le terrible Alexis de Menezes, le confirma, en lui adjoignant deux jésuites; mats l'habile archidiacre sut échapper au joug ri reconquérir son indépendance. Fureur de Menezes, qui en appelle au bras séculier : le râdjfl de Travancore prend parti [>our l'Européen et Georges Hnit par se soumettre sa fameux concile de Diamper(3!0 juin 1599) : il déclara anath^ matiser Ncstorius, admettre le titre de mère de Dieu dooné à la vierge Marie, accepter la suprématie de Kome etcciiede l'archevêque de Goa, consentir à la confirmation, et I^e^ mettre l'expurgation cl la correction des livres religieux : le i'arouche Menezes brûla lui-même tous les exemplaires qu'il put KO procurer de vingt et un ouvrages. Le siège épiscoptl

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