DE
RQ
lut créée par in boue on à la mort et à la mnation les hommes qui, par le péché originel, y sont tous nécessairement voués, il est bien clair que hors Le d'elle nul ne peut être sauvé. Et d’autre part, si l'Eglise L- est la vérité divine incarnée, comment pourrait-elle errer?
à se tromper ou de nous tromper; c’est (ue que la vérité ner n'est pas la vérité (1). LAS = Il y a deux définitions de l'Eglise catholique : une générale et une étroite. s 1% Au sens général, l'Eelise est la société visible de de F 3 Ficeux qui professent sa foi et qui participent à ses sacre-
ments, dans l’obéissance due aux pasteurs légitimes et
Le au Pontife romain. Mais considérée dans son essence k.
RE
l’ordre du sacerdoce et de la hiérarchie surnaturellement D établi, héritier direct des droits et privilèges des apôtres. N'est-ce pas, ‘eh! effet, aux. apôtres qu'ont été faites les pu conférés les pouvoirs, confiée la mission d’en- seigner et de sanctifier les hommes, ce qui est en propre ï. la tâche et la fin de l'Eglise ? Ù ya donc rte |
: , & js MoenLer : Symbolik oder Darstellung der dogmat. Ge-: gensætze der Katholiken und Protestanten nach ihren œæffentl. Bekenntnissschriften. 9° édit. 1884. Voy. le chap. sur l'Eglise. — % à PerRonE : Théolog. dogmatique; Traité des lieux théolog., — de PEglise, tom. V de la trad. franc., pages 285 et suiv.: L'Eglise est. une certaine continuation de l'Incarnation. En elle, le Christ, Dieuhomme, a voulu revivre et converser encore avec nous après son: ascension au ciel... C'est une société divine- humaine subsistant en ae unité par la communication réciproque des deux natures, l'élément : La divin pénétrant et sillonnant l'élément humain ».
Accuser l'Eglise d'erreur, c’est accuser Dieu même de |
intime et au sens étroit du mot, l'Eglise est avant tout
50 LIVRE PRENIER
ment deux Eglises dans l’Eglise : l’une enseignante et gouvernante, l’autre enseignée et gouvernée, l’une active et l’autre passive. Cest la distinction essentielle entre les clercs et les laïques (D).
Il y a cette différence entre la notion catholique de l'Eglise et la notion protestante, que d’après celle-ci, des vertus intérieures, comme la sincérité de la foi et la réalité de la conversion, seraient requises pour être membres de la véritable Eglise du Christ, tandis que les théologiens catholiques demandent simplement des marques extérieures, comme la profession de la vraie foi et la participation aux sacrements, qui sont de nature à pouvoir être perçues par les sens. La raison en est simple : si l’on requiert des vertus intimes, par conséquent invisibles et toujours incertaines, on ne peut plus savoir qui sont les vrais membres de l'Eglise, ni, par conséquent, où est la véritable Eglise. On arrive nécessairement à la distinction que font les hérétiques entre l'Eglise visible, qui peut être fausse et infidèle, et l'Eglise véritable, qui serait invisible. Comme ïl importe avant tout qu'il n'y ait ni doute ni incertitude sur le lieu et les personnes où réside la vraie Eglise, il est de toute néces-
(1) PerRone, ibid, p. 294 : L'Eglise ne consiste pas dans la simple agrégation des fidèles, mais encore dans un ordre intime et essen- LIVE) CAR L'Eglise a deux classes de membres : les clercs et les laïques. Elle se divise en assemblée enseignante et assemblée enseignée; en assemblée qui gouverne et en assemblée qui est chghhie 5 l’une active et l’autre passive.
Ibid., page 307 : La hiérarchie est « l’ordre des chefs et des ministres institués de Dieu pour gouverner l'Eglise et pour sanctifier les hommes. En conséquence, la hiérarçhie appartient à la constitution essentielle de l'Eglise ». Ibid., p. 324 : L'Eglise vit et agit d’une facon surnaturelle, c'est-à-dire divine.
à ; equ si PO * où d occulte, par suite adssi rien Le purement spirituel et moral.
€ L'Eglise, dit Bellarmin, est un corps social organisé, aussi visible et palpable que le peuple romain, la république de Vénise ou le royaume de France. » Cest un Etat véritable, auquel on appartient, comme à tout autre, par un lien extérieur et légal (1).
