‹ Les religions actuelles, leurs doctrines, leur évolution, leur histoireChapitre 92 sur 261 · CHAPITRE y · texte numérisé non relu

CHAPITRE y

'eligion des Perses, des rois Achéoiénides. — Les Mages. — Zoroastre — Les Parsis. — Le Xanieliéisiiie, les Cathares oa AlàiseoU.

in nord de la côte occidentale de Tlnde, à Bombay, i ate, à Baroda et dans le Goudjarate, on trouve une popu-

00 d'environ cent mille personnes tout à fait différente ses mœurs, ses habitudes et sa religion des autres habi- ^ du pays. Ces cent mille hommes sont désignés sous le

1 de PârsiSy c'est-à-dire c Persans > ; ils sont en effet [inaires de la Perse d'où ils ont été chassés il y a onze les par la conquête musulmane. Forcés de choisir entre

foi religieuse et l'abjuration, la soumission absolue au lométisme, ils ont opté pour le culte national et ont ux aimé s'expatrier que renoncer aux convictions de leurs îs. Quelques-uns cependant ont pu demeurer en Perse et ^ntinuer la pratique de leur religion ; on en comptait, il six ans, environ cent cinquante à Téhéran, près de quinze ts à Kirman, au sud d'Ispahan, et six mille cinq cents à l de cette capitale, à Yezd; ceux-là étaient connus comme dorateurs du feu > et ont été appelés par les anciens ageurs Gaures ou Giièbres^ deux mots qui paraissent :re que deux formes du persan gabr ou gebr t païen, dèle > .

les Pârsis ou Guèbres, qui suivent la religion de Zoroastre,

viNSON. — Reliions actuoUes. 15

forme originale que Ton possédait également e écrite en langue zend (terme assez peu exact, mai par r usage) : le zend était l'éranien oriental, langue de la Bactriane selon les uns, de la Médi autres. Le zend n'est point le père du perse, ni ] quent du pehlevi. Le perse que Ton parlait à Fouesl temps qu'on parlait zend à Test, était la langue de Xerxès, de Cyrus, la langue de la première coloni criptions cunéiformes multilingues. On sait coi s'appuyant, d*une part sur le persan moderne et s krit, et d'autre part sur les formes des noms p nous ont transmis les historiens grecs, des savan porains sont parvenus à déchiffrer ces inscriptii caractères sont constitués par un assemblage var en forme de clous à large tète et à pointe effilée, e on a reconstitué de toutes pièces plusieurs lan rentes dont la plus récente est précisément celle ménides. Le perse et le zend sont cousins ge apparentés tous deux au sanskrit.

Le zend qu'on pouvait lire, mais qu'on ne comp était donc la langue sacrée des Parsis. Pour lire 1( pour comprendre et connaître leur religion, il fal

ANQUETIL-DUPKRRON. til

Zoroastre, la traduction huzvarèche d'une partie de ces écrits et une version sanskrite de Tun d'eux.

Abraham-Hyacinthe Ânquetil-Duperron était le second frère de Thistorien clérical Ânquetil ; le puiné, qui accompagna le cadet dans Tlnde, y devint un employé de la Compagnie française et fut plus tard son agent commercial à Surate. Abraham-Hyacinthe, né à Paris en 1731 , avait été élevé dans un petit séminaire ; il compléta son éducation en Hollande où il étudia l'hébreu. Des amis de sa famille lui Grent obtenir une petite pension, avec le titre d' c élève pour les langues orientales >. II avait à peine atteint l'âge de vingt-trois ans lorsqu'il eut occasion de voir quatre feuillets en écriture zende, calqués sur un manuscrit des œuvres de Zoroastre, apporté récemment de Tlnde à Oxford, ou, par mesure de précaution, on le conservait dans la bibliothèque de rUniversité, attaché avec une chaîne de fer. Le jeune savant se sent pris d'un bel enthousiasme, son imagination se monte : il veut aller dans l'Inde étudier sur place le zoroastrisme et y rechercher tous les documents possibles sur les reUgions de ces contrées. Il se met en campagne, sollicite une mission, s'impatiente de la lenteur des formalités administratives (il s'en serait au moins autant . impatienté de nos jours) et, apprenant le départ pourPondichéry d'un convoi militaire, s'engage comme simple soldat ïu service de la Compagnie des Indes. Ce coup de tête fait, oialgré les représentations de ses parents et de ses amis, il quitte Paris, à pied, avec ses camarades, le 7 novembre 1754 : pour tout bagage il emportait deux chemises, deux mouchoirs de poche, une paire de bas, une Bible hébraïque, les disais de Montaigne et la Sagesse de Charron.

Ses protecteurs intervinrent et lui firent rendre son engagement. La Compagnie lui accorda un passage gratuit et le 7 février 1755, après avoir failli manquer le départ, il quit-

SfS LIVRES SACRÉS HES PARSIS.

tait Port-Louis, près Lorient. Ce fut sealement le 10 août suivant qu'il débarquait à Pondichéry où il fut plus que froidement accueilli : que venait faire ce jeune homme impétueux, indépendant, un peu rude d'allures, et qui n'était ni commerçant ni militaire? Sans se rebuter, sans perdre de temps, en dépit de tous les obstacles, Ânquetil se mit à étudier le tamoul, le persan, Thindoustani ; puis il fit une série de voyages et d'excursions dans l'intérieur, au Bengale, sur la côte de Malabar, toujours en quête de livres, de manuscrits et de renseignements. J'ai trouvé de ses nouvelles dans les lettres du Conseil supérieur de Pondichéry aux directeurs de la Compagnie des Indes en France. Ainsi, à la date du 30 octobre 1757, on écrit : c Les deux sieurs Ânquetil sont ici, le cadet vient d'arriver de Pattena par teiTe et c'est par lui que nous avons appris les nouvelles que nous donnons à la Compagnie. On continue à leur payer, à l'un et à l'autre, tant la pension accordée à l'un d'eux sur la Bibliothèque du roi que celle à eux allouée ici sous le bon plaisir de la Compagnie pour les mettre en état de s'appliquer au genre d'études qu'ils ont embrassé... », et le 10 juillet 1758 : c Les doux sieurs Anquetil ont passé à Surate, ou le cadet qui était à Bengale, et qui est revenu ici par terre, trouvera plus de facilité que dans aucun autre endroit de l'Inde pour cultiver le talent qu'il a pour l'étude des langues orientales. Nous avons accordé à l'aine, qui sait travailler aux affaires do commerce auxquelles nous l'avions employé ici, de remplir les fonctions de sous-marchand à Surate; et les avons recommandés l'un et l'autre au sieur Le Verrier, chef dudit lieu >. Enfm, le 15 janvier 1759 : t On fera payer au sieur Anquetil les 500 livres que la Compagnie a reçues de M.Bigon. Il est actuellement à Surate et nous ne pouvons rendre compte, à cause de son absence, des progrès qu'il fait dans les langues orientales 9.

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