L’AUTORITÉ DE LA TRADITION DANS LE JUDAISME
Toutes les traditions religieuses, au moins dans l’anti- si quité, apparaissent revêtues d’un caractère sacré. Elles æ s’incarnaient dans des sacerdoces, qui enseignaient au reste à des hommes, au nom de la divinité elle-même, les rites et les dogmes suivant lesquels elle voulait être adorée. De era les scrupules inquiets et le soin méticuleux que lon ; apportait dans la récitation des formules et l'accomplissement des actes du culte. x 4 Une tradition de cette nature se formant dans l'Eglise chrétienne des premiers siècles, alors que pesaient sur elle les lourdes habitudes des cultes antiques, n est donc Ar pas un phénomène : unique ni même exceptionnel. On le retrouve se répétant d’après une loi psychologique êt | sociale très claire,-tout le long de l’histoire des religions. Rien n’est plus dans la nature des choses, et le vrai Miracle serait qu ’il en eût été autrement.
SUR: parallèle frappant, pour n’en pas citer d’autres, s'offre à nous dans l’histoire du judaïsme. Edifiée et rédigée définitivement au siècle d'Esdras, la loi mosaique, malgré sa minutie, ne parut pas pouvoir se suffire à elle- même. Il se forma tout aussitôt, pour accompagner le texte écrit et le protéger, une tradition orale issue de l’enseignement des rabbins, comme la tradition catho- lique naîtra de celui des évêques et des Pères de l'Eglise. Les Pharisiens se firent les gardiens jaloux de cette tra- dition rabbinique(1),et pour l’imposer avec plus de succès,
(4) Il s’agit de l’halacha ou tradition de jurisprudence et de casuistique qui se créait dans les écoles des rabbins, et, ayant commencé
“elle dont ils étaient les
aux anciens, qui les avaient légués aux prophètes; et des
aux hommes de la ‘grande synagogue. C'est ainsi que les Scribes, selon le mot de dé ésus, s'étaient véritablement — assis, avec leur tradition, dans la chaire de Moïse, comme les évêques, dans celle du Christ (1).