‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 51 sur 261 · U ÉCOLES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

U ÉCOLES PHILOSOPHIQUES

complète, nette et précise, de la doctrine vêdanta; ni les sacrifices, ni les austérités, ni les prières ne sauraient suffire pour y atteindre. Ces actes, certainement méritoires d'ailleurs, ne peuvent amener qu'une libération temporaire, soit pendant la vie même (et alors on peut accomplir certains actes merveilleux : évocation des ombres des ancêtres, transport corporel instantané à de grandes distances, etc.), soit après la mort (et alors l'âme va se reposer pendant un temps plus ou moins long dans un des paradis célestes).

Le néO'Vêdantisme prétend même que le monde n'a pas d'existence apparente et n'est qu'illusion ; la vieille doctrine se contentait d'affirmer que le monde, réel ou non, n'était pas la vérité pure. Le védantiste moderne observe certains devoirs et accomplit certaines pratiques dont ne parlent point les anciens textes ; il s'efforce de ne faire du mal à aucun être sensible, de ne jamais dire que la vérité, de ne pas voler, d'observer la conlinence, de ne point recevoir de cadeaux, de faire des pénitences, d'étudier le Vêda, de se tenir dans certaines positions pour essayer d'arrêter sa respiration, etc. Tout cela est étranger à la doctrine philosophique elle-même.

Ces six écoles, ces six doctrines, ces six t sciences > çâs» traSy comme disent les Indiens, sont vraimeat € classiques t. Mais il est en beaucoup d'autres; il est beaucoup d'autres théories, mixtes et intermédiaires, les unes anciennes, les autres modernes. Parmi les plus anciennes on peut citer celle qui est exposée dans le célèbre poème sanscrit connu sous le nom de Bhagavad-gUâ « le chant du bienheureux > ; il est censé faire partie de la grande épopée le Mahâbhârata. Deux armées sont en présence ; Dieuf incarné en Krchnay conducteur de char, se manifeste à son maître Ardjuna, l'un des chefs, et lui révèle la pure doctrine. Ardjuna s'inquiétait à la pensée qu'il allait verser le sang des rois, ses parents:

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t Fais ton devoir », lui dit le dieu, « car avant tout il faut accomplir Tœuvre de sa caste ; et tu es kchatrya^ tu es de la casle des guerriers. Et, du reste, ces corps que tu dois tuer sont essentiellement temporaires et périssables ; ils passent et finissent, tandis que les âmes éternelles et immuables ne passent et ne finissent point. Elles changent de corps de même que Thomme rejette de vieux vêtements pour en prendre des neufs ; et elles feront ainsi jusqu'à ce qu'elles soient, par la destruction de Tactivité, devenues indifférentes à tout ce qui n'est pas l'absolu. Mais cette indifférence n'est pas l'inaction ; il faut accomplir l'œuvre que la position obtenue sur cette terre impose, il faut remplir son devoir social, tout en sachant que le profit en est médiocre, tout en étant indifférent au mérite des œuvres terrestres, tout en aspirant à l'absolu ». L'auteur s'étend ensuite sur l'utilité el la nécessité des pénitences pour arriver à la destruction de l'individualité : la méditation, la concentration de la pensée révélera l'idée de Tunique universel dont chaque âme immortelle et vagabonde est une émanation tendant sans cesse à s'y réunir. De cet être suprême, parfait, infini, illimité, est également sortie la nature matérielle ; mais cette distinction de la nature et de Dieu est une pure illusion ; c'est par ses trois éléments matériels, le pur, l'actif et l'inerte, que la nature méconnaît son origine. C'est pourquoi l'assistance divine qui peut être obtenue par la prière, est indispensable pour arriver, dans une des vies futures qui nous menacent, à dissiper peu à peu l'illusion des sens et à acquérir la juste connaissance du but suprême. Cette doctrine est, on le voit, nettement c éclectique ».

Gomme conclusion à cette rapide revue des subtilités métaphysiques de la scolastique indienne, nous ferons remarquer l'accord de tous les systèmes quant au but final, et par conséquent quant à la morale que doivent pratiquer les

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