‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 234 sur 261 · SYMBOLISME MAÇONNIQUE · texte numérisé non relu

SYMBOLISME MAÇONNIQUE

tend à les restreindre de plus en plus. Il me sufûra de faire observer qu'en examinant de près les formules, les usages traditionnels et les légendes de la maçonnerie, œuvre consciente de plusieurs générations, on y constate une double préoccupation, celle d'en affirmer le caractère religieux et celle de se couvrir constamment d'un symbolisme emprunté au métier de la construction. De là ce luxe de mots techniques (esquisse, plan parfait, pierre plate, morceau d'architecture, etc.; pour sommaire, procès-verbal, monnaie, discours, etc.); cette abondance d'outils figurés (compas, maillets, règles, truelles, etc.) et cette logomachie un peu enfantine. De là aussi cette convention de tout rapportera la construction du temple de Salomon, de donner aux salles de réunion le nom de temples ei d'y figurer les deux colonnes d'airain construites à Jérusalem par Hiram, de Tyr ", d'employer une multitude de mots hébreux plus ou moins altérés : chibbôleth « épi, cours d'eau »', tnac-benac (makbénff) € hauteur, éminence » nom d'une ville de Juda, môâbôn probablement un autre nom de lieu, tubalcain c'est-à-dire Tûbal<jaîn, nom d'un fils de Lamech, etc., et de raconter aux maîtres la fable du massacre de Hirâm, l'architecte du temple de Salomon, par les trois mauvais compagnons Jubelas, Jubelos et Jubelum. De là, dans les anciens rituels, ces prières vagues à peine transformées dans les formulaires modernes, ces allocutions sentencieuses, et cet appareil de lumières, de

1. (les colonnes surmontées de chapiteaux ornés de treillis, où étaient représentés des lis et des grenades, étaient dressées dans le portique du temple de Salomon. La colonne de droite s'appelait lâkin « soutien » et celle de gauche, Bôats v fermeté » (I Rois, vu, 13-22; II, Chron., iv, 15-17).

2. Ce mot a joué un rôle important dans rhÎJttoire des Juifs. Lors de la

querelle entre Éphraïm etGalaad (Juges^ xii, 1-6), les Galaadites, vainqueurs,

le faisaient prononcer aux fuyards. Ceux qui prononçaient Sibbolelh étaient

reconnus, par cette mauvaise articulation, pour Êphraïmites et on es égor-

eait mmédiatemenl.

Page 1