CHRÉTIENS DE L INDE
fut transféré à Cranganore et un Portugais fut appelé à l'occuper.
La soumission était plus apparente que réelle; elle ne fut pas générale en tout cas. En 1653, des dissidents, renonçant à la juridiction de Tévêque de Cranganore, firent demander un évêque de leur confession au patriarche copte du Caire; celui-ci envoya un nommé Ahatalla qui alla se faire confirmer par le métropolitain de Mossoul et put arriver, sous le costume d'un mendiant, à Surate; il passa de là à Méliapour. Livré aux Portugais, il fut remis à l'Inquisition de Goa qui le fit périr sur le bûcher.
L'invasion hollandaise arrêta les progrès des jésuites. L* évêque de Cranganore, et plus tard le vicaire apostolique de Vérapoli, n'eurent plus sous leur dépendance que quarantecinq églises syriaques ; les autres reconnaissaient pour pasteur légitime Thomas, consacré par le patriarche de Jérusalem en 1665, et avaient adopté la liturgie jacobite. Les anglicans essayèrent de fusionner avec eux; il y a quelque cinquante ans, le collège de Cottayam comptait, parmi ses professeurs, deux missionnaires anglais, deux chrétiens de Saint-Thomas, deux Indiens païens et un juif; le collège était placé sous la direction du métropolitain syriaque. Mais en 1836, les chrétiens dont il s'agit rompirent toute relation avec l'Église anglicane.
En 1850, on comptait encore cent seize mille quatre cent quatre-vingt-trois chrétiens syriens dans l'Inde*. Leur évêque, assisté de son archidiacre, le- ramftan, continue à les gouverner souverainement; il porte une robe de soie pourpre; leurs prêtres sont mariés. Dans leurs églises, où un voile est suspendu entre la nef et le chœur, les hommes et les femmes
1. Ils y sont désignés sous le nom do nazaréens, nasarénimdppiWei ; le mo mâppiWei s*npplique aiiss aux juifs el aux niusulnian!«: yûdamâp., i'ônagamàp.
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sont séparés : les premiers prennent généralement place k Torient, et les femmes à roccident. Ils communient sous le» deux espèces; on leur donne séparément le pain et le ?in:le vin leur est versé dans la bouche par Tofficiant qui , i cet effet, leur relève la tète en arrière.
Les sabiens ou chrétiens de Saint-Jean^ qu'on rencontre dans la Mésopotamie et dans la Ghaldée , baptisent les catéchumènes, le dimanche seulement, dans les cours d'eau Bâtards; ils croient que Dieu a un corps, que Jésus*Ghrist êA son âme; on prétend qu'ils regardent l'ange Gabriel comme soa flis : ils attribuent d'ailleurs des corps et un sexe aux anges et aux démons. Suivant eux, lorsque, après la mort, les âmes des hommes se rendent dans l'autre monde, elles ont i traverser un certain passage où tes attendent des animaux féroces qui laissent aller les bonnes et dévorent les mauvaises. Ils regardent le chien comme im animal impur. Ils ont en horreur la couleur verte (qui est celle des mabométans) et même la bleue. Ils célèbrent Teucharistie avec des hosties faites d'une pâte composée de farine, de vin et d'huile. Ils sont polygames. 11 y a parmi eux plusieurs sectes dont la principale 3St celle des Mandayé, Mendéens ou Mendaïlesj qui croient à deux principes éternels, indépendants, spontanés, bons tous les deux, desquels se produisirent par émanation des génies ou principes secondaires. La coopération de deux génies, mâle et femelle, amena la création; le mal eut pour origine une révolte de quelques génies. Ils onl une vénération singulière pour la croix, dont les quatre hm figurent les quatre parties du monde; la vraie croix, disentils, était originellement placée dans le soleil qui lire d'elle tout son éclat.
