‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 89 sur 261 · DOCTRINE ET MÉTHODE · texte numérisé non relu

DOCTRINE ET MÉTHODE

ment des autres êtres animés. Produit des forces naturelles, terrestres et célestes, il a été fait originairement bon, sage, juste. Mais ces qualités natives sont sujettes à mille accidents, de même que les eaux des montagnes, dans leur course vers TOcéan, sont sujettes à être absorbées par les sables des déserts ou à être de plus en plus souillées dans leur passage à travers les champs et les plaines.

Il est pourtant au moins une catégorie d'hommes qui en sont restés à la pureté primitive ; ce sont les Sages proprement dits, hommes supérieurs, parfaits, inaccessibles aux défaillances ainsi qu'aux faiblesses. Les confucianistes déclarent qu'il n'a existé que quatorze Sages, dont Confucius fulle dernier. Mais, au-dessous de ces sages, il a existé, il existe encore, il existera vraisemblablement, un certain nombre <l'hommes distingués dont la nature et les qualités sont tout à fait enviables. Le but de l'homme, le résultat proposé à son activité, son devoir, est de tendre vers cet état d'iiomme distingué. Pour y arriver, voici les principes généraux de la ïnorale recommandée.

Le philosophe, j'allais dire le néophyte, doit en premier lieu perfectionner et compléter son instruction; il doit chercher à arriver à la science complète, avec mesure et méthode d'ailleurs, sans précipitation imprudente, sans légèreté prétentieuse : la vérité, la connaissance de sa propre nature, la ^iedes Sages, l'histoire du monde, sont les principales sources d'informations qui peuvent conduire à la certitude, objet principal de la science.

Le sentiment de sa propre nature amène la sincérité des

ïnlenlions, la rectitude de la pensée, l'accommodation des désirs au principe de justice, et par suite la droiture du cœur, Irrespect et le soin de sa propre personnalité qui tend par une loi naturelle d'harmonisation à l'amélioration de la personnalité d'autrui. C'est ainsi qu'on peut atteindre à la con-

toc CULTE DES AKCtTRSS.

naissance et à la pratique de la vertu : < Â quinze ans, ditCon fucius, je touchais au point culminant de la science ; à trente j'acquis le commencement de la certitude ; à quarante, j< n'avais plus aucun doute ; à cinquante Je compris les décreti du ciel ; à soixante, mon oreille était docile à la voix de h vérité ; à soixante-dix, je pouvais suivre les impulsions de moi cœur sans craindre de transgresser les lois de la justice ».

La vertu, premier principe de la nature humaine, dont h joie pure est le rayonnement naturel, n'est certainement pa: une et invariable. Elle est toute relative et proportionnée à h nature de chaque individu. Mais en général on peut la déûnii comme comprenant la science, Tamour de l'humanité, 1< courage, la bienveillance, la loyauté, le respect de la dignit< d'autrui, la Qdélité. Celui qui a le sentiment de la vertu ains comprise est essentiellement apte à fonder, à élever, à gou verner une famille. Par la famille, on entend Tensemble dei plus proches parents; et le gouvernement de la famille s'étenc aux relations de mari à femme, de père à enfants, de frèrei à frères.

A la base de toutes les vertus domestiques est le respeci filial, ce vieux culte des ancêtres, traditionnel en Chine et biei antérieur à Gonfucius. C'est ce culle, ce respect qui, disen les moralistes de l'empire du Milieu, distingue l'homme d< la brute, qui établit les rapports naturels et véritables entri l'enfant et le père, entre le père et le ciel; qui seul complète et conserve l'harmonie universelle du monde. Il faut obéir i ses parents, les servir docilement pendant leur vie, leur fain à leur mort des funérailles convenables, leur offrir enfin pluî tard des sacrifices honorables. Les préceptes les plus minu tieux ont été formulés à ce propos : un fils doit chercher i éviter à ses parents toute cause d'affliction ; il ne doit poin s'absenter sans leur autorisation ou du moins sans les pré venir et sans leur faire connaître où il se rend ; il doit ètn

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