‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 56 sur 261 · LÀ TRINITÉ · texte numérisé non relu

LÀ TRINITÉ

ces trois qualités devaient se manifester par trois apparences égales, séparées, mais pourtant uniques (car elles étaient chacune dieu) : la puissance active, la puissance protectrice, la puissance instinctive. Voilà Tidée première de la Trinité, ou, comme on dit dans Tlnde, des IrUmûrUi < trois formes, trois manifestations, trois personnes ». A la fin de son Kalpa^ le créateur Brahmâ, la puissance active, s'endort pour une nuit de durée égale à cejour. C'est alors que le pralaya^ la dissolution, commence; tout est réduit par la puissance anti-active. A son réveil Brahmâ crée de nouveau et la puissance protectrice veille à la conservation de la création jusqu'à la fin du nouveau jour. Yichnu et Çiva furent pris pour types des deux nouvelles personnes de la trinité. Çiva, la troisième, préoccupa vivement l'imagination des pieuses gens. On le considéra' de bonne heure comme terrible et redoutable, comme un destructeur insatiable; puis on associa son œuvre à la nouvelle création prochaine et l'on en fit la rénovation par excellence; plus tard encore on songea que la destruction, la dissolution, c'est simplement le retour à l'âme universelle et l'on vit dans Çiva l'éternel exemple de Tascète plongé dans la méditation libératrice; telle est Torigine probable du Çivaïsme sur lequel nous allons revenir.

La trinité indienne a pour formule mystique la syllabe ont, formée de a, w, m, où a représente Brahmâ, u Yichnu et m Çiva; suivant M. J.-G. Thomson, ces trois lettres avaient une autre signification originelle : a serait l'initiale d'oint c feu », u celle de varuna c océan, eaux », et m celle de marut c vent, air i; l'om représenterait ainsi les trois éléments supédeurs au quatrième, la terre. Rappelons les étymologies probables de fîraAmd(rémané), de Vichnu (celui qui pénètre, qui va partout, qui est partout, et de Çiva (l'heureux, le bienfaisant). A la naissance de chaque homme, Brahmâ grave sa destinée sur son front par un signe mystérieux.

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