‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 65 sur 261 · CULTE POPULAIRE · texte numérisé non relu

CULTE POPULAIRE

indien en ajoutant à cette liste le purôhita, devin, prêlre domestique, dont nous avons déjà parlé plusieurs fois et, chez les linganistes vîraçâivas, le mahat, précepteur-spirituel , dont les fonctions sont héréditaires, qui est chargé de l'initiation dans la secte et de Taccomplissement des cérémonies funèbres.

Les bayadères (portugais balhaderas « danseuses > ; le mot sanscrit esidêvadâsi, i^mou\ lé vaài y â\ « servantes de Dieu >) sont chargées de chanter et de danser pendant les cérémonies, de laver les statues des divinités principales et secondaires, de les orner de fleurs, etc. En dehors du temple, ce sont assez souvent des courtisanes distinguées ; elles sont relativement fort instruites. Elles se recrutent soit par adoption ou par achat, soit par une coutume générale dans le pays qui affecte à cet emploi la première fille d'un tisserand. Elles sont nourries par la pagode et c'est là tout leur salaire; elles n'y logent point.

Il y aurait encore bien des choses à dire sur les religions de rinde, mais le résumé qui précède pourra en donner une idée sinon complète du moins générale. Il convient pourtant encore de parler de deux ou trois sectes ou réformes modernes qui ont un caractère parliculariste très prononcé et notamment de la très importante religion des Sikhs.

On peut citer tout d'abord la secte ou la société des Tckâr» vâkas, honnis par toutes les écoles, mais qui ne sont pourtant point les plus déraisonnables. Ils n'admettent comme source de la certitude que la sensation; ils ne reconnaissent que quatre éléments éternels, la terre, l'air, le feu et l'eau; ils ne distinguent point Tâme du corps et affirment que tout le monde physique s'est produit spontanément. Ils nient le ciel, l'enfer, la délivrance, le monde métaphysique; et l'aillent avec un bon sens irréfutable les momeries, les sima-

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gi*ées, les prières, les croyances des dévots Ieui*s contempo* raîns : c pourquoi », disent-ils, c donner des provisions aux voyageurs s'il suffit d'exposer de la nouniture pour nourrir des êtres aussi éloignés que les dieux? Si les morts réduits en poussière peuvent revenir à la vie, pourquoi ne reviennentils pas voir ceux qu'ils ont aimés? Les sacrifices coûteux ordonnés pour les morts ne servent qu'à l'entretien des prêtres ! les auteurs des Yêdas étaient des vauriens, des imbéciles ou des farceurs ». On pourrait certainement plus mal dire. Cette école ne parait pas avoir fourni une brillante carrière; elle choquait trop de gens et se heurtait à un trop grand nombre de préjugés.

Un réformateur du xi?« siècle, Râmânand, eut douze disciples dont le plus célèbre est Kabir, qui est revendiqué par les Musulmans et par les Hindous de toutes sectes, mais que ses doctrines rapprochent certainement du vichnuvisme. Suivant les Kabiristes, il n'y a qu'un Dieu, possesseur d'un corps formé d'éléments matériels, et semblable à l'homme sauf qu'il est s<ins défauts. U demeura seul pendant soixantedouze âges; puis il éprouva le désir de renouveler le monde; ce désir prit une forme féminine, celle de Mâyà « Tillusion » avec laquelle Dieu engendra Brahmâ, Vicliwu et Çiva. Il se retira alors et laissa Màyâ libre; elle essaya de séduire les dieux et de dominer l'univers, mais Vichwu résista, et c'est pourquoi on le vénère plus que les deux autres. Sarasvatî, Lakchmi et Umâ furent le premier résultat de cette séduction ; Mâyâ les maria aux trois dieux pour produire le monde. La vraie fin de l'homme est par conséquent de comprendre la non réalité de Mâyâ, et, tant qu'il ne Taura pas comprise, il sera soumis à la renaissance sur la terre et dans les autres planètes. Pour arriver au bat, les adeptes ne doivent attenter à la vie d'aucun être, vie qui vient de Dieu, ils doivent observer rigoureusement la charité et la vérité; il est bon

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