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ANIMISME

Taulre, ni qu'ils soient plus puissants que les leurs propres. Us croient qu'il existe des kenaimay c'est-à-dire des hommes qui ont le pouvoir de séparer un esprit d'un corps et de l'envoyer au loin faire du mal, soit invisible et à l'état de pur esprit, soit dans un autre corps, le plus souvent dans un corps de jaguar. Ils ont aussi leurs guérisseurs, leurs € herbdoctors > qu'ils nomment péaiman.

De même que l'homme primitif voyait dans tout ce qui l'entourait des êtres comme lui vivants, se nourrissant, susceptibles de volonté, de méchanceté et de colère ; de même il leur a logiquement attribué une âme, un esprit. 11 y avait l'âme du rocher, l'âme du bœuf, comme il y avait colle de Thomme; c'est un peu la plaisanterie de Ch. Perrault introduisant dans l'enfer de Virgile

L'ombre du eoeher Tydacus Qui, tenaot rombre d*une brosse, Nettoyait rombre d*un carrosse.

Et c'est pourquoi on tuait, à la mort d'un chef, ses entants et ses troupeaux (chez les Todas des Nilagiris de l'Inde, on massacre sur la tombe du mort les plus beaux de ses buffles); c'est pourquoi on enterrait avec lui ses armes et ses vêtements; c'est pourquoi tant de sépulcres d'enfants sont remplis de jouets (dans beaucoup de nos cimetières encore on peut voir exposés sur la tombe d'un enfant regretté ses jouets favoris). C'est pour que l'esprit s'en aille avec son cortège habituel et n'arrive point dépourvu de tout dans le royaume des ombres.

Le félichismey qui a commencé par l'adoration pure et simple de l'objet matériel en lui-même, est devenu animiste, dès qu'on a commencé, si cette expression est permise, à extérioriser sa puissance, dès que, généralisant et élargissant la conception première, on lui a prêté une influence cons- .

viifSON. — Religions actuelles. 4

^ ANIMISatE

tante et absolue sur le cours de la nature. Ce n'est plus luimême qui agit, c'est son esprit, c'est son pouvoir. Dans le culte des animaux, également adorés pour eux-mêmes à rorigine, il y a aussi plus tard de Tanimisme. Certes, l'animal est un être vivant, qui pense, qui lutte pour la vie, qui est le rival ou l'ami de Thomme; mais il est aussi parfois, par l'imagination populaire, à la suite d'une induction hâtive, doué de qualités et de propriétés extraordinaires. Je crois, en effet, que l'animisme doit être entendu non seulement comme la théorie de l'être dédoublé, de l'esprit indépendant de l'objet, mais encore comme la doctrine de l'esprit puissant et influent au delà des facultés de l'être palpable. Ce qui survit, ce qui représente la permanence doit être plus fort que ce qui se désagrège et se détruit. On a adoré Tours, le tigre, le serpent, le chacal, parce qu'ils sont méchants et voraces; le bœuf, la chèvre, le chien, le cheval, parce qu'ils sont bons et utiles. Plus tard, on a fait comme les Yakoutes qui virent dans le chameau le dieu de la petite vérole parce qu'à une époque où la petite vérole les décimait, des voyageurs étaient arrivés chez eux avec un chameau et qu'ils n'avaient jamais vu d'animal pareil.

Plus tard encore, le culte des animaux devint symbolique ou métaphorique : le taureau fut le symbole de la puissance mâle, la vache celui de la fécondité, l'aigle du vol rapide, etc.; c'est un degré de plus de l'animishie, c'est le commencement de l'abstraction, de la dématérialisation de l'âme, pour ainsi dire.

Un culte essentiellement animiste et qui se retrouve partout est celui des mânes, des ancêtres. Le mort aimé ou redouté, qu'on voit en songe ou en rêve, est toujours là sous sa forme matérielle durable, en esprit, qui tourne autour de la tente, qui réclame sa part des repas, qui veut qu'on lui conserve sa place. Les Fuégiens du temps de Cook, les habi-

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