L'Eglise, comme tout Etat politique, comprend deux espèces de membres : des bonset des mauvais, des sujets dociles et des sujets rebelles ou impies (2). Ici comme ailleurs, il appartient aux chefs et aux détenteurs de l’au-
Sp (1) BeLLarmin : De éceles, milit., C. 2: Nostra sententia est eccle- à \-., siam unam et veram esse cœlum hominum ejusdem christianæ fidei se nue ofessione et eorumdem sacramentorum communione colligatum, sub regimine legitimorum pastorum ac præcipue unius Christi in terris
vicarü. Bellarmin montre que, par les trois termes de cette définition, sont successivement et naturellement exclus de l'Eglise, les ; juifs, les infidèles, les hérétiques, les apostats, les excommuniés et __ les schismatiques. En revanche, tous les autres ysont inclus, même < £ les scélérats et les impies. Includuntur autem omnes ali etiamsi re- . probi, scelesti et impii sunt . Atque hoc interest inter sententiam nos- tram et alias omnes quod omnes aliæ requirunt internas virtutes, Auot constituendum aliqueminecclesia, et propterea ecclesiamveram invisi- | bilem faciunt ; nos autem, etsi credimus in ecclesia inveniriomnes virtutes
fidem, spem, caritatem et cæl., tamen ut aliquis absolute dici possit
pars veræ ecclesiæ, non pultamus requiri ullam internam virtutem, sed
tantum externam professionem fidei et sacramentorum communionem quæ senso ipso percipitur. Ecclesia est enim cœtus hominum üta visi- # bilis et palpabilis, ut est cœtus populi romani vel regnum Galliæ aut respublica Venetorum.
TÉONE (2) Catech. Rom. I: 10, 6 : In ecclesia militanti duo sunt hominum
| genera, bonorum et improborum; et improbi quidem eorumdem sacra-
mentorum participes eandemque quam boni fidem profitentur, vita ac moribus dissimiles. ;
ne le Etats Ras se ent par he naissance, l'Eglise se recrute par le baptême. L'acte de baptême est la preuve extérieure qu’on lui appartient légalement. Un baptisé peut être un incrédule et un révolté : il n’en de- meure pas moins le sujet de l'Eglise, et l'Eglise a toujours ce le droit de le réclamer.
Cette théorie repose sur le fait initial d'une institution surnaturelle. L'Eglise n’est pas l'effet de la loi psycholo- 7 gique et sociale qui veut que toute religion, vu qu’elle | comprend un principe éminent de sociabilité, engendre, en se répandant, une société religieuse. : ne: ; Non, l'Eglise est une création de Dieu. Comment, sans un miracle, la première réalisation du principe chrétien serait-elle adéquate à ce principe lui-même ? Fondée sur
un décret éternel, l'Eglise instituée par le Christ préexiste 2
à tous ses membres. ne = C’est une entité métaphysique descendue du Ciel dans À. l'histoire, préparée et figurée dans l’Ancienne Alliance, Fh régnant souverainement dans la Nouvelle. Telle est la 3 doctrine de Cyprien, d'Augustin, de Bossuet et de. be Léon XII. L
Mais l'historien moderne ne présuppose jamais le miracle. Quelque imposantes que soient les destinées de l'Eglise ‘ou ses prétentions plus hautes encore, sa naissance, son développement, ses triomphes et ses revers “ à n’en constituent pas moins une série de phénomènes, tous liés entre eux et conditionnés par les circonstances de
1e Va ; FREE AC
ah FA
2er (4 É
temps et de lieu, comme tous les autres phénomënes À historiques. Si le miracle n'est ni dans le milieu ni dans ne AU s
la suite de cette histoire, où se rencontrent et se mêlent 8 toutes les forces sociales depuis deux mille ans, pourquoi J
À rh
PA
L'ÉGLISE ati 53
serait-il au commencement ? Pourquoi la fortune de la Rome des papes ne s’expliquerait-elle pas aussi naturellement par un concours de causes plus multiples encore, mais non moins saisissables que celle de la Rome des consuls et des césars?
