U RÉFORME EN EUROPE
cueillies eUrdemmentprôchées vers 1523 par le carme Forh tana, par Jean Beccaria, par Taugustin Gilles de Parla, pir Antoine Brucioli qui publia en 1532, à Venise, sa traducUoi de la Bible en italien; la duchesse Renée deFerrareprolégei et encouragea les novateurs qui furent impitoyablement pom^ suivis et massacrés à Ferrare, à Venise, i Milan, i Goine d dans le royaume de Naples. En Espagne, grftce aux rdi* tions entre la péninsule et les Pays*Bas, patrimoine palend de Charles-Quint, les écrits de Luther et de ses partiim se répandirent vers 1526 et provoquèrent de nombreuses adhésions : lespremiersréformateurs espagnols furent Jeu d'Avila, Alphonse Yirves, Yaldes, Jean Gil, Yargas, Constantin La Fuente ; la première traduction du Nouveau Testament en espagnol par François Dryander fut imprimée i Anvers en 1 543 : Dryander (dont le vrai nom éiaii Eichmann), y traduisait son nom par de Enzifuis ; la traduction de b Bible entière par Cassiodoro Reyna (retouchée depuis par Cypriano de Yalcra) parut à Bàle en 1569. Les autodafés de Valladolid et de Sévillc eurent raison des réformés espagnols. L'inquisition sévit aussi cruellement dans les Pays-Bas, oùEich, VoesetZulphen prêchaient les nouvelles doclrineset où l'Anglais Tyndale fut arrêté (en 1536, il fut étranglé à Vilvorde, près Bruxelles). La Pologne eut ses réformés dès 15!20.
Les Anglais n'aiment pas et n'ont jamais aimé à être traités de « protestants > ; ils préfèrent Tappellation de c réformés ». Je n'ai pas à raconter ici les démêlés de Henri VIII avec Rome, cause déterminante de la réforme anglaise ; Henri Ylll, qui se piquait d'être un bon théologien et un excellent catholique, qui avait reçu, en 1531, du pape Léon X le titre de défenseur de la foi qu'ont porté depuis lui tous les souverains de l'Angleterre, qui persécutait vivement et mettait impitoyablement à mort les hérétiques,
L'A.NGLICAMSMb. W7
s'est trouvé être l'instrument d'une idée qui aurait, tôt ou lardy fait son chemin sans lui. Les écrits de Luther et des autres réformateurs, introduits en Angleterre, apportèrent un nouvel élément d'agitation. Henri VIIl était très papiste, et quand il rompit avec le pape, ce fut seulement pour se substituer à lui : il fit mourir More pour être demeuré partisan du pape, Bilney et Frilh pour être devenus protestants. La cupidité l'amena à supprimer les couvents, mesure éminemment bonne et très propre à favoriser les progrès de la réforme. En 1539, il voulut uniformiser les doctrines et établir un formulaire religieux; avec le concours de l'épi»eopat et du parlement, il publia les six arliclcs où étaient affirmés la présence réelle , la nécessité du célibat des prêtres et du vœu de chasteté, l'utililé des cérémonies de la messe, le caractère sacramenlaire de la confession auriculaire. Mais l'idée progressait; l'archevêque Cranmer, Tyadale, Frith, Barnes furent les plus célèbres propagateurs de la réforme. Appelée au trône par le parti romain, Marie, fille de Calherined'Aragon,iilexéculer l'infortunée JaneGrey, fit brûler Cranmer et les trois évoques protestants llooper, Ridley et Lalimer, et restaura le papisme (1551;; mais l'avènement d'Elisabeth assura le triomphe des idées nouvelles. La première session du parlement britannique (1560) vota la loi de suprématie qui déclarait la reine chef de l'Eglise aussi bien que de l'Étal, et la loi d'uniformité qui rendait obligatoire Tusage du rituel liturgique anglican , calqué d'ailleurs, à peu de choses près, sur le rituel romain. La plupart des curés, sauf quatre-vingts, prêtèrent le serment de suprématie el de conformité; tous les évoques, sauf un seul, refusèrent au contraire le serment, ainsi qu'un grand nombre de doyens et de chanoines : ils furent remplacés par des partisans du nouvel ordre de choses.
