‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 22 sur 261 · AFRIQUE, AMÉRIQUE, OCÉANIE · texte numérisé non relu

AFRIQUE, AMÉRIQUE, OCÉANIE

maisqoand on enlève la vôtre, c'est mal ». Le missionnaire Scultheiss rapporte aussi que les Cafres € n*ont aucune religion, ne prient jamais, ne savent rien d'un être supérieur, et croient seulement à la vie présente > .

c 3. Relativement aux Malgaches y Rochon dit : t Le Malgache, comme le sauvage, ne connaît ni la vertu ni le vice; il n'est capable d'aucune aspiration future, et il ne conçoit pas qu'il existe sur la terre des gens qui se préoccupent de l'avenir».

c A. Quant aux Esquimaux j Whiteboume, — dont le témoigfiage est précieux parce qu'il écrivait en 1612 avant que les Esquimaux aient pu entendre parler de Dieu par les Européens, — s'exprime ainsi : f ils n'ont aucune connaissance d'un Dieu » et sir J. Ross remarque : c ils ont sans doute une certaine loi morale naturelle, comme le prouvent beaucoup de traits de leur conduite, mais en dehors de cela je n'ai pu rien découvrir qui me satisfasse ».

€ 5. Les Mincopies ou AndamanaiSy suivant le Dr. Mouat, c n'ont ni la conception d'un être suprême, ni la conception d'une cause; ils ne sont même pas polythéistes. L'un d'eux, dont on s'était emparé, disait que ses compatriotes n'avaient aucune espèce de culte; pas même le plus grossier, et qu'ils étaient tout à fait ignorants de l'existence et de la nature d'un Dieu » .

€ 6. Enfin, sir Emerson Tennent n'hésite pas à dire des Veddas de Ceylan qu'ils n'ont c aucune espèce de religion, aucune connaissance de Dieu ni d'une vie future; et qu'ils n'ont ni temples, ni idoles, ni autels, ni prières, ni charmes ». M. Bailey, qui a longtemps résidé parmi eux, confirme ce jugement : c ils n'ont », dit-il, c aucune connaissance d'un être suprême : < est-il sur un rocher? est-il sur un arbre? sur une fourmilière blanche? je n'ai jamais vu de Dieu », répondait-on toujours à mes questions. Us n'ont point d'idoles.

l PEUPLES SANS RELIGION.

n'offrent pas de sacrifices, et ne font point de libations •.

Et M. Farrar concluait ainsi : € il est probable que ces témoignages seraient confirmés par beaucoup d'autres, après de nouvelles recherches; mais ils suffisent pour permettre d'établir la thèse proposée. Ils ne seraient pas affaiblis par des cas comme celui des Pionniers qu'on suppose croire à une intelligence supérieure parce qu'ils considèrent le monde comme fait par un grand animal et le soleil par un lapin habile ! Une terreur vague de l'inconnu se trouve même chez les animaux et est tout à fait différente de la croyance en Dieu > .

Dans la discussion qui suivit cette communication, M. Wallace parla des tribus sauvages des Moluques et de la Nouvelle- Guinée, parmi lesquelles il avait séjourné naguère. 11 n'avait jamais pu obtenir d'eux que la confession d'une ignorance absolue sur ce sujet : € la question ne les intéresse même pas; au surplus, leur capacité intellectuelle est très faible : ils n'ont pas la moindre idée générale, leur vocabulaire ne contient que des noms d'objets individuels sans expressions collectives et synthétiques; ils ne sauraient se rendre compte de ce que c'est que « Dieu ».

Dans leur journal the Voice of Piety, des missionnaires anglicans se plaignaient, il y a quelques années, que les Indiens du Grand-Ghaco, dans TAmérique du Sud, n'eussent ni croyance, ni culte, ni même aucune crainte d'un pouvoir surnaturel. Grantz^ dans son Histoire du Groenland ^ disait en 1765 que les Esquimaux n'ont ni religion, ni cérémonies, ni idolâtrie. Le premier voyageur français qui ait débarqué dans la Floride écrivait en 1562 : « Ils n'ont cognoissance de Dieu hy d'aucune religion, sinon, que ce qui leur apparoist comme le Soleil et ta Lune. Ils ont leurs Preslres auxquels ils croient fort, pour autant qu'ils sont ffUHis magiciens, grands deuins et inuocateurs de Diables.

