BOUDDHISME MÉRIDIONAL
la doctrine est restée plus pure et plus conforme à la tradition originale.
La particularité la plus remarquable du Bouddhisme ceylanais est le culte de la célèbre relique, la dent du Bouddha. Nous avons vu qu'on conservait dans la grande lie deux dents du réformateur; l'une d'elles seule est célèbre. C'est, dit*on, la canine supérieure gauche de Çftkyamuni. Recueillie sur son bûcher, par son disciple Kchèma, elle fut par lui apportée dans la ville de Dantapura < ville de la dent >, capitale du royaume de Kalinga. Elle y resta huit cents ans, mais au bout de ce temps, excité par les réclamations et les plaintes des brahmes, le roi de Pâfaliputra (Patnâ), Pâitdui envoya une armée pour s'emparer de la précieuse relique. Dès qu'il l'eut en sa possession, il essaya de la détruire. 11 la tit jeter dans une citerne remplie de charbons ardents: du puits sortit un lotus éblouissant au sein duquel brillait la dent sacrée; c'est là, paralt-il, l'origine de la célèbre formule 6m! mani padmê hum! qu'on peut traduire c oh ! la pierre précieuse est dans le lotus >. Alors; Pându la fit plonger dans un marais putride, mais le marais fut purifié et la dent y demeura intacte. Irrité de ces échecs, le despote la fit enterrer : elle reparut au jour sous une fleur de lotus; il la fit battre par un marteau puissant sur une enclume de fer : elle s'y incrusta sans être altérée. Après d'autres tentatives infructueuses, le persécuteur se convertit et renvoya la relique à Dantapura. Mais elle n'y était plus en sûreté; de nouveaux ennemis vinrent pour s'en emparer et le roi de Kalinga prit le parti d'en faire présent au roi de Ceylan, Mahâsèna, vers l'an 910 de Jésus-Christ. Il la lui envoya par sa fille Hêmamâlft et son gendre Dantakumâra, déguisés en brahmes. Déposée d'abord à Anurâdhapura, près du rejeton de l'arbre sacré, elle fut transportée à Kandy en 1S68. Elle y devint l'objet d'un tel culte et d'une telle vénération que