Tous les grands empires, toutes les grandes sociétés d'autrefois, se sont également attribué des origines divines. La critique historique a toujours su retrouver, à travers le brouillard doré de la légende, le cours ordinaire des sociétés humaines que marquent partout les conflits et les misères inévitables. Pour être d’un autre ordre, les tables tissées autour du berceau de la papauté n’ont pas une valeur historique plus grande que celles qui enveloppent d’un nimbe divin celui de Romulus. On peut marquer la date de leur apparition dans l’histoire. Elles ne remontent pas au delà du troisième siècle.
Ce n’est qu'après que l'Eglise se fut constituée en oracle infaillible et en puissance politique organisée, que l’on songea à justifier en théorie ce qui avait triomphé dans les faits. D’un bout à l’autre de l’histoire de l'Eglise catholique on peut iaire cette remarque : Le dogme ne consacre jamais que ce qui est déjà, depuis un siècle ou deux, passé en pratique. Le pouvoir épiscopal avait depuis longtemps prévalu dans toute l'Eglise avant que Cyprien en fit la théorie dogmatique. L’Immaculée Conception de Marie, l’Intaillibilité personnelle du pape avaient triomphé depuis longtemps dans l'Eglise quand Pie IX fit de ces croyances, des dogmes. Rétablissons donc le vrai rapport: ce n’est pas la théorie dogmatique et surnaturelle de l'Eglise qui a fait sa force, c’est la force et la victoire de l’Eglise qui ont amené la théorie. Donc cette force et cette victoire sont venues d’ailleurs et doivent s'expliquer autrement.
1 ie dt la “he impartiale et la plus rigou- reuse, le problème: des origines historiques de l'Eglise 2 catholique et de la-théorie qui eu consacre les préten- tions se trouve éclairé de Ja plus vive lumière. Plongeant par ses racines les plus lointaines dans la religion hé- braïque, en germe .dans les premières communautés chrétiennes, ébauchée et préparée lentement à travers des conflits très divers et par une succession d'efforts continus, la notion catholique de l'Eglise n'apparaît dis- tincte et commençant à s'établir el à triompher qu'au | = ne d'Irénée, de Clément, de Tertullien et surtout de % . Cyprien. Quand on passe, en effet, du second au troisième siècle, on a la sensation de passer d’un monde dans un autre. Une révolution s'est accomplie. Derrière la forme catholique du christianisme, il y en a de plus anciennes qu'il n’est pas difficile de retrouver et qui restent comme s1es jalons de la route suivie et jusqu’à nos Joue presque oubliée.
re.
Il 210 LE ROYAUME MESSIANIQUE ET L'ÉGLISE
L'Eglise catholique a sa racine première dans l’idée messianique du « royaume de Dieu ou des Cieux ». Elle prétend être ce royaume même, objet des espérances et des vœux des prophètes et des voyants d'Israël. Que ces deux notions pourtant sont différentes! Le Royaume des Cieux, comme son nom l'indique, devait venir du ciel, à la fin des temps. Ce que l'on attendait à bref délai, c'était la catastrophe suprême qui devait introduire le jugement
LAC MR Art AE YEN
Hu ANRT PE A
de l'Eternel, rémunérer chacun selon ses œuvres, mettre - un terme au règne des-puissances du mal, inaugurer celui de la justice et de la paix (1).
Cest ce qu’exprimait Jean-Baptiste quand il disait dans ses images énergiques et familières : « La hache est mise à la racine des arbres. Tout arbre qui n’est pas bon est coupé et jeté au feu »; ou encore : « Le Seigneur vient, ayant son van dans la main; il nettoiera le froment sur l'aire, ramassant le grain dans son grenier et jetant la balle au feu qui ne s'éteint pas (2). » Jésus ne l’entendait pas autrement, quand, reprenant le même thème, il disait à son tour : « Repentez-vous, la mesure du temps est pleine ; le Royaume de Dieu est à la porte ; recevez-en avec foi la bonne nouvelle » (3).
Quel rapport y a-t-il entre cette notion apocalyptique et transcendante, et l’idée d’une société religieuse politiquement organisée, vivant dans l’histoire parallèlement avec les puissances terrestres, ayant comme celles-ci, ses chefs, ses lois, ses intérêts, sa diplomatie, traitant ou luttant avec elles pour maintenir où agrandir péniblement ses privilèges et ses conquêtes? Comment et par quelle suite de changements dans les faits et les idées, la notion messianique juive est-elle devenue la notion catholique de l'Eglise du troisième siècle? Voilà les termes précis du problème que posent à l'historien et au penseur, les origines du christianisme.