OCËANIË, AMtelQUE. 5

Ces Prestres leur sèment de médecins et chirurgiens, ils portent tousiours avec eux vn sac plein d'herbes et de drogues, pour medeciner les malades qui sont la pluspart de vérole >. Ces prêtres, sorciers, magiciens, s'appelaient c iartia > (Laudonnière. Histoire notable de la Floride^ Paris» 1566, petit in-8y p. 4-5, 24 et 78). Suivant M. de Rochas, chirurgien de la marine française, les Néo-Calédoniens t n'ont pas de religion régulière, ni de culte organisé. Ils n'ont ni temples, ni idoles, ni mythologie, mais ils ont diverses superstitions. 11 y a une espèce de caste de sorciers qui exerce en même temps la médecine ou quelque chose d'approchant... Us ne font pas de sacrifices véritables, mais ils font quelquefois des offirandes à des génies; ils leur offrent, par exemple, les prémices d'une récolte ».

M. Everard im Thurm ne trouve pas plus de dieux chez les habitants de la Guyane anglaise. Il fait remarquer que les mots auxquels on a attribué le nom de € Dieu, esprit supérieur >, dans les langues du pays, n'impliquent étymologi^^ quement aucune idée métaphysique. On dit par exemple en caraïbe tamosi « l'ancien )), tamosi kabolano f l'ancien dans le ciel »; en arévaque, wa-cinaci t notre père », ifilici wa-cinaci < notre grand-père », wa manetu kwonci c notre faiseur »; en warrau, kononalo ^ notre faiseur ». Aucun de ces mots n'indique rien de supérieur, ni d'extérieur à l'homme; tout au plus marquent-ils une idée d'esprits^ d'êtres matériels distincts du corps et qui rentrent dans ce qu'on appelle Vanimisme; nous y reviendrons vers la fm de ce chapitre. Les Tonquinois qui croient à beaucoup d'esprits reconnaissent volontiers que la plupart de ces esprits sont des guerriers illustres, des administrateurs habiles, de sages docteurs, morts depuis longtemps déjà.

Hais c'est surtout en Afrique que les athées abondent. Burton cite une conversation d'un missionnaire anglican avec

un guerrier de la côte de Guinée, rapportée par J. Smith en 1851. Le missionnaire commence l'attaque en demandant à son interlocuteur :

« Avez-vous vu Dieu ?

— « Tchi 1 non... supposé on verrait Dieu, on mourrait à la minute.

— f Quand vous mourrez, ne verrez-vous pas Dieu ?

— {Avec une grande chaleur.) c Je ne sais pas! . . . Comment le saurais-je? Jamais. Je ne veux plus en tendre cettepatobr^...

€ En lui parlant de sa mort, j'avais touché une corde très désagréablement sensible, car il prit une expression de physionomie extrêmement laide et féroce, et je vis par les altérations rapides de son visage qu'il éprouvait intérieurement une violente émotion. A la fin, il éclata, avec une figure toute contractée, avec des gestes très violents, et s'écria :

« Supposé Dieu fût ici, je le tuerais 1 »

— c Quoi ! vous tuer Dieu I > m'écriai-je tout abasourdi par cette exclamation inattendue et diabolique... « et pourquoi?

— « Parce qu'il fait mourir les hommes.

— f Mais, mon ami >, repris-je d'un ton conciliant, « vous ne voudriez pas vivre toujours, n'est-ce pas ?

