PÈLERINAGES
spécimens les plus insensés de ce félichisnie est le cœur de la même sainte Thérèse, qui est décrit dans un petit papier que j'ai vu il y a quelques années. Le document imprimé i Paris chez Jules Le Clère et G*' (n* 7890) comprend trois pages ; la première porte Tinscription : t Copie exacte du cœur de sainte Thérèse de Jésus > ; au-dessus a été collée une petite photographie représentant une sorte de bouteille allongée, renversée : d'en bas partent deux filaments s'élevant à la moitié de la hauteur totale de Tobjet. Les deux pages suivantes contiennent les déclarations d'un médecin affirmant que les deux épines figurées sur la photographie ont considérablement crû depuis le 18 mars 1836 et que le cœur de sainte Thérèse présente une blessure « de la main d'un séraphin i faite avec beaucoup d'art par un instrument tranchant. Le cœur en question est conservé dans le couvent des Carmélites d'Alba deTorres t diocèse de Salamanque >.
L'Espagne est d'ailleurs riche en reliques; c'est à Saragosse qu'est conservé un soulier de la sainte Vierge. On a même imaginé de prendre le dessin de ce soulier qui donne « la juste mesure du pied de Marie » (194 millimètres, pointure 29); un pape a accordé, paraît-il, 100 jours d'indulgence à qui récitera un Ave sur ce dessin. A Pampelune, on peut voir le fac-similé de l'empreinte du pied de Jésus sur la montagne d'où il s'éleva au ciel.
6° PélerinageSy miracles, apparitions. — Le culte des saints, la dévotion aux reliques ont amené de tout temps et chez tous les peuples les pèlerinages aux tombeaux ou aux sanctuaires des saints, les guérisons miraculeuses et les ex-voto. Gicéron rapporte le mot de l'athée Diagoras auquel on montrait, à Samothrace, les tableaux attestant le grand nombre de gens que les dieux avaient sauvés du naufrage : « Oui, dit-il; mais ceux qui ont fait naufrage et qui ont péri n'ont point été peints ici y> {de Nat. deor., Ill,xxxvn). Cette