RELIGION DES SIKHS
de se retirer du monde; il est excellent de s'attacher à un guru dont on doit auparavant s'être assure de la science et du mérite. Il ne faut rendre hommage à aucun dieu particulier, il est mauvais de suivre des rites et de faire les cérémonies du culte commun; cependant il ne faut pas se mettre ouvertement en opposition avec les usages de son pays et les exigences de sa caste.
On prétend que, parmi les élèves de Kabîr, le plus éminent fut NAnak, fondateur de la religion des Sikhs. Cette religion, répandue dans lout le Pandjab, mérite d'être étudiée avec quelques détails.
Au mois d'avril de Tannée 1469 de notre ère naissait, sur les bords de la Rûvî (l'Hydraotes des Grecs), à Talvawdî, un peu au delà de Lahore, un enfant remarquable qui révéla de bonne heure, par son intelligence précoce, les hautes destinées auxquelles il était appelé. Son père, Kâiu, de caste kchatrya, était un simple campagnard, pour ainsi dire le fermier d'un riche Râdjpoute converti à l'islamisme. Le jeune Nânak, au lieu de jouer comme les enfants de son Age, était toujours absorbé dans ses méditations sur l'être suprême et quand, à l'Age de sept ans, il dut aller à l'école, il étonna son maître, dès le premier jour, parla profondeur de sa science. Plus tard il se maria, eut deux fils, Lakhmî-dAs et Sirî-tchand, mais il n'en mena pas moins une vie aussi retirée du monde que possible.
L'histoire de sa vie est pleine de légendes merveilleuses. On raconte que lorsqu'il s'endormait à l'ombre d'un arbre, Tombre de cet arbre restait immobile malgré la marche du soleil et continuait à Tabritcr jusqu'à son réveil; que d'autres fais, il était ombragé du soleil par une énorme vipère noire. Bes faits plus réels sont racontés : il passait sa vie à méditer, amenfii faire, à fréquenter les fakirs et les religieux menétÊOUS^i SI famille prit le parti de l'envoyer à Sultanpour,
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chez son beau-frère Djâirani, employé au commissariat du nabab Dàulal Kkàn, dans l'espoir que, sous des influences officielles et puissantes, il changerait de genre de vie. Rien n'y fit. Il ne travailla point davantage, continua à méditer et se lia avec un musicien ambulant nommé Mardànà avec qui il passait les nuits à chanter les louanges de Dieu.
Un matin, pendant qu'il se baignait, il fut ravi en présence de Dieu qui le consacra prophète, lui offrit une coupe d'ambroisie et lui recommanda de proclamer sur toute la terre le nom de Hari. A la suite de cette vision, Nânak distribua tous ses biens aux pauvres, quitta sa maison et se ût fakir, ainsi que son ami Mardânà. Il demeura d'abord aux environs de Sultanpour, où il prononça son premier aphorisme : « Il n'y a ni Hindou ni Musulman ». 11 fit ensuite cinq tournées ou missions : la première vers l'Est, à Delhi; la seconde vers le Sud jusqu'à Geylan (voyage bien invraisemblable) ; la troisième dans le Kachmir ; la quatrième à l'Ouest, à la Mecque; la cinquième enfin à Gôrakh-ha/arî, endroit que l'on ne peut déterminer. Partout il édifiait la population, il faisait de vrais miracles. Il passa le reste de sa vie à Kartârpur, dans le Djalandhar Doàb, au milieu de sa famille et de ses disciples, et il y mourut le 10 octobre 1538.
Après sa mort, on cite neuf gurus qui ont été les chefs successifs de la religion qu'il avait fondée et qui allait se développant de plus en plus. Tous ces giirus^ consacrés chacun par son prédécesseur vivant, devaient à leur avènement, si cette expression n'est pas trop hardie, quitter leur nom propre pour prendre le nom sacré de Nûnak. Voici les noms de ces personnages dont les biographies sont remplies de miracles et de merveilles : Angad (1533-1552), Amardûs (1552-157/*), Râmdâs (1574-1581), Ardjun (1581-1606), Ilargôvind (1606-1638), Har-rài (1638-1660), Har-Kisan (1660-1664), Têg-Bahâdur (1664-1675), Gôvind Singh
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(1675-1708). Le premier avait été disciple de Nânak et eut Amardûs pour serviteur. Rârndâs laissa sa place à son fils et fut ainsi le fondateur d'une sorte de dynastie religieuse. Ardjun, homme remarquable etd'une instruction supérieure, organisa la communauté des Sikhs en un gouvernement complet. Son fils Har-gôvind fut le premier qui prit les armes contre le Grand Mogol, et défendit la nouvelle religion contre le fanatisme musulman. La lutte se continua longtemps ;Tèg- Bahâdur fut décapité à Delhy ; son fils Gôvind Singh, forcé de se soumettre au Grand Mogol, fut envoyé dans le Décan où il mourut assassiné.
Les Sikhs restèrent longtemps sans chefs ; puis ils se laissèrent conduire par un certain Banda, hindou converti, qui se souleva contre les troupes impériales. Vaincu, poursuivi, assiégé et pris au fort de Gurdàspur avec sept cent quarante de ses hommes, il fut emmené à Delhi où les prisonniers furent cruellement traités; tous les jours, on en c martyrisait 9 cent. Le huitième jour vint le tour de Banda: on lui mit son fils sur les genoux et, lui donnant un poignard, on lui ordonna de le plonger dans la gorge de l'enfant, ce qu'il lit sans trembler et sans hésiter; puis, avec des tenailles rougies au feu, on lui arracha des lambeaux de chair jusqu'à ce qu'il rendît l'esprit.
Les Musulmans entreprirent alors une vraie croisade contre les Sikhs dont beaucoup abandonnèrent la religion de Nânak. Mais les fidèles se réfugièrent dans les monlagnes. Puis, quand la révolte des Mahrattes et les dissensions des Nababs vinrent troubler Tempire, ils reprirent courage et, sous la conduite de Djassâ Singh, qui prit le lih q de K lui hâ, s'emparèrent de Lahore. Ballus par Ahinad Chah, ils recouvrèrent leur indépendance peu après et se constituèrent en une sorte de République. On sait que de 1799 à 1830, ils eurent pour souverain Randjît Singh. dont notre compalriole Allard dis-