— € Si, je veux rester là ! »

Un témoignage plus caractéristique encore peut-être nous est fourni par Baker. C'est la conversation, d'ailleurs devenue célèbre, entre cet anglican convaincu et Commoro « le lio;i », chef de Tescorte indigène qui l'accompagnait. Commoro avait fait exécuter dans le camp une danse funèbre. Lie voyageur anglais lui demanda à cette occasion pourquoi cette cérémonie avait eu lieu et pour quelle raison on déterrait les os des morts précédemment enterrés : « C'est la coutume que nous ont transmise nos ancêtres >, répond imperturbablement le jeune Africain.

€ Mais >y continue Baker, c ne croyez-vous pas à une vie future après la mort? N'y a-t-ii pas l'expression de quelque idée dans le fait d'exhumer les os après que la chair a disparu?

c CoimoRO. — Une vie après la mort! Comment est-ce possible? est-ce qu'un mort peut sortir de sa tombe, à moins que nous ne l'en retirions?

€ B. — Pensez-vous qu'un homme est comme une bète qui meurt et est entièrement finie?

c G. — Certainement ; un bœuf est plus fort qu'un homme, mais il meurt et ses os durent plus longtemps, ils sont plus épais. Les os d'un homme se brisent plus vite... il est faible.

€ B. — Est-ce qu'un homme n'est pas supérieur à un bœuf? est-ce qu'il n'a pas un esprit pour diriger ses actions ?

< C. — Certains hommes ne sont pas aussi intelligents qu'un bœuf. Les hommes doivent semer pour se procurer leur nourriture, mais le bœuf et les animaux sauvages se procurent la leur sans rien semer.

« B. — Ne croyez-vous pas qu'il y a en vous, outre la chair, un esprit? Ne rêvez-vous pas et ne vous en allez-vous pas par la pensée pendant votre sommeil à des endroits éloignés? Néanmoins votre corps demeure en place. Comment vous rendez-vous compte de cela ?

€ C, riant. — Et vous, comment vous en rendez-vous compte ? C'est une chose que je ne peux pas comprendre ; elle m'arrive chaque nuit.

« B. — L'esprit est indépendant du corps ; le corps actuel peut être décomposé, mais l'esprit est insaisissable ; le corps mourra et se réduira en poussière ou sera mangé par les vautours, mais l'esprit subsistera toujours.

^ C. — Où vivra l'esprit?

« B. — Où vit le feu ? Ne pouvez-vous pas produire du feu en frottant deux morceaux de bois l'un contre l'autre,

quoique vous ne voyiez pas le feu dans le bois? Est-ce que le feu, qui gît inerte et invisible dans le bois, n'a pas le pouvoir d'embraser tout le pays? Qu'est-ce qui est le plus fort, du petit bâton qui le premier produit le feu ou du feu luimême? Tel est l'élément spirituel du corps, de même que l'élément du feu existe dans le bois ; l'élément est inférieur & la substance.

€ G. — Ah ! Pouvez-vous expliquer ce que nous voyons souvent la nuit quand nous sommes perdus dans le désert? Je me suis souvent trouvé égaré et errant dans les ténèbres ; je voyais un feu éloigné ; en m'en approchant, le feu avait disparu et je ne pouvais ni en déteiminer la cause ni en retrouver la place.

€ B. — N'avez- vous pas quelque idée de l'existence d'esprits supérieurs à l'homme ou à la bête? Ne craignez-vous le mal que de causes corporelles?

c C. — J'ai peur des éléphants et des autres animaux quand je suis dans une forêt la nuit, mais je n'ai peur de rien autre.

€ B. — Alors, vous ne croyez à rien, ni à un bon, ni à un mauvais espuit ! Et vous croyez que quand vous mourrez, ce sera la fin de l'esprit et du corps ; que vous êtes pareil aux autres animaux; et qu'il n'y a aucune différence entre l'homme et la bête. L'un et l'autre disparaissent et finissent à la mort, n'est-ce pas ?

« C. — Vraisemblablement.

€ B. — Vous ne voyez pas de différence entre les bonnes et les mauvaises actions?

« G. — Si ; il y a des bons et des méchants parmi les hommes et parmi les bêtes.

« B. — Pensez-vous qu'un homme bon et un homme méchant partageront le même sort, mourront et finiront de la même façon ?

