‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 87 sur 261 · BOUDDHISME CHINOIS · texte numérisé non relu

BOUDDHISME CHINOIS

sU'tu et le Nirvana est appelé Nie-pan ou Ni-puan-n Quelques noms sont traduits : le nirvana est rendu par tchin kio € intelligence accomplie > ; maitrêya par miao-ki-tsian pratyêka par Vo-khio; mahèçvara par la-lseu-lsai c le grai maître > ; tathâgata par ju4a% c même ou ainsi venu kapilavastu a été nommé hoang-icVu c le lieu jaune ». 1 dhyâna est en chinois chen; les véhicules y sont dits chin (ta-ching^ le grand, siao-chingy le petit); etc. L'enseign ment philosophique chinois, basé sur des traductions * deux grands livres indiens saddharmapunàarîka c le lot du vrai devoir > et lalitavistâra c le développement du jeu comprend les cinq voies du salut (celle des bouddhas, d bôdhisatvas, des pratyèkabouddhas, des çrâvakas et d hommes purs); les cinq agrégats naturels (cinq conditioi d'existence : décrépitude et mort, naissance, existence ph sique, conception ou attachement, et soif ou désir), lescii prohibitions (u-kiaï)^ les cinq facultés divines, les cinq a ments purs, les cinq éléments de la personne du Boudd (rûpa^ vêdanây etc., en chinois : SBy chëu, siang, hin chi); lestripiiaka (sen-Csang) et les triratna (sen-pao), et Parmi les objets du culle, il y a les cinq ombres (u-iti dont l'ombre de Bouddha {Fo-iiiy en sanskrit Buddh tchhayâ). Le bouddhisme chinois eut ses stupas (fëu-thi Il s'incorpora les génies des vents et des eaux, les mânes, toutes les figures du vieux culle national, dont il fit auta depoussahs. Il multiplia les cérémonies religieuses. Il partageaen diverses sectesayanlleyrs divinités particulière la plus importante adore la déesse kuan-in, seule femm dit-on, que Gâutama eùl reçue parmi ses disciples : c'est déesse de la miséricorde; invoquée d'une façon toute spécia par les marins, elle est représentée avec dix têtes etquaran bras. On la regarde comme une incarnation d'Avalôkita. Le nom Kuan-in est, dit-on, contracté de kuan-chai'

KUAN-IN-RELIGIBUX. 199

I celai qui entend les cris des malheureux >; cette appellation correspond religieusement à at;a{oAt7a c celui qui regarde d'en haut >. On considère le culte de Kuan-in comme très ancien en Chine où il aurait été introduit vers Tan 190 de notre ère. APu-to, la déesse est surnommée Kuo-hai t celle qui a traversé la mer ». En même temps qu'elle, on adore son père Amitayuch ou Amitâbha (o-me-to); le séjour de ces deux divinités est le paradis Suhhâvati c la (terre) bienheureuse >. L'articulation du nom mi-to (amitâbha) ou de la prière nofM-o-mi-to-fat {namô 'mitâbhâya (salut à Amitâbha) > est une source abondante de mérites et de bénédictions.

La période florissante du bouddhisme chinois va du vi'auvii* siècle; c'est alors que de pieux pèlerins se rendirent à travers mille difficultés dans la patrie deÇâkyamuni; outre Fa-Hian (399-414), Sung-Yun(518) et Hiuen-Thsang (629-648) que nous avons déjà cités, il convient de nommer L-lsing (671-691), qui alla dans l'Inde par mer. C'est alors qu'on traduisit en chinois quinze cents livres religieux indiens. Au vi* siècle, on comptait en Chine 42318 temples de lareligion de Fô, desservis par213148 bonzes ou religieux. Les religieux et les religieuses se recrutent dans toutes les classes de la société. On peut être admis comme novice (cAa-mi, c/ia-mt-ni, skr. çramana, çramanî) dès l'âge de huit ans, mais on ne devient profès qu'à vingt ans; c'est alors que l'on prend l'habit et que les hommes sont tonsurés. Les novices jurent : de ne rien tuer, de ne pas voler, de ne pas se marier, de ne pas mentir, de ne pas boire de spiritueux, de ne pas fumer, de n'assister ni aux danses ni aux spectacles, de ne pas s'asseoir sur des sièges élevés et luxueux, de ne manger qu'à des heures fixes, de ne posséder fli bétail, ni or, ni argent, ni pierres précieuses. Les moines sont généralement très ignorants, car il leur est surtout prescrit de se livrer à la contemplation.

300 CULTES NATURALISTES ORIGIRAUI.

Les temples chinois, ou pagodes [là, dans la langue di pays), sont copiés sur ceux de l'Inde, maïs la forme en a él modifiée. Ils ont tous des tours à cinq, sept, neuf, onze e treize étages ; les toits, couverts de tuiles bleues et blanches sont relevés aux quatre coins et sont bordés de très nom breuses clochettes. Les coufents, dont la façade r^ard ordinairement le Midi, sont entourés d'arbres au miltei desquels a été creusé un étang; l'édifice principal est tou jours précédé d'une vaste cour et d'un vestibule préliminaire

Les deux autres religions orOcielles de la Chine sont véri tablementorigioalesetindigènes et se rattachent directemen aux anciennes superstitions, aux traditions historiques d la Chine proprement dite.

Autant qu'on peut le supposer en dégageant les traces d la civilisation antique des altérations, des arrangements, de ornements, des développements postérieurs, il est arriv chezIesChinoiscequiestarrivé chez toutes les races humaines A un certain moment l'impression physique extérieure donné naissance à la réflexion, à la préoccupation des causes à la recherche des moyens préventifs: lesChinois eurent, eu aussi, peur des phénomènes de la nature et virent dans le nuages, les rochers, les arbres, les torrents, des êtres mal faisants qu'il convenait de se rendre favorables par de prières, des présents et des sacrilices, parce qu'ils avaien une force matérielle considérable. A chaque pas, l'hommi peut être la victime de ces « génies » invisibles dont la pré sencesemanifesle parles accidents incessants de l'existence dontla voix retentit dans le moindre souffle de la brise, don la main frappe an milieu de la solitude et de la nuit. N< constatons-nous pas aujourd'hui à ce propos, dans le; «Màétés modernes, un 1res curieux exemple de métamornhosp réuressive? Il suffit, pour s'en convaincre, de jeler le; veux sur les publications spirites contemporaines. Un cer

Page 1