‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 222 sur 261 · SPIRITISME · texte numérisé non relu

SPIRITISME

plusieurs histoires terrifianles : une femme, figura humana grandioTy prédisant à Curlius Rufus le cours de sa vie et Tbeure de sa mort; un affranchi de Pline lui-même ayant les cheveux coupés par un spectre; enfin l'aventure arrivée i Athènes au philosophe Âthénodoi e : il se logea dans une maison t hantée > où Ton entendait des bruits de chaînes, où l'on voyait apparaître un vieillard gémissant; Alhénodore s'enferme dans la maison, se met à veiller ayant auprès de lui une lumière, son stylet et ses tablettes, et s'applique i travailler ne vacua mens audita simulacra et inanes sibi melus fingeret; il entend le bruit, voit l'ombre, la suit, marque la place de la cour ou de l'aire {area) où elle disparait à ses yeux; le lendemain, on fit des fouilles à cet endroit et Ton y trouva des ossements et des chaînes, et après qu'on eût donné à ces débris humains une sépulture honorable le repos de la maison ne fut plus troublé.

Les inventeurs du spiritisme avaient-ils lu Pline? Ce n'est pas probable; mais le premier <( esprit :» qui se soit manifesté de nos jours (en janvier 1848) est celui d'un certain Charles B. Rosna, assassiné dans une maison du village de Hydesville (État de New-York), qui venait demander des prières aux habitants de la maison ; il y a pourtant cette différence avec l'histoire du revenant d'Athénodore qu'on ne retrouva pas le cadavre du prétendu Rosna. Ce dernier manifestait sa présence par des coups frappés aux portes, aux parois des chambres et aux planchers; il vint même s'asseoir sur le lit des demoiselles Fox et leur passer sa main « froide » sur la figure; on eut l'idée de l'interroger, et il répondit intelligemment en frappant un coup lorsqu'un stylet promené sur un alphabet arrivait à la lettre nécessaire pour compléter un mot. La maison était alors habitée par un certain John D. Fox et sa famille ; il parait que l'une des trois filles de M. Fox, Kate, âgée de douze ans, était l'auteur de ces « ma-

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nifestalione t : t'cnrant était mënie vcDtnloquc, et elle pr»: filait de ce talent naturel pour mystifier ses pareota et sei amis. Cr(i<iiiles ou complices, ceux-ci firent de Ir chose tiu | affaire, lis se transporlêrenl à Rochester, où les i tominu- ' nications « recommencèrent sur uhr plus large échelle. Les , imaginations Iravaitlenl : à New-York, à Saint-Louis, i Boston, A Philadelphie, se manireslent d'autres esprits. Il y eul des séances publiques; des commissions scientifiques ou »oi-()isant telles s'en mêlèrent. En 185'(, il y avait plus it cinquante mille spirites aux États-Unis.

En 1853, on avait inventé un procédé plus coiiunod« : au jeu de coups frappés au hasard n'importe où, on imagina de se servir de tables autour desquelles se plaçaient le» curieux ou les adeptes. Ils posaient ieui's mains à plat sur la table, formant une chaîne continue : bientôt, descraquemiMils se faisaient entendre, puis la table marchait, courait, sautait, (happait avec ses pieds un certain nombre de fois (1« nombre de coups correspondait au rang do telle lettre dans Talphabet). Un perrectionneraent commode fut celui de li construction d'une petite labte en bois léger; on attachait à l'un de ses pieds un crayon et la labte écrivait ainsi couramment sur une feuille de papier ou sur une ardoise. Les tables tournantes furent très à la mode en France vers 1854'-1855; des savants cherchèrent une explication naturelle au phénomène; des prêtres y virent de nouveaux prestiges du démon. On ne se sert plus aujourd'hui de petites tables; on en est revenu à la simple typtologie, c'esl-à-dire au langage des coups. Mais, parallèlement, il y a l'écriture directe : on met sur une table, par exemple, du papier et un crayon ; on éteint les lumières, on entend l'esprit écrire, et quand on rallume les flambeaux, on peut lire une phrase plus ou moins longue; le plus souvent on se sert d'une ardoise. Il y a même des esprits qui savent écrire en plein jour, sur

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