€ C. — Oui, comment pourraient-ils faire autrement? Comment pourraient-ils éviter la mort ? Bons et méchants, tous doivent mourir !

€ B. — Leurscorpspérissent mais leurs esprits subsistent, les bons dans le bonheur, les mauvais dans la souffrance. Si vous n'avez pas la croyance à un état futur, pourquoi un homme serait-il bon f Pourquoi ne serait-il pas mauvais, s'il peut prospérer par sa perversité?

c G. — Beaucoup de gens sont mauvais ; s'ils sont forts, ils dépouillent les faibles. Tous les bons sont faibles ; ils sont bons, parce qu'ils ne sont pas assez forts pour être mauvais I »

Baker a recours aux arguments matériels. 11 prend un grain échappé d'un sac d'où l'on tirait de l'avoine pour les chevaux. Il fait un trou dans la terre avec son doigt, y met le grain et dit à son interlocuteur : c ceci vous représente, quand vous mourrez » ; puis le recouvrant de terre, il ajoute : c ce grain périra, mais il s'en élèvera une plante qui pro* duira la réapparition de la forme originelle » !

A celle métaphore tirée de S. Paul (I Cor., xv, 36 et ss.), Commoro ne sourcille pas ; il répond Iranquillement :

€ C'est très vrai ; je comprends cela. Mais ce n'est pas le grain original qui se relève ; celui-ci se pourrit comme un homme mort et comme lui est fmi ; le fruit produit n'est pas le grain même qu'on a enterré, mais la production de ce grain. Ainsi de l'homme : je meurs et me dissous, et suis fini ; mais mes enfants poussent comme le fruit du grain. Beaucoup d'hommes n'ont pas d'enfants, et beaucoup de grains périssent sans donner de fruits; ils sont finis pour jamais les uns et les autres >.

Déconfit, le pieux anglican dut borner là ses frais de propagande : c je fus obligé », dit-il, c de changer de sujet de conversation. Il n'y avait dans ce sauvage tout nu pas même une superstition sur laquelle on put greffer un sentiment

religieux ; il n'y avait qu'une croyance à la matière, et, à son idée, tout était matériel. II était extraordinaire de trouver une telle netteté de perception accompagnée d'une aussi complète répugnance pour l'idéal b (S. W. Baker, the Albert Nyanzaj Londres, 1866, 1. 1, p. 245-250). Commoro était en effet, au dire de Baker, l'un des sauvages les plus intelligents et ayant le plus de bon sens qu'il eût jamais vus. Ailleurs, dans le même ouvrage, Baker déclare expressément que « les tribus de l'Afrique centrale ne connaissent pas Dieu (II, 317) » ; il dit aussi en parlant des sujets de Kamrasi, l'un des rois du Nil supérieur : a ces peuples, quoique de beaucoup supérieurs aux tribus du Nil septentrional quant à l'intelligence en général, n'ont aucune idée d'un être suprême, ni aucun objet d'adoration ; toute leur foi n'a pour objet qu'une simple croyance à la magie (II, 213) >.

Livingstone constate également chez les Cafres, les Béchuanas,les Bochimans, l'absence absolue de culte, d'idoles, d'idées religieuses; il ajoute : c Quand nous nous mettons à genoux pour prier un être invisible, nous leur paraissons tellement ridicules, tellement insensés, qu'ils sont saisis d'un rire inextinguible >. Burton fait la même remarque; malgré l'espèce de réserve de la première phrase, le passage suivant est significatif : c Quoique instinctivement conscients d'un être au-dessus d'eux, les Africains n'ont pas encore eu la bonne fortime d'en saisir l'idée ; dans leurs faibles esprits, c'est un embryon plutôt qu'une conception, tout au plus un Dieu vague, sans personnalité, sans attributs, sans providence. Ils l'appellent mulungu {Vulungu des Cafres, Vutika des Holtentots). Le mot toutefois peut signifier un fantôme, le firmament ou le soleil; un homme s'appellera souvent luimême mulungu et même mulungu mbaya^ ce dernier terme ayant le sens de c mauvais b ou « malheureux » . Dans la langue des Wamasai, Ai, ou, avec l'article, Engai « le créa-

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teur », est un mot féminin, car c pluie » et c dieu » sont synonymes » (p. 34S).

