EXTENSION GÉOGRAPHIQUE
nombre d'hérétiques djâinas dont nous parlerons plus loin. Inutile de dire que, nulle part, le Bouddhisme ne resta pur: ainsi, au Japon, en 1262, un nommé Sin Ran fonda une sorte de religion mixte en incorporant dans le culle de Gâutama une grande partie des coutumes Sin-toîstes : la religion de Sin-tô, savante dame du xii* siècle, n'était autre que la vieille religion naturaliste du Japon.
De précieux renseignements sur l'histoire du Bouddhisme indien nous sont fournis par les relations de voyage des pèlerins chinois, Fa-Hian de 399 à 414 après Jésus-Christ, Sang Tun en 518 et Hiuen-Thsang de 629 à 648, qui ont été traduites et publiées en français par Abel Rémusat et par Stanislas Julien.
Actuellement, le Bouddhisme est florissant chez lesKirghis et les Kalmouks qui constituent pour ainsi dire son avantposte occidental, et dans la vaste région qui s'étend entre Téquateur et le cinquante-cinquième degré de latitude nord, le quatre-vingtième et le cent quarantième degrés de longitude orientale de Paris. Il est professé par 500 millions d'hommes environ (dont 167000 seulement dans l'Inde proprement dite), c'est-à-dire par les deux cinquièmes du genre humain; par le nombre de ses adhérents, c'est de beaucoup la première de toutes les religions, celle qui aurait véritablement droit à l'épithète de catholique. Aussi a-t-elle été, depuis ces dernières années surtout, très étudiée.
Le développement de ses doctrines et de son organisation est aujourd'hui bien connu. Les disciples du Bouddha, ses çrâvaka c auditeurs », qui s'appelaient eux-mêmes çramana t les purs >, étaient peu nombreux et il n'y avait entre eux ni distinction ni hiérarchie ; on en cite cependant quatrevingts qui ont reçu le nom de mahâçrâvaka « les grands auditeurs >. Pendant longtemps il n'y eut point de prêtres dans le Bouddhisme; c'était une association de philosophes.
une société d'hommes religieux, lassés de la vie mondaine et aspirant au nirvânay au but suprême {gati c voie, progrès > ou môkcha < délivrance >). Mais, plus tard, quand le nombre des adhérents devint très considérable, la distinction entre les laïques et les religieux s'imposa d'elle-même. La règle s'adoucit pour les premiers, s'aggrava pour les seconds. Tout le monde put se faire bouddhiste en continuant à vivre de la vie ordinaire; le Bouddha distinguait déjà deux sortes de disciples : les adeptes zélés, les religieux mendiants comme lui, et les donneurs, les maîtres de maison. Pour faire partie de l'association dégagée des préoccupations terrestres, qui allait partout mendiant et prêchant la pure doctrine, certaines conditions furent exigées. 11 ne suffit plus de se présenter et de se mettre à la suite du Bouddha : cette sorte d'enrôlement volontaire dut occasionner de graves désagréments au Maître ; aussi fallut-il justifier qu'on n'avait pas de maladie contagieuse, qu'on n'était ni serf ni soldat, qu'on n'avait point de dettes, qu'on était indépendant, qu'on avait obtenu l'autorisation de sa famille. Il suffisait primitivement de se faire raser la tête et de prendre le vêtement jaune spécial aux membres de Tordre; il y eut plus tard une cérémonie d'initiation de plus en plus compliquée.
En même temps, la nature de l'ordre changeait : ces mendiants, auxquels les séculiers devaient fournir les choses nécessaires à la vie, devinrent sédentaires lorsque des princes généreux leur eurent donné la sécurité de l'existence en leur attribuant des terres et des maisons. Installés dans ces propriétés, ils devinrent de véritables moines ne quittant plus leur couvent que pendant une des six saisoBS de l'année (celle pendant laquelle Gâutama se reposait an contraire) pour aller prêcher et mendier au loin ; ils revenaient ensuite dans le même monastère où la hiérarchie