La doctrine de l'Église anglicane est exposée dans <i les
viNSON. — Relijçions actuelles. 3i
Irente-neuf arlii'les s anèl es pnr l'assemblée des évêqnesi archeTêques iJo Grande-rtretag^ie et d'Ecosse, i-éunis à Loi* dres, et conlinnés par les membres ecclésiastiques du PJ^ lemeDl en IT*?!, avec le coasentcmeut de la reine Ëlisabetli. Cestrente-nL-urarlirles peuvent être résumés ainsi qa'ilsiiU 1' Il n'y a qu'un seul Dieu en trois personnes tout A fait égales ; 2* la seconde personne divine, le Verbe du père, a été iacamédansle scinde Inbienheureuse Vierge, a réuni en lui, Christ, les deux natures divine et liumaine, a souffert, a été crucifié, est Jiiorlela été enseveli* pour réconcilier son père avec nous et Hie un sacriQce, non seulement pour le pécW originel, mais aussi pour les péchés actuels des hommes ►; S" Christ est descendu, après sa mort, en enfer ; 4" Christ esl ressuscité en cliarr cl en os, et est monté au ciel où il demearera jusqu'à ce qu'il revienne juger les hommes au dernier jour; 5° le Saint-Esprit, procédant du père et du fils, ne forme avec eux qu'un seul Dieu; 6" la sainte Kcriluic (Ancien et Nouveau Testament) contient tout ce qui est nécessaire pour le salut ; 7° l'Ancien Testament n'est en aucune façon lonlraire au Nouveau; 8° les trois symboles de Nicée, d'Alhanase et celui dit des Apùlres doivent ttrt admis comiiTe véritables ; 9" le péché originel ne gît pas seulement, lomme renseignèrent les pélagiens, dans l'imitation d'Adam, mais c'est Ja faute el ta coiruptiou de It nature de chaque homme qui est naturellement engendrée dans la poslérilé d'Adam ; 10" notre libre arbitre esl tel que nous ne pouvons faire le bien sans la grâce de Dieu par Christ; 11° la justification de l'homme n'est acquise qoe par les mérites de Jésus-Christ et non par les œuvreJ, c'est-à-dire que nous pouvons l'obtenir seulement par lafoi; 12» les bonnes œuvres, bien que ne pouvant effacer nos pêches, sont agréables à Dieu et sont comme les fruits qui Pwt reconnaître un bon arbre; 13' les œuvresfaîtes avant lagrâce
LES TRENTK-XKUF AKTICLKS. VJl)
et la foi ne sont pas agréables à Dieu ; 14" les œuvres surerogatoires sont blâmables, comme impliquant une prétention impie; 15° Christ seul est né et a vécu sans péché; 16* on peut pécher après le baptême, et le péché est toujours pardonnable; 17° Dieu a de toute éternité choisi et prédestiné ses élus en Christ; 18° c'est seulement par le nom de Jésus que le salut éternel peut être obtenu; 19° TÉglise de Christ est une réunion d'hommes où est préchée la pure parole de Dieu et où les sacrements sont conrérés suivant l'ordonnance même de Jésus : en conséquence, l'Église de Rome a erré, ainsi que celles de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie ; 20* l'Église a le pouvoir de décréter les rites et les cérémonies et a autorité en matière de tbi, mais elle ne peut rien ordonner de contraire à l'Écriture; 2tMes décisions des conciles, qui ne peuvent être réunis sans l'autorisation des princes, ne sont valables que lorsqu'elles sont conformes à l'esprit et à la parole de Dieu ; 22*' la doctrine romaine du Purgatoire, du pardon, du culte des images et des reliques, n'est qu'une vainc aberration, contraire à la parole de Dieu; 2:i° l'Église ne peut être administrée que par des hommes choisis par les autorités constituées de l'Eglise; 24* l'usage d'une lan^^ue que le peuple ne comprend pas est contraire à la parole de Dieu et à la pratique de l'Église primitive; 25° il n'y a proprement que deux sacrements institués par Jésus-Christ, le baptême et la cène ; les autres prétendus sacrements sont des inventions de sectaires ou de simples étals de vie ; 26" l'indignité des ministres n'entache point l'effet des sacrements; 27° le baptême est surtout un signe de régénération et il est bon d'y admettre les jeunes enfants; 28° la cène ou communion est une marque de l'amour réciproque des chrétiens les uns pour les autres; c'est aussi la commémoration de notre salut par la mort de Christ dont nous mangeons et buvons alors spirituelle-
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menl, parla foi, le froi|)s ei le sang, ««ns qu'il y sil aucune transsubstantiation, n- qui serait contraire au simple Ffilf de ri^riture ; 29'lcs iiii>lianl« on les «Pn^i sans loi qiii participent à la cène n*' ic fon\ qiu' pour leur condnmnalioa; 80* la communion doit ôlre donnée au peuple sous les deiu espèces; 31' Christ sVsl oITerl une fois en sacrifice pour \p salut des hommes et i-ii\[c fois ii surQ pour jamais : direi)Qf le prêtre, à la nwsse, rofTre en sacrifice pour le salul des pécheurs, pour les moris ou les malades, est donc une impiété grossière; Si" la loi de Dieu n'a point interdit le mariage aux évèqurs, aux prèlres et aux diacres ; .^.1" relui qui est excommunit' par rÉ[;lise doit être traité comme iin païen et un publicain jusqu'à sa réconciliation ; 3V les Ira* ditions, les cérémonies et les rites peuvent varier dans chaque église, tant qu'elles ne sont pas contraires â la parole ite Dieu, mais celui qui s'y dérobe de son propre jugement est blflmabte de troubler l'ordre établi ; 35° au premier livre d'homélies publié sous Edouard VI (15i7-1553). il convient d'enjoindre un second (Joui la inuipo«ilion est àétailléc); 36° In consécration des évèques et des ministres aura lieu suivant le formulaire décrit du temps d'Edouard Vi; 37* la reine d'Anplclene est maiti'esse dans son royaume, pour ce qui regarde le spirituel et le temporel, comme r'esl le droit accordé h tous les princes par Dieu; l'évêque de Rome n'a aucune juridiction sur le Royaume-Uni; les cliréliens floivent prendre les armes au commandement do^ magistrats civils : 38° la communnulé des biens temporels n'existe pas entre tes chrétiens, mais les riches doivent secourir les pauvres par des aumônes ; Sf*" la loi chrétienne ne défend pas de jurer, devant les magistrats, dans l'intérêt de la vérité et de la justice.
Ainsi l'Église anglicane a gardé la hiérarchie et presque tout le formalisme rninain. Beaucoup de chrétiens en furent