Cf. encore le passage suivant du même voyageur (p. 345) : c Quand on demande aux sauvages et aux barbares ce que sont devenus les vieilles gens (leurs ancêtres), sur les cendres desquels ils accomplissent certaines cérémonies, ils répondent en souriant wâme kwicha c ils sont finis ». Ailleurs, il fait observer que les Wazaramos, comme leurs congénères, s'inquiètent aussi peu de cérémonies que de croyances. Dans les affaires spirituelles, comme dans les temporelles, ils n'écoutent qu'une seule voix, celle d*âdâ t la coutume ».

Il pandt donc établi qu'il y a des peuples, et même des peuples relativement civilisés, qui n'ont aucune religion, qui ne croient ni à un Dieu, ni à une ftme immortelle, ni à une vie future, ni à un bien et un mal absolus. Ajoutons qu'en dehors de ces athées collectifs, il y a de par le monde beaucoup d'athées et de matérialistes individuels et inconscients. Chez les habitants des campagnes, en Europe, dans les pays les plus religieux, l'idée de Dieu est loin d'être spontanée; c'est un fait d'éducation, c'est une croyance acceptée sans raisonnement et sans discussion, qui va de pair avec mille superstitions enfantines, avec les terreurs les plus puériles, avec des coutumes très sauvages, avec des traces très marquées de fétichisme.

Le fétichisme est certainement une étape, une phase dans révolution religieuse de l'humanité. Mais je ne crois pas qu'on puisse l'appeler une religion.

Il ne saurait y avoir religion, à mon sens du moins, sans une certaine conception métaphysique, sans une croyance à un être, à une puissance extérieure à la nature ambiante, à une personnalité extra-humaine qui se manifeste par des phénomènes matériels, en un mot sans la croyance à une cause invisible d'effets visibles. Or, les

peuples qui en sont encore au fétichisme ne sortent point des limites de la nature. Burton est très catégorique à cet égard; et il a bien soin de faire remarquer que les Africains, quand ils témoignent leur vénération à leurs fétiches» c n'adorent pas ces objets comme des types, des mythes, des émanations divines, des personnifications d'une divinité : ils les adorent pour eux-mêmes » .

Qu'est-ce donc que le fétichisme? Ce mot, admis par l'Académie dans son Dictionnaire en 1835 seulement, a été employé pour la première fois par le président de Brosses en 1760 ; on a inventé depuis les mots fétichiste et féticheur^ qui n'ont pas encore la sanction officielle, pour ainsi dire. Toutes ces expressions dérivent du mot plus ancien fétiche qui vient lui-même du portugais. Nos lexicographes le rattachent soit à fetisso c objet enchanté, féé » (de fala c fée >), soit à feitiço < mauvaise action, maléfice » (de fatum).

Quant aux définitions, un fétichiste est < celui qui pratique le fétichisme », le féticheur est c le prêtre ou sorcier des fétichistes », le fétichisme est t le culte, l'adoration des fétiches » et, par extension < une vénération profonde, outrée, superstitieuse; l'adoration aveugle d'une personne, de ses caprices, de ses défauts ». Le fétiche est, suivant Littré, € un objet naturel, un animal divinisé, un morceau de bois ou de pierre, une idole grossière qu'adorent les nègres des côtes occidentales de l'Afrique et même de la Nubie ». Nous verrons tout à l'heure si cette définition est suffisamment complète et si celle de Larousse n'est pas préférable : c objet matériel que les nègres et les sauvages vénèrent comme une idole ».

Le fétichisme en efiet, c'est-à-dire la vénération d*un objet matériel auquel est attribuée une puissance supérieure, une influence sur 1q3 éléments de la vie ou sur les organes physiques, n'est pas spécial aux nègres de l'Afrique;

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