BÉNÉFICES DE L*ASGÉT1SME
gieuse, çraddhây est la vraie maîtresse du monde ; c'est elle seule qui accorde Timmortalité et qui élève Tliorame au rang des dieux.
Par une rigoureuse pénitence, par l'observation exacte * de ces règles, on peut obtenir les huit grandes perfections, siddhis : développement des humeurs du corps indépendamment de la nutrition, libération des appétits sensuels, égalité de caractère, unité de vie et de figure, exemption d'in6rmitésoude maladies, accomplissement des méditations el des pénitences jusqu'à l'obtention de la pure sagesse, faculté de se transporter partout à volonté, pouvoir de demeurer toujours n'importe où. D'autres listes impliquent la faculté de se rendre à volonté petit comme un atome ou de se grossir sans fin, de se rendre extrêmement pesant ou extrêmement léger, de se procurer tout ce dont on a besoin et de satisfaire tous ses désirs, de pénétrer partout, de contraindre toutes les créatures à obéir à ses desseins et enfin de changer de forme à volonté.
Les sectateurs de Çiva portent sur le front soit un cercle
de cendre de bouse de vache (appelé en tamoul poilu) soit
ce cercle et au-dessous trois lignes horizontales allant de l'un
à l'autre sourcil, marque particulièrement appelée iilaka.
La cendre sacrée, provenant de la crémation de galettes de
bouse de vache desséchée au soleil, s'appelle en tamoul Uni-
nir'u € cendre sainte » et en sanscrit vibhûti. La formule
habituelle d'invocation est le pentagramme namaçivdt/a
< gloire à Çiva! » Les çivaïstes ne brûlent pas leurs morts;
ils les enterrent.
Çiva est représenté monté sur un taureau blanc appelé Nandi < l'heureux ». Il a lui-même la figure blanche, mais sa gorge est encore bleuie du poison produit au commencement du barattement de la mer de lait et qu'il se dévoua pour avaler. Ses cheveux sont rosés, nattés et relevés sur l'occi-
viRSON. — Religions actuelle». S
114 ÇIVÂISME.
put : ils renferment le Gange; au sommet du front est le croissant de la lune. Un serpent, emblème du temps et de Téternité, s'enroule autour de son cou. Il a trois yeux, dont un au milieu du front, par allusion aux trois temps: passé, présent, futur. Il a les reins entourés d'une peau de tigre. Au milieu d'armes innombrables, il tient à la main un trident, symbole de la triple puissance créatrice, conservatrice et destructrice. Il a de deux à trente-deux mains et on lui donne jusqu'à cinq têtes. Le paradis demeure habituelle de Çiva est leKâilâçay montagne d'argent, qu'on place dans l'Himalaya; Çiva a plus de mille noms dont voici les principaux : itttdra, Mahêçay Sadâçiva, Çambhu « le sage », Içvara < le Seigneur », Atchârya « le maître », Bhava € l'être », Hara « le souverain », /pdna « le chef » et Bhâirava « le terrible ». Ce dernier nom ou plutôt cette dernière forme est celle particulièrement vénérée par la plupart des pénitents appelés Dandis, qui initient les profanes en leur faisant au genou une petite incision : le sang qui coule de la plaie est offert au dieu; ils se rasent la barbe et les cheveux, à rencontre des Nâgas qui vont nus, qui se couvrent de cendres et laissent croître leur barbe et leurs cheveux.
La représentation de ce Çiva destructeur est effroyable : il brandit dans ses nombreuses mains des armes redoutables, sa figure exprime la fureur, il foule aux pieds des cadavres, son cou est entouré d'un chapelet de crânes. La femme, la çakli de ce Çiva, est la fameuse Kâii a la noire » ou Durgâ « la cruelle », qui prend, dans diverses localités, comme nous l'avons vu plus haut, les noms de Bhadrakâli « la puissante Kà/i », de Pidârî a la guérisseuse », de Tchâmundâ (au Maïssour), etc. Cette déesse est peinte noire ou bleu sombre, piétinant des cadavres, la langue tirée, les mains rouges, les cheveux tombant jusqu'à terre, avec un collier de têtes et une ceinture de mains sanglantes; très souvent