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S32 LE MAZDÉISME

de ce nom, originaire de l'Âiryana yaèja, c'est-à-dire du pays au sud-ouest de la mer Caspienne, au nord de la Médie et à l'ouest de la Bactriane. Il avait un fils appelé Içàt-^ifâçtra c celui qui aime, qui cultive les prairies > ; ce nom permet de supposer pour celui de père la forme zàràt-vâçlra c celui qui aime l'agriculture >, prototype de la forme zarathustra dont rétymologie est fort obscure : les uns traduisent c possesseur de chameaux ardents #, d'autres c brillant comme l'or >, d'autres c étoile d'or », d'autres c chanteur excellent >, etc. Les formes éraniennes modernes sont ZarlhudU^ Zartuchty Zaralhuchl, Zarduchi^ Zardust; les Grecs transcrivaient Zaratos, ZarêSy ZaradêSj Zalhraustê$y et plus généralement Zôroastros.

Quoi qu'il en soit, les traditions orientales font descendre Zoroastre d'une race illustre. Son père s'appelait PcmrusafjNi et sa mère Dughdha. Sa naissance fut annoncée par des prodiges. A peine né, il se met à rire, ce qui est l'indice d'une grande sagesse; aussi, pris de peur, les démons se mettent immédiatement à l'attaquer : à leur instigation, le roi du pays, Durânsarûn, va pour le poignarder dans son berceau, mais la main de l'assassin est subitement frappée d'impuissance. Les démons l'emportent dans le désert, le placent sur un bûcher enflammé, le mettent sur le passage d'un convoi de bœufs, le jettent parmi des loups furieux; l'enfant est toujours sauvé, miraculeusement allaité par deux vaches célestes. Une autre fois, un breuvage empoisonné lui est présenté; mais il refuse de boire. Ces persécutions ne finirent qu'à sa trentième année.

Zoroastre commença par prêcher dans son pays, mais, conformément au proverbe, il dut y avoir peu de succès, car il se dirigea presque aussitôt vers l'est. Il franchit l'Araxe à pied sec, est éclairé par une vision, est conduit par le saint VohurManali au dieu Ormuzd (Ahura-mazdâ) qui lui fait subir

DUALISME ORIGIXAL. 213

une longue série d'épreuves morales et physiques, lui révèle la Traie doclrinc, lui remet le texte des livres sacrés et lui ordonne d'aller enseigner la loi sainte à la cour du roi Visiàçpa (Hydaspes des Grecs?), à Bikhdfai (Bâkhlris en perse, iolkh moderne). Les démons lui livrent un nouvel assaut, plus furieux que jamais, dont il sort encore vainqueur. A la cour du roi, il eut à lutter contre les philosophes ou les prèli*es qui allèrent jusqu'à employer contre lui les manœuvres les plus déloyales ; il les convainquit tous de fausseté et réussit à convertir le roi, la cour et tout le peuple. Il eut trois femmes : la première lui donna un fils et trois filles ; la seconde, deux fils; la troisième, par une intervention divine, ne put devenir enceinte, mais les enfants qu'elle aurait dû avoir se produisirent ou se produiront sous la forme de prophètes sauveurs. Zoroastre mourut, à soixante-dix-sept ^s, frappé de la foudre, disent les uns, victime de la guerre, disent les autres.

II convient maintenant d'esquisser la religion qui lui est attribuée, de résumer la foi mazdéenne comme on dit. Ce "^^imaidéen vient du zend mazdd < le grand sage, le grand savant > ; on pourrait penser que de là vient aussi notre mol Wûje, mais il n'en est rien : mage, qu'on retrouve sous la 'orme magus dans les inscriptions cunéiformes, est probablement un vieux mot mède, antérieur au zoroastrisme et dont le sens propre serait t prêtre i^, Darius raconte, dans 'n^^nde inscription de Behisloun, l'histoire du mage Gau- ^àia qui s'était fait passer pour Bardiya (Smerdis), frère deCambyse (Kambudjiya),

Tout le système du mazdéisme repose sur le dualismey non P^s sur le dualisme indien de Dieu et de la nature, mais sur '^dualisme des principes, le bien elle mal, luttant à armes égales, sans qu'aucun des deux ait été jamais supérieur à ' auirc. Il est bien évident qu'au physique et au moral, le

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