‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 216 sur 261 · LIVRES DES SALUTISTES · texte numérisé non relu

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choléra, christianisme), des statistiques, des histoires édifiantes.

Il y a le recueil des chants de V armée du salut dont la propriété est c réservée », petit volume de 98 pages, in-18, imprimé chez Cerf à Versailles (prix : 20 centimes) : on y trouve cent quarante-trois cantiques en vers bravant hardiment toutes les règles de la prosodie française, et dans un langage qui rappelle bien plus l'anglais que le français :

Cbantoos ! chantons ! mon rédempteur.

Mon Sauveur et mon appui, Sur la croix gagna mon bontieur; U est à moi, je suis à Loi.

Pour moi, chrétien, la terre est un exil, Mais tout est bien ! mais tout est bien ! U faut marcher de péril en péril, Mais tout est bien ! mais tout bien !

Les îiuteurs de ces chefs-d'œuvre ne se sont pas fait connaître. J'ai cru d'ailleurs découvrir de l'ivraie dans le bon grain; ainsi j'ai reconnu le cantique numéro 40 :

Reviens, pécheur, à ton Dieu qui t'appelle; Viens au plutôt te ranger sous sa loi : Tu n'ai été que trop longtemps rebelle ; Reviens à Lui puisqu'il revient à toi.

qui fait partie des Cantiques He Saint-Sulpice et qui doit être chanté sur l'air : Femme sensible.

Je citerai encore une dernière brochure, imprimée en Angleterre en 1881 (32 pages in-16), la Vérité à Végard de V Armée du Salut, sous forme de catéchisme par demandes et par réponses. On y voit que « l'armée du salut est un corps d'hommes et de femmes convertis à Dieu et associés pour amener les hommes à se soumettre à Dieu » par

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f l'exemide et la parole > ; qu'elle u été «. formée en juillet 1865 par William ISoolli », pasteur d'une coni>régalioQ wealeyeane, sous le nom de « la missioa cliréticane > qui fit place eo 1878 i celui « d'armée du salul > ; qu'elle < éteadil ses opérations en Irlande et aux I^tats-Uois en 1880; en France eo 1881 (61), rue d'Angoulémedu Temple, à Paris)': en Suisse, dans l'Inde, en Suède, en Afrique, en 188â; dans la Nouvelle-Zélande, en 1883; en Allemagne, en 1881; clc; qu'elle comjptail, en 1881, -206 eorps d'armée, 8777 soldais, caporaux et sergonts et '(■S.'i officiers ; qu'elle occupait -i^tt locaux et avait dépensé 475(HX( francs du 15 avril I88ti :i<i 1" avril 1881 (ces fonds provenaient uniquement de quéles ou de dons volontaii-es) ; que l'uniforme de ses membres est utile entre autres choses pour i attirer le public et exciter un certain respect de la part de la foule >, et qu'elle a adopté pour des raisons analogues l'usage de tambours, de clairons, de placards, d'écriteaux; que l'emploi des femmes comme prédicatrices est justifié par beaucoup de passages de l'Écriture et notammeat par Joël, II, 38 : t Vos ûls et vos fiUes prophétiseront >; que, dans les réunions, le premier banc est réservé aux pei'sonnes repentantes. Les doctrines de l'armée sont aussi résumées dans cette soile de prospectus : elles comprennent la croyance à la ruine el la souillure de l'homme par la chute et par le péché, ruinr et souillure qui écartent l'homme de Dieu, et dont il ne peut se purifier par lui-même, même par ses œuvres ; mais il peut être régénéré par la foi dans l'amour de Dieu : cet amotir s'est manifesté par l'envoi dii Fils qui est mort sur la croiï pour racheter nos péchés; ceux qui n'acceptent pas Jésus- Christ pour leur unique sauveur seront condamnés à perpétuité au jour du jugement.

I. L'armée a aujourd'liui de» • postes avaneéi • à Nîmes, à Privai, à Valciirc, el dans d'aulrei lucnlUda mains importanles.

