LA MORT ET LE JUGEMENT
doctrine à Zoroastre. Il l'avait déjà révélée auparavant à un autre prophète, Yimay sur lequel nous ne savons rien. Tout le Vendidâd est enforme de dialogue : Zoroastre interroge et Ormuzd répond. Voici ce que le bon génie apprend au prophète sur la création du monde. Deux êtres éternels, Ormuzd et Ahriman, de puissances égales, Tun la perfection même, l'autre le mal accompli, habitaient loin Tun de l'autre, le premier dans la lumière incréée la plus pure, la plus élevée, le second dans Tobscurité sans commencement, la plus noire, la plus profonde ; le premier prévoyait l'avenir, ce qui lui donnait une supériorité sur son adversaire. Entre eux s'étendait un vaste espace vide. Quand Ahriman reconnut l'existence d'Ormuzd, il résolut de l'anéantir et il créa ses daèvas et ces drujes, tandis que le bon esprit créait les dieux du bien. Àhura-mazdâ, pour prendre le temps de se préparer, proposa à son rival une trêve de neuf mille ans. L'imprévoyant Ànra-mainyu y consentit, mais, au bout de ce terme, il eut le sentiment de sa défaite future et se réfugia au plus sombre de son domaine pendant trois mille ans. Alors Ahura-mazdâ créa le monde matériel, comme un obstacle, un rempart entre le royaume de son adversaire et le sien : il mit une année entière à celte création. Au bout de trois autres milliers d'années, Ahriman commença la lutte qui doit durer six mille ans, et c'est par la vertu de Zoroastre qu'il sera définitivement vaincu.
Oi*muzd créa successivement le ciel, l'eau, la terre, les arbres, les animaux, les hommes. Le premier être vivant créé fut le c Taureau unique » qui mourut au milieu des attaques réitérées d'Anra-mainyu ; son âme devint une divinité protectrice des animaux; ses membres produisirent les plantes salutaires; sa semence, recueillie par la lune, forma deux êtres, mâle et femelle, d'où se produisirent deux cent soixante-douze animaux. De même, la seconde créa-