FÊTES
enFants. Le Djanmaehtâmif à la fin de rété, rappelle la naissance de Krchna. Le dasara ou Durgâpûdjâ c fête de Durgâ »,au commencement de l'automne, dureune quinzaine de jours; chez les Mahrattes, on sacrifie des buffles et des moulons à la déesse ; ailleurs la fête est moins sanglante, on offre seulement à Tidole du riz, des fruits, des ileurs et on lui présente, comme pour être bénis, les instruments d'agriculture. Le Dharmmaraya-habba rappelle l'un des héros du Mahâbhflrata; le propre de cette fête, c'est que les brahmes n'y prennent point part : l'officiant est un Soudra.
Le Dtpâvali en octobre ou novembre, est au Bengale, la KâMpfûdjâ € fête de KâH » ; elle rappelle la victoire de KâH sur les monstres Tchanda et Manda qu'elle tua et dont elle massacra toutes les armées. C'est alors qu'ivre de joie, elle se fit un collier de tètes et une ceinture de mains et qu'elle se mit à danser de façon à faire trembler la terre. Çiva vint la prier de cesser; elle ne l'entendit pas et continua sa danse furieuse. Le grand dieu prit alors le parti de se coucher par terre et KAli vint à marcher sur lui; mais, quand elle s'aperrul de son impardonnable étourderie, elle s'arrêta court cl, toute honteuse, tira la langue. En commémoration de cette honte de Rà/i, les Indiens, pendant la fête, tirent constamment leur langue toujours rougie par le bétel. Par là s'explique aussi la façon dont la déesse est ordinairement représentée. Dans le midi, il parait qu'on célèbre à cette date la mort de Ràvana, tué parRâma; la nuit, dit-on, les vichnuvistes serrent tout leur argent dans un coffre et l'adorent en l'honneur de Lakchm!, femme de Vichnu.
La fête des CatiiauXy nom vulgaire adopté par les Européens, est purement çivaïste. Elle a lieu en novembre et rappelle l'apparition de Çiva sous l'aspect d'une colonne de feu à Tiruvattnâmalei. C'est proprement la fête du feu. On lire des feux d'artifice, on illumine les maisons. Les enfants
lîO CULTE POPULAIRE.
s'amusent à faire tourner des torches de fleurs de palmier auxquelles on a mis le feu, en criant mâvaliyômâvé c ô grand Bali! ô prince! ». Le peuple appelle caUiaux (orthographe française) ces torches et les pièces d'artifice indiennes; le mot est une contraction du nom original de la fête, Kârlikôtsara .
Il y a encore deux autres fêtes à mentionner, celle des accrochés, en înin, et celle de Y épreuve du feu ^ en août. Cette dernière rappelle l'épreuve que subirent, pour affirmer leur fidélité conjugale, Drâupadî, femme des cinq héros du Mahâbhârata, etSitâ, femme de Râma, qui franchirent, sans en souffrir, un large bûcher; aussi, lors de cette fête, les dévots passent-ils, plus ou moins impunément, sur une couche de charbons ardents de trois à quatre mètres de long. L'autre fête, en l'honneur de la déesse Mâriyammâi, a plutôt le caractère d'une cérémonie expiatoire : des pénitents se font suspendre par un crochet, qu'on leur enfonce dans le dos et qui est retenu par un bandage de linge, au bout d'une longue perche qu'on fait tourner en l'air par l'autre extrémité sur un pieu élevé qui sert de pivot; ce supplice douloureux donne aux pénitents des mérites très considérables : la déesse leur révèle la voie qui mène sûrement à la connaissance de Çiva.
L'hindou pieux a d'ailleurs de nombreux pèlerinages à accomplir, de nombreuses stations saintes à visiter. Les vichnuvistes vont surtout au Gange, à Puri (temple de Jagrenâl), et à Râmêçvara^ endroit où Râma franchit le détroit qui sépare l'Inde de Ceylan. Les çivaïsles ont un nombre très considérable de lieux saints, où se sont passés les événements merveilleux racontés par leurs légendes. Toutes ces stations, tous ces endroits sacrés, sthalas, ont des pagodes renommées.
Ce nom de « pagode p donné aux temples de l'Inde et plus