ÉCOLES PHILOSOPHIQUES
est unitaire et non dualistique ; du Nyâya en ce qu'il regarde Tunivers comme émané d'une source unique supérieure et non pas comme l'un des objets de la connaissance; et de la Mimânsâ en ce qu'il est plus philosophique, plus abstrait et en ce qu'il tient beaucoup moins de la religion commune. Sa doctrine est dite advâita « non dualistique t ; l'aphorisme fondamental est en effet le suivant Cêkam êvâdvitiyam « l'un est ensemble l'indivisible » ce qu'on explique ainsi : € il n'existe véritablement qu'un seul être, Dieu, Brahma (avec a final bref) ; tout procède de lui et l'existence indépendante du monde n'est qu'illusion; Tâme n'est que Dieu lui-même, car tout est en Dieu auquel nous devons le culte le plus simple et le plus légitime ». Dieu, la pure essence universelle, est au monde apparent ce que le lin est au vêtement, l'or au bracelet, la terre au vase. Il est créateur et créature, action et acte. Il est triple dans son unité, étant l'existence, la science et la joie ; aussi le nomme-t-on Saichtchid-ânanda (des mots sanscrits srt^ « l'être », tchii c celui qui pense », ânanda c celui qui se réjouit »). Mais il est indivisible, indivisé, inerte, insensible, inconscient, incompréhensible et incompris, immuable, sans commencement ni fin. Par un phénomène qu'il ignore, se détachent de lui pour sa seule distraction le monde physique et les âmes individuelles, les djivâimâ, qui s'échappent de lui comme les étincelles s'échappent innombrables d'un feu ardent.
L'âme est par conséquent éternelle, sans commencement ni fin puisqu'elle est la substance même de Dieu, et puisqu'elle est comme telle infinie, immortelle, intelligente, consciente, véridique. Sa séparation de Brahma est la cause de son ignorance qui consiste à croire à l'existence indépendante du monde : c'est ainsi que dans l'ombre une corde nous apparaît comme un serpent; et cette ignorance a le double pouvoir d'envelopper et de projeter. Dans cette Uu-