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Le € quartier général » de Tarmée du salut est à Londres, 227, Whiet Chapel Road, el à Paris, 187, quai Valmy. Le fondateur n'a que le titre de général ; sa fille, miss Catherine Booth, a mérité seule d'être élevée au marécbalat. On sait qu'elle s'est mariée en 1886 avec le colonel Clibborn; le premier mariage célébré par les salutistes l'avait été, au quai Yalmy, le 3 janvier 1884, à onze beures du matin, avec accompagnement de musique et de chants pieux : c'était celui c du capitaine Simço (poste de Valence) avec la capitaine Wallis (poste de Genève) >. Les programmes c'eslà-dire les cartes spéciales (Ventrée porlaienl la note suivante : € Une collecte sera faite pour répandre la lumière du salut dans la Drôme >. Miss Boolh a fait des conférences au temple de la rue Roquépine, au n* 89 du boulevard des Capucines, et dans une salle de la rue Saint-Honoré, sans aucun succès d'ailleurs.

En France, en effet, on n'a guère fait jusqu'ici que rire de ces fantaisies. En Suisse et en Angleterre, des piétistes fervents se sont livrés vis-à-vis des salutistes à des voies de fait, et il y a eu de vraies batailles. En Angleterre, on a même formé une contre-association l'armer du squelette. A Zurich et aux environs, où le peuple les a qualifiés de < l'armée du chahut >, les autorités municipales ont voulu leur appliquer les lois sur les comédiens ambulants. A Worms, on vient d'interdire d'une façon absolue leurs réunions (août 1887). Un propriétaire féroce de Londres a poursuivi la résiliation du bail d'un c quartier > sous le prétexte justifié que le local, d'après le bail dont M. Booth avait pris la suite, devait être affecté à un débit de boissons. D'autre part, on s'est aperçu que les chefs de l'armée n'étaient point si dégagés de soucis temporels; on a découvert ou cru découvrir certaines spéculations commerciales assez louches de la part du c général f. Dans TArdèclic, on

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a même, parall-il, coastalé de véritables escroqueries f somme de 100 francs par exemple aurail étédemaudéeà une femme pour lui assurer une place en paradis); à Nîmes, ime » converlie n échappée du * quartier j a racooté qu'on la traitait fort mal et qu'on la faisait travailler comme une esclave; à SttelTield, uue adepte a voulu tuer son mari pendant son sommeil pour le punir de ses péchés. Un miniitro anglican, M. Cliarlesworth, dont la iîile était une des lieutcnantes les plus zélées de miss Booth en Suisse, a écrit au président de la Conlédération pour pro lester contre ses agissements et pour raconter comment on lui a enlevé sa (i!le : c'est tout à fait l'histoire d'Éline Ebsen. A Privas, le maire a interdit les réunions des salutistes parce qu'elles donnaient lieu '.Iiafjut: fuis à des scènes de désordre. Tout semble indiquer que les mauvais jourâ sont arrivés ; la secte disparaîtra sans doute bientôt sous le ridicule et sous le mépris public A côté de l'armée du salut, il y aurait à citer d'autres associations analogues, mais purement locales : l'Ëj^ise du Progrès, les Éclectiques, le ■ Peculiar people >, tesdéclamateurs, l'armée du Seigneur, etc. Un correspondant du Journal des Débals (n° du H septembre 1887) donne d'intéressants détails sur l'armée du Seigneur {Artny oflhe Lord). Cette confrérie, composée de frères, de sœurs, de prophéles et de prophétesses, tient ses réunions à Brighton, dans une ancienne salle de concert, décorée de tentures rouges et de drapeaux de diverses nations, qu'ils appellent « l'anlre de Jéhovah ». La salle est divisée en trois parties : la plus extérieure, séparée des autres par une balustrade de fer, est celle où l'on admet le public ; la seconde est réservée à ceux qui ont obtenu le pardon de leurs péchés; la dernière est « l'anlre degloiie », tout près de l'estrade, où sclicunrnt les chefs, les saints et les prophètes. Les exercices consisti^nt en prières â haute voix, chacun criant ce qui lui pusse par

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la tète; le reste du service est laissé à l'inspiration du saint esprit : les uns dansent, d'autres prêchent, d'autres chantent, d'autres gesticulent et racontent leurs visions. Les € prophètes » prennent des noms bibliques ; il y a parmi eux Élie, Salomon, Isaac, Galeb, la reine de Saba. Les hommes porlent des tricots et des souliers rouges. Les curieux sont très difficilement admis aux réunions et si leur figure ou leur attitude n'a pas la chance de plaire aux frères ou aux sœurs, on leur fait parfois un mauvais parti : un employé de commerce a été dernièrement fort maltraité par le prophète Ëlie, ce qui a valu à l'isracible illuminé une condamnation judiciaire à quarante shillings d'amende (50 francs).

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