Sur la côte septentrionale de la Syrie, on trouve, au nombre de cent cinquante mille environ, les petits-chrétiensy nosaïris ou ansariehSy dont la religion est un mélange de
PETIT§-CHRÉTlEi\S, MARONITES. 187
sabéïsme et de chrisUauisme. Ils se disent maliométans; ils pratiquent la circoncision, observent les ablutions et les jeûnes, mais leur culte est tout particulier. On prétend qu'ils croient à un Diçu en cinq personnes. Ils vénèrent les arbres, ainsi que le soleil et la lune, princes des étoiles. A leurs yeux, la femme est un être immonde qui ne saurait avoir le droit de prier.
l^s Maronites f qui habitent le versant occidental du Liban et qui ont une colonie à Chypre, tirent leur nom d'un saint ermite, Maron, qui convertit les Druzes au christianisme, vers le vu* siècle de notre ère. Ils étaient monolliélites et nestoriens, mais en 1182 ils adoptèrent les doctrines romaines; puis ils se rangèrent à la discipline de Constantinople pour revenir à la foi catholique en 1515 sous Léon X. Ils ont conservé toutefois les cérémonies de l'Église grecque: ils communient sous les deux espèces et observent les quatre carêmes; ils ont une liturgie écrite en syriaque, langue incomprise du peuple qui parle arabe. Leurs prêtres peuvent se ma- . rier, mais une seule fois. Les prêtres élisent les évoques qui élisent à leur tour le patriarche dont Antioche est la réîjidence nominale. Le clergé, tout-puissant, possède à peu près le quart du pays oii Ton compte environ deux cents couvents d'hommes et de femmes, ordinaireni(»nt réunis deux par deux.
Dans la région au sud et à l'ouest do. Damas, on trouve les MelchileSy c'est-à-dire les partisans des opinions de l'empereur (béb. mélék < roi >) adoptées par le consile de Chalcédoine. Leur chef religieux, qui habite Damas, prend le litre a^sez peu modeste de « patriarche d'Antioche, Alexandrie et Jérusalem ».
Les Yezidis du Kurdistan seraient musulmans, si l'on s'en rapportait à Tétymologie de leur nom qui rappelle celui du meurtrier d'Ali, mais leur religion est au fond toute naturaliste; le dieu qu'ils adorent est représenté sous la
U8 ^EZIDIS, NKSTOItlO».
forme d'un ânon à télé de coq; le melek (roi), taons fpamj est le seigneur de la vie et de la lumière, el il a pour premier ministre la i)lanêle Vénus, l'étoile du malin, l'aslr» Lucifer, Satan, Sous celui-ci, il y a sept arclianges : Gabrid,' Michel, Raphaël, Azraêl, Dedi-aël, Azrapliel ei Chemkil. II! reconnaissent comme ries prophètes sacrés Moïse, Jésus- Christ et Mahomel; Jésus-ChrisL reviendra sur la terre avec rimâm Mélidi. Ils baptisent et font circoncire leurs enraots; ils sont iiionoganies et n'admettent le divorce qu'en cas d'adultère. L'une de leurs pratiqnes religieuses les phis importantes consiste à se Jeter à plat ventre et à baiser suri» terre le premier rayon du soleil levant.
Il existe encore des nestoriem aux environs de MosïOiil; on en (Watue le nombre à deux cent mille ; c'est à eux que « rattîichent les colonies « syriaques » de la Chine, de la Tartarie et de l'Inde. J>es « nestoriens de l'inde » ou « chrétiens do Saint-Thomas » sont arrivés dans ta grande péninsule, entre le vm* et le xii* siècle de notre ère. Peut-êl re y sont-ils venus, comme les l'nrsi-^. pour l'uir la pcrséi uiion religieuse après l'invasion de la Mésopotamie par les musulmans.
Le christianisme occidental comprend, d'une part, le catholicisme romain et les quelques sectes qui s'en sont déUe chées depuis la réforme ; de l'autre, les trois grands groupes des protestants d'Allemagne, d'Angleterre et de France.
Sous le nom de protestantisme allemand, nous étudierons ici toutes les sectes religieuses qui se rattachent au christianisme occidental, et qui étendent leur domaine dans toute l'Europe à droite du Rhin. On sait que le nom de protesUnIs convient surtout et uniquement aux luthériens d'Allemagne, depuis la protestation signée contre les décrets de la diète de Spire (1529) par l'électeur de Saxe et d'autres députés. On sait aussi comment Martin Luther, moine augustin, fils d*un ouvrier mineur(néà Eisleben, en Saxe, le 10 novembre