CULTE DES ANCÊTRES
ne comprend plus guère que la cérémonie du feu, hôma; on brûle cinq espèces de bois, avec de Therbe sacrée kuçUy du riz et du beurre liquéfié, et on récite des mantras; la cérémonie, qui a pour but l'obtention d'une faveur spéciale, ne peul être faite que par un brahme.
On peut comprendre parmi les fêtes commémoralives les çrâddhaSj sacrifices funéraires, qui sont peut-être le plus ancien monument du culte public qui soit parvenu jusqu'à nous. Les çrdddh<is consistent essentiellement en offrandes d'aliments aux pil}\ c'est-à-dire aux esprits des ancêtres. Il y en a de diverses espèces : les uns ont un but purement respectueux et funéraire; d'autres sont des actions de grâces pour un bonheur survenu; d'autres ont pour objet l'obtention d'une faveur. Il y en a de quotidiens, de mensuels et d'occasionnels. Les çrâddhas quotidiens ne consistent plus aujourd'hui qu'en une libation d'eau; les pilr sont censés venir la boire. Les autres se font avec plus de solennité, le jour de la nouvelle lune, en présence d'un petit nombre de personnes, rigoureusement choisies (brahmes, parent^?, amis, etc.), dans un endroit écarté, purifié à l'avance. Le brahme officiant sacrifie d'abord à Agni, à Soma et à Yama, en versant du ghi sur le feu sacré qu'il a allumé; pui^ il offre des aliments au père, au grand-père et au bisaïeul de celui qui fait faire le çrdddha : cette offrande se fait en versant de l'eau sur le sol, et en projetant au loin trois bouletles de riz bouilli. La cérémonie se termine par un banquet auquel prennent part les assistants mais dont les restes doivent être brûlés ou jetés à l'eau; ils peuvent cependant être mangés par un brahme, une vache ou un chevreau. Les boulettes sont quelquefois remplacées par de petits gâteaux appelés jofndas; la femme du personnage qui a fait faire la cérémonie doit manger la moitié d'un de ces gâteaux pour obtenir un fils illustre et doué de toutes les qualités.
FÊTES. il7
Quant aux fêles proprement dites, elles sont très nombreuses el varient suivant la région, la secte religieuse, la caste, etc. 11 y a par exemple les fêtes des divinités purement locales, comme celles d'EllammâJ et de MâriyatlâJ ou Mâriyammàl à Pondichéry; celle d'Egallâî à Madras, dont nous avons déjà parlé. Ellammâj et MâriyattâJ sont spécialement adorées par les parias; leur culte e^ cependant aujourd'hui adopté par les gens de caste, mais les brahmes affectent encore pour ces c superstitions » le mépris le plus profond ; leurs fêles sont célébrées au mois de juillet : elles durent neuf jours; les principales solennités sont de grandes processions nocturnes où figure Tchilragupla, secrétaire de Yama, celui qui inscrit sur son registre les actions des hommes, les bonnes à droite, les mauvaises à gauche. Pour Ellammâ^, les dévots établissent sur le passage du cortège des reposoirs où des enfants figurent des scènes mythologiques. Quant à Mâriyaltâ/y il parait que les Indiens cherchent à opposer son culte à celui de la sainte Vierge des catholiques. L'idole, revêtue d'une robe blanche et rouge, couverte de bijoux et de pierreries, courbe sa tête sur ses épaules; elle s'avance sur son grand char précédé de Ganêça qui chasse les obstacles, de son fils Kâttavarâya et de Paraçurâma, au bruit de mille instruments retentissants. Les parias pieux de Pondichéry, quand ils veulent obtenir une grâce spéciale, font en l'honneur de Mari une pénitence qui consiste à coucher toutes les nuits, pendant un mois, dans le temple, près de l'idole, et à s'abstenir pendant ce temps de tout rapport avec une femme (on ne doit pas non plus mâcher de bétel); ce temps expiré, le pénitent évoque la déesse dans une cruche pleine d'eau, où a été mis un jeune serpent capelle; il porte solennellement sur sa tête, dans les mes de la ville, cette cruche qui est finalement jetée à la mer.
Les bergers du Maïssour célèbrent, dit-on, la fête de leur
lis CULTE POPULAIRE.
dieu terrible Birappa d'une manière bien désagréable pour le prêtre officiant : il se met à genoux devant la statue du dieu €t, s'appuyant des deux mains à terre, dresse la tête, rasée comme toujours; quatre hommes se tiennent auprès de lui ei lui brisent sur la tète les cocos que les fidèles apportent eii foule. Aux fêtes de Mâriyammâi, les femmes offrent du riz bouilli, les hommes apportent des boucs, des porcs et des €Oqs auxquels ils coupent la tête devant la déesse qui est représentée assise, avec quatre mains tenant un tambour, un trident, un paquet de cordes et un crâne. A Kumbhakkônani {angl. Combacanum) non loin de Karikal, se célèbre tous les douze ans, à la pleine lune du mois de Mâçi, qui est censée €elle où Jupiter entre dans le signe du Lion, la grande fête du Mahâmagha c grande constellation » pendant laquelle il suffit de se baigner dans l'étang sacré de la Pagode pour être sûr d'éviter la renaissance.
Il y a des fêtes d'un caractère plus général, par exemple le Pongal {\u\go pongol)y le HôU, \cDjanmachlâmi{en bangalî, jantwo-05^omt), \e Dasora, le Dharmmaraya'habbayle DipâvaU (contraclion vulgaire Dêwâli), la fête des caliiau^, etc. Le Pongal (mot tamoul qui veut dire « bouillir » : la cérémonie principale consiste à offrir au Soleil du riz bouilli dans du lait), appelé aussi Sankranti ou Uttarâyanùy se ■célèbre au mois de janvier et dure une huitaine de jours; 4:'esl l'époque où, à Timitalion des Européens, les Indiens se font des visites de congratulations et de bons souhaits; la fête célèbre l'entrée du Soleil dans le signe du Capricorne. Le BôUy carnaval indien, s'observe surtout dans le nord, en mai, c'est-à-dire au printemps; c'est une sorte de satumalc où les rigueurs des divisions sociales sont un peu atténuées; dans le sud, c'est la fête du Kâma, le dieu de l'amour; au Bengale, on fêle la jeunesse de Krch«a; ailleurs HôU est une déesse inférieure, un vampire femelle qui dévore les petits