BOUDDHISME MODERNE
supérieure. Celui-là, accessible à tous, peut et doit être considéré comme la seule, Tunique, la vraie vie. La preuve d'une sainteté supérieure est, au moins dans la période moderne du Bouddhisme, un état extatique prolongé, une sorte de catalepsie ou d'hypnotisme spontané, qui a reçu le nom de Samâdhi.
Quant aux laïques, ils en eurent vite assez de ces considérations théoriques; il leur fallait un culte à prières, à cérémonies, à idoles. On fit des dieux; on incorpora dans le Bouddhisme ceux du vichnuvisme et du çivaïsme dont on fit les principaux adorateurs d'Avalôkitêçvara, un prédécesseur mystique et imaginaire du Bouddha : nous y reviendrons; il fui ainsi permis aux dévots vulgaires de conserver leur foi dans les charmes, les formules, les cercles magiques. Les hideuses représentations de divinités à têtes énormes, à bras et jambes multiples, reprirent leurs places dans les temples, dans les monastères, aux bords des routes, faisant escorte à rimage du Bouddha. La méditation fut remplacée par la prière, par la récitation de formules indéfiniment répétées. Puis la prière devint machinale. On inventa le guide du dévot, les moulins à prières, les chapelets, etc.
Les Bouddhistes modernes distinguent dans leur religion ce qu'ils appellent € les trois pierres précieuses » triratnu : le Bouddha, la Loi et l'Assemblée (sangha); ils disent que leur doctrine est exposée dans les livres qui forment la triple corbeille, Tripiiaka : 1* les sûtra, aphorismes ou discours du Bouddha, Xoy/a, recueillis par Ananda; on appelle aussi ces recueils Buddhavatchana t paroles du Bouddha > ou Mûlagrantha « livre du texte »; 2" les Vinaya, traités de discipline, rédigés par Upâli; S'* VAbhidharmay code de lois spéciales pour les êtres du monde immatériel ou plutôt traités de métaphysique et de philosophie qu'on dit avoir été composé par le sage Kàçyapa.
LES DEUX VÉHICULES. f6ff
Comme le Bouddha parlait souvent de la nécessité de c tour ncrlaroue de la loi >, dharmatchahra^ c'est-à-dire de l'obser- Ter complètement, le disque, tchakraj est devenu le symbole du Bouddhisme. La question de la svastika se poserait ici : ce signe, dont le nom indien veut dire c objet de bénédiction », a la figure d'une croix dont chaque branche se termine par un coude perpendiculaire au rayon. C'est évidemment là le signe abrégé d'un cercle; la croix simple ne serait qu'une rédaction. Ces symboles, qu'on trouve chez beaucoup de peuples anciens et modernes, sont considérés comme des emblèmes solaires; on y a vu aussi des emblèmes phalliques, un signe des puissances génératrices.
Au point de vue de la doctrine principale, c'est-à-dire eu égard à la manière de concevoir la voie du salut, le Bouddhisme se divisa et se divise encore en deux grandes écoles, celle dn c petit véhicule >, hînâyana, et celle du c grand véhicule » màhâyana; c véhicule > est pris ici dans le sens de € moyen d'arriver à la vraie voie > . La première doctrine, plus simple et plus ancienne, est surtout suivie dans les pays méridionaux et occidentaux. A la seconde, relativement moderne et plus compliquée, se rattachent tous les Bouddhistes du Nord et de TEst ; c'est celle-ci qui a produit la religion thibétaine si étrangement pareille au catholicisme par ses monastères d'hommes et de femmes, par la tonsure et le célibat de ses prêtres, par le culte des reliques, la confession auriculaire, les fêtes, les processions, les cloches, les litanies, les chapelets, Teau bénite, l'intervention des saints et la hiérarchie sacerdotale.
Les sectateurs du petit véhicule croient aux quatre vérités et aux huit principes de la c noble > voie ; ils ont de plus douze nidânas c enchaînement des causes > : l'ignorance qui produit le mérite ou le démérite; le mérite ou le démérite qui amène la connaissance; la connaissance qui distingue
TUISON. — Religions actaeUes. il