Lorsqu'on prête à Jésus cette notion catholique de l'Eglise, ou simplement l'intention de fonder quelque chose d’analogue, on tombe dans le plus naïf des ana-
Daniel VIF, 13-14, et toutes les apocalypses juives et chrétiennes. Matth. I, 12.
(D @) À (3) Marc I, 15.
À qu 11 dovuie venir aux den ur Sn ol et que ns tout ce développement historique du christianisme Tes ne DA. en dehors de son horizon de Messie.
Depuis l'apparition du livre de Daniel, toutes et. àmes à pieuses d'Israël croyaient vivre dans la dernière période de l'histoire. La prédication du Baptiste avait vivifié cette
croyance dans toute la Palestine. Jésus la partageait FE __ sûrement. Le Royaume des Cieux, dontil préparait l’avêne- ". ment parce qu'il l’attendait à bref délai, ce n'était pas une Église organisée et établie sur la terre; C'était la . grande révolution prédite par les prophètes, décrite dans les apocalypses, manifestation éclatante de la justice et de la fidélité de Dieu. Sans doute il ne savait ni le jour ve __ ni l’heure de ce grand événement et, à la différence des faiseurs d’apocalypses, il ne se livrait pas à des calculs % illusoires; mais il ne doutait pas davantage que le dénoue- ment du. drame où il était engagé ne fût imminent. « Le
dr 2"
royaume des cieux, disait-il, est à la porte. Son éres’est déjà levée dans les cœurs. Cette génération ne disparai- Le tra pas tout entière avant que l'heure divine ait sonné (1)». 4
(1) On se condamne à ne rien comprendre à la prédication de , Jésus si l’on ne la place pas en regard et dans le cadre des espé- F.
rances messianiques auxquelles elle répondait. Dans les deux der- niers siècles avant l'ère chrétienne, une chronologie apocalyptique à très curieuse s'était élaborée au sein du judaïsme. La dernière pé- Ë
riode de l’histoire du monde allait être inaugurée par la réapparition du prophète Elie et par la venue du Messie. Toutesles vuessur l'avenir, dans le N. Testament, supposent cette chronologie. Jésus ne fait pas exception. Autrement, il n'aurait pu se croire le Messie, ni annoncer à brève échéance la venue du royaume messianique. Matth. III, 1-12; IV, 14-46 ; V, 1-10; VII, 43, 21-23: VIII, 11-13; X, 285 X1, 12-15 ; XVI,132985 XVIL, HAS XIX 2080: XL 3 0
Les apôtres le envoie en mission ne sont ni ds ns tres ni des fonctionnaires ecclésiastiques, ce sont de v4 simples messagers, des porteurs de là bonne nouvelle du. a Royaume. Ils n’auront pas fini de visiter les villes d'Israël. Fes le fils s Homme at Ci a attendant, Jé ésus ‘
= L ete que abs L Due ME n UT jamais 2 l'idée d'aucun autre lien social que teur attachement à sa “personne, d'aucune autre organisation que leur bonne En . volonté mutuelle, d'aucune autre hiérarchie que la hié-
rarchie renversée de l'humilité la plus grande et de l'amour le plus oublieux de soi et le ie dévoué aux autres (2). | é ss Sans doute, son œuvre avait pour elle l'avenir et déaits
x, conquérir le monde , parce qu’il en posait les assises dans 4 l'immuable et dernier fond de la conscience humaine. = Les paroles de vie qu'il jetait dans les âmes sous cette forme messianique transitoire, ne devaient pas moins fructifier de- toutes manières dans l’histoire. Mais cette perspective des siècles à venir était close pour lui. Il marchait par la foi en l'amour et en la justice du Père non par la vue, et nul ne saurait dire que sa foi ait été. ire Mais il n en demeure pas moins que, personne
ss XXIV, 2, 15, 29-31, 37: XXV,14-13, 31-46; XXVI, 64. Comp. dans les autres évangiles les passages parallèles. Voyez de même dans le 4e évang.:Jean-V, 25; XIV, 28; XVI, 16- 23. C'est une croyance : générale que le siècle présent, 6 aid oùtoc, touche à sa fin et que le siècle futur, 6 aiby u£Awy, va commencer.
PA MALI. KA en AR
(@) Matth. XXII, 8-12, et Marc X, 42-45.
je es servant de son: es a ent au monde | comme son œuvre ou sa pensée (1). + Du côté de l'avenir, l'horizon était encore moins ouvert ranx regards des apôtres et des chrétiens de la première De Persuadés que le Messie était venu, ils ne le monde pût durer. Sans aucune |
“ (1) Le mot èxAknoto, église, ne se trouve que deux fois sur les lèvres de Jésus et encore dans un seul évangile : Matth. XVI,18et XVI, 17. Or, ces deux textes appartiennent certainement à la der- nière Ton au dernier Fchanen pe de notre one Le |
- ou ae Hot années du second siècle. Le second de ces. . Ps: textes n'est donc pas plus authentique que le premier; mais il ne k j crée ne une anide GHUse FRE ke fait ‘ le mot « FE » VS M0
RU
oe le fait d’une procédure ne limarte si ace établie, | 5 décèle une origine postérieure à Jésus et une certaine durée de vie.
ecclésiastique. (Comp. 2 Cor. XHI, 1-2; 4 Cor. V, 13 ; 4 Tim. V, 19). D'une toute autre portée est le texte de Matthieu XVI, 18 : C'est le fameux Tu es Petrus : « Tu es Pierre et sur'‘cette pierre je bâtirai ; mon Eglise et les portes de l'Hadès ne prévaudront pas contre elle ». Ce texte manque dans les passages parallèles de Marcet de Luc, et cette omission ne se comprendrait pas si.ces évangélistes l’avaient . trouvé dansles premiers logia de Matthieu ou la première tradition apostolique de Pierre, qué Marc, dit-on, à reproduite. Une telle déclaration est absolument incompréhensible dans l’ensemble et Ja “a cohérence interne de l'enseignement messianique de Jésus. Enfin, elle n'apparait que près de 60 ou 70 ans après sa mort, alors que la légende ecclésiastique sur le rôle et la primauté de Pierre com- mençait. Nous en avons ici le premier bourgeon. C'est sur un jeu de mots, fait sans doute de très bonne heure à propos du surnom | donné par Jésus à Pierre et de l'œuvre apostolique accomplie par a celui-ci, que repose en définitive la théorie catholique de l'Eglise. 4 Voy. A. R£vicce : Jésus de Nazareth, 4897, II, p. 220 et 499. ; E
ton de leur Maître Subles nuées Le sel ES V'apo- : calypse de saint Jean est édifiée sur cette espérance.
Paul ne fait pas exception. Jusque vers la fin de sa carrière, il a cru qu'il verrait, avant de mourir, cette révolu-
tion glorieuse et la résurrection des morts. Une telle vision obsédante remplissait les fidèles d’un ardent enthousiasme, les détachait de la terre, leur ôtait tout
souci de l’avenir. Ils vivaient dans l’exaltation et la fièvre.
Les nécessités comme les lois de la vie ordinaire sem-
blaient pour eux abolies (1).
. La peinture de la première communauté chrétienne de ds
Code que nous trouvons dans les lettres de Paul, non moins que celle des chrétiens de Jérusalem dans le livre des Actes des Apôtres, nous donne une exacte idée de
ce premier moment d'inspiration individuelle et de libres | manifestations. Les élus vivaient dans le siècle comme ne lui appartenant plus. Ils se considéraient comme des étrangers et des voyageurs qui passent sans songer à.
aucun établissement durable. Les dons individuels (cha-
. rismes), départis par l'Esprit aux divers membres de la
communauté, répondaient à tous les besoins. C'était
(1) Aucun apôtre n’a songé à ce que nous appelons la postérité,
… écrit une ligne, rédigé une liturgie, fondé une institution ecclésias- tique ou autre pour l'avenir. L'avenir était barré pour eux. Ils croyaient vivre aux derniers jours du monde. Une foule de choses
- qui nous étonnent dans leur conduite ou dans leurs idées, communauté des biens, insouciance des persécutions et des menaces, dédain même du mariage et d’autres biens terrestres, s ’expliquent à la lumière de leurs espérances apocalyptiques. Actes des apôtres IT;
4 Thess. IV, 45-17; 2 Thess. IT, 1-12; Gal. I, 4; 1 Cor. VII, 29; XV, 51 et 52: XVI, 22: Rom. VIII, 47-25 ; Col. INT, 1-4; Philipp. II, ‘44; IV, 5, Héb. 1, 2; Jacq. IV, 7-8; 1 Pierre I, 5; V, 4, 10;
2 Pierre II, 8-41 ; 4 Jean II, 48; Apoc. I, 4,3; XXII, 7, 12, 20.
. facultés ou le zèle de at de ministères et . offices qui paraissaient devoir être provisoires (1).
embryons d'organismes spontanément éclos, avec des formes diverses, allaient se préciser et s’affermir. Le charisme de l'Esprit devait bientôt devenir fonction ecclésias- tique permanente. Au-dessous ou à côté des apôtres, des prophètes et des docteurs qui tenaient directement leur
nérants, chaque communauté dut tirer de son propre sein des ministres sédentaires, anciens, épiscopes et diacres, chargés des intérêts généraux de la communauté, du
libre et nomade, le fonctionnarisme ecclésiastique séden-
notion catholique de l'Eglise, et celle-ci sera parfaite quand, en vertu de la théorie de la succession apostolique,
deront absolument (2).
Les premières associations chrétiennes, composées tout d’abord de membres égaux entre eux et distingués par
temps des corps organisés, de véritables églises qui se
(4) I Cor. XII et XIV ; Rom. XII, 3-9.
(2) Cette évolution qui paraît accomplie dans les épîtres dites pastorales et dans les épîtres d’Ignace ne l'était pas encore partout au temps de la Doctrine des Apôtres, — Voy. Doctrine des Apôtres, C. XII, XIII, XIV et XV.
À re F la
Mais avec le temps les’ choses allaient changer. Ges
Het vocation de Dieu seul, et qui étaient essentiellement iti-
maintien de la discipline et de la distribution des aumônes. Ainsi naquit et grandit parallèlement à l’apostolat
taire qui, peu à peu, le remplacera et l’absorbera. Le
progrès de cette absorption marquera le progrès de la
l'inspiration divine et la juridiction cecesssique coinci-
la seule variété des dons de l'Esprit, deviennent avec le
développent et prennent d’abord des physionomies difiérentes, suivant la diversité des milieux géographiques et sociaux. L'assemblée des chrétiens se modèle, en Palestine et au delà du Jourdain, sur la synagogue juive, et, vraisemblablement, portait le même nom araméen. En occident, elle semble plutôt reproduire la torme des collèges ou associations païennes, si nombreuses à cette époque dans les villes grecques. |
Il n’y a, en tout ceci, ni institution divine, ni miracle d'aucun genre, mais simplement le jeu et l'effet des lois générales qui régissent les phénomènes sociaux de cet ordre. Tout s'explique lumineusement dans chaque région de l'empire par l’action des causes naturelles qui tombent sous l'observation de l’historien.
Cependant l’évolution de tout organisme est gouvernée par une idée directrice qui en est comme l’âme idéale et latente. Cette idée ne tait pas plus défaut ici qu'ailleurs. Elle apparaît dès la première heure.
Les associations chrétiennes dispersées dans l’empire entretiennent entre elles des relations fréquentes ; elles reçoivent l’enseignement et les visites des mêmes messagers de l'Evangile ou relèvent des mêmes apôtres. Toutes les communautés fondées par Paul ont, par exemple, des liens de parenté fort étroits. Ce sont les enfants d’un même père. ILest donc naturel qu’elles aient eu, dès le principe, la conscience très vive de leur unité spirituelle et qu'’au-dessus des églises particulières et locales ait apparu, précisément dans les lettres de l’apôtre des païens, l’idée de l'Eglise de Dieu ou du Christ, une et universelle. Le principe de cette unité se trouve en ceci que les chrétiens unis au Christ vivent de la même vie morale, ont le sentiment de se trouver dans un même rapport religieux avec Dieu -et sont animés d’un même esprit et d’une
mêm. crane. en Ja vie éternelle 0
vertus de son esprit et verse la plénitude de ses richesses
tiel de l'Eglise du Christ. Mais cette unité dans laquelle
ment, sur des rites ou-même des dogmes; elle est toute morale et naît de la communion de l'Esprit; elle se réaa lise pratiquement et se maintient par l'amour mutuel. L'Eglise est encore présentée comme la fiancée pure et sainte du Messie; elle attend son époux, et se prépare à aller à sa rencontre quand il descendra du ciel sur les nuées, pour inaugurer le règne de Dieu. Cette notion
logie de l’apôtre, est essentiellement idéaliste et trans- cendante. Au milieu des misères et des conflits du siècle présent, c’est le groupement des élus et des saints; c’est la formation du vrai peuple d'Israël, héritier des antiques promesses, qui doit apparaître et se tenir en veille et en 3 prière durant ce court intervalle de temps qui sépare
venir (1).
Il n’en faut pas moins saluer ici la grande idée qui va
(4) Jamais, dans le N. T., la notion d'église ne se confond avec celle du Royaume des Cieux, le mot ëxxknslæ, traduction grecque de
di AN 4,5,460% 7 Cor. T, 2401, AMIE MTS ENT SNS etc.), puis l’ensemble de ces groupes Cons lite comme le corps du Christ,
L’apôtre Paul conçoit donc l'Eglise des saints et . élus comme un organe du Christ, son corps même, dans lequel le Christ, qui en est la tête, manifeste toutes les
divines. L'unité, l'harmonie intérieure, la communion des âmes, voilà déjà nettement affirmé le caractère essen-
__ s’effacent toutes les diversités ou oppositions naturelles #2 et sociales n’est pas conçue comme une unité extérieure __et visible; elle n’est pas fondée sur l’unité du gouverne-
paulinienne de l’Eglise du Christ, comme toute la théo-
l'heure présente de l'heure prochaine où son roi va
5np ou n7y, a désigné d’abord des groupes particuliers de fidèles
présider à l’évolution des communautés chrétiennes et la faire aboutir à la constitution de lEglise catholique. Toute idée religieuse et morale tend à se traduire au dehors et à se réaliser dans les faits. L'unité idéale de l'Eglise tendra à devenir une réalité visible, par l’unité de gouvernement, de culte et de discipline. De même que les croyants individuels ont éprouvé l’impérieux besoin de se grouper et de se réunir, de même les parties, très diverses à l’origine, de la chrétienté apostolique, les églises locales et dispersées dans tout l'empire, voudront se rapprocher, affirmer leur solidarité par une fédération de plus en plus étroite et une subordination toujours mieux définie (1). à k
Deux conditions nécessaires manquent encore. Il faut d'abord que la chrétienté apostolique trouve un centre fixe autour duquel les églises particulières se puissent grouper. Ensuite, il faut qu’elles arrivent à tirer d’elles-
animé de son esprit, continuant sa prédication et ses souffrances, pour être glorifié avec lui au jour de son avènement.
Dans les épitres aux Ephésiens et aux Gelossiens, la notion de l'Eglise s'idéalise encore jusqu'à devenir une sorte d’entité métaphysique ou gnostique, destinée à manifester d’une manière visible la plénitude de la vie du Christ, comme le Christ manifeste la plénitude de la vie de Dieu (rAfpwux vod Xptovod) : Eph., 1, 22 et 23; IIT, 10 et 21 ; IV, 12-16 ; V, 23-27 et 32. Col. : 1, 18, 24. Comp. II, 10.
(1) Cette tendance de l'Eglise idéale à se traduire en fait dans la constitutiom une et réglée d’une église visible, est très apparente dans les épitres pastorales qui font transition, dans les premières années du second siècle, entre les communautés apostoliques où dominait l'inspiration, et l'Église catholique qui va paraître. L'apôtre et le prophète seront remplacés par l’évêque,et la communion de l'esprit par l'obéissance à la règle de foi. 4 Tim. IE, 45; IAA 6 éP ss 20 Tim. 143201 1; IT, 44-et-ss. Ti, 1,5 et ss.
qui Jui a de vaincre to tes les hérésies et toutes les régistances. Dès. le commencement du siècle, le centre futur de l'Eglise catholique apparaît, et l'autorité
| épiscopale